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CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Nov 25
Les prophètes de malheur : Quand le Christ nous apprend à discerner la vraie espérance

Les prophètes de malheur : Quand le Christ nous apprend à discerner la vraie espérance

À la fin de l’année liturgique, la Parole de Dieu nous tourne vers l’horizon ultime : l’accomplissement de l’histoire, la rencontre définitive avec Dieu. Mais face aux discours de peur, aux catastrophes interprétées comme des “signes”, Jésus nous invite à une autre attitude : celle du discernement, de la paix intérieure et de la confiance active. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous apprend à reconnaître la voix du vrai Maître et à refuser la séduction des prophètes de malheur.

Les derniers jours de l’année liturgique portent toujours une tonalité particulière. L’Église nous invite à regarder vers la fin du temps, non pour susciter l’angoisse, mais pour ouvrir notre cœur à la vérité de Dieu. Les textes de ces jours prennent souvent la couleur du genre apocalyptique : images fortes, visions, bouleversements. Ce langage peut impressionner. Il peut aussi être facilement détourné. C’est pourquoi il demande un réel discernement.

La première lecture, tirée du livre de Daniel (Dn 2,31-45), nous ouvre la porte de ce monde symbolique. Daniel interprète le songe du roi Nabuchodonosor, une statue gigantesque aux matériaux variés, soudain réduite en poussière par une pierre mystérieuse qui devient une montagne. Cette vision, loin d’être un scénario catastrophe, est un message d’espérance : tous les royaumes humains, fragiles et limités, passent et disparaissent. Seul demeure le Royaume de Dieu, un Royaume qui ne repose pas sur la force des armes ou la puissance politique, mais sur la fidélité du Seigneur. Daniel révèle le véritable sens des événements : Dieu conduit l’histoire, même à travers ses secousses.

Ce texte n’est pas là pour nourrir des peurs ou des calculs sur la fin du monde. Il rappelle que même lorsque les structures semblent s’effondrer, même lorsque les systèmes humains se brisent, Dieu bâtit un Royaume qui ne vacille pas. Et ce Royaume, déjà présent, s’étend là où des cœurs se laissent façonner par Lui.

Lorsque nous avançons vers l’Évangile selon saint Luc (21,5-11), nous découvrons Jésus entouré de disciples admirant la beauté du Temple. Les pierres immenses, les ex-voto, la majesté du lieu — tout impressionne. C’était le centre religieux, culturel, spirituel d’Israël. Et Jésus annonce calmement : « Il n’en restera pas pierre sur pierre. » Non pour effrayer, mais pour révéler une vérité essentielle : rien de ce qui est purement extérieur ne garantit notre foi. Le cœur du croyant doit être fondé sur un autre Temple, un Temple que rien ne peut détruire.

Les disciples réagissent comme nous le ferions : « Quand cela arrivera-t-il ? » La peur cherche des dates, des signes, des assurances. Jésus répond autrement : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer. » Voilà le premier enseignement. Avant d’annoncer quoi que ce soit, Jésus met en garde contre les faux messies, les discours sensationnalistes, les prédicateurs du cataclysme qui attirent par la peur. « Ne marchez pas derrière eux. »

Jésus n’annonce pas la fin du monde, mais la fin d’un monde : celui où l’homme se réfugie dans ce qu’il voit pour éviter de croire. Ce qu’Il décrit — guerres, tremblements de terre, famines, épidémies — ce ne sont pas des annonces d’un calendrier secret, mais la réalité de toute l’histoire humaine. Il ne dit pas : « Ce sera le signe de la fin », mais : « Il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » La peur n’est jamais une bonne conseillère. Jésus invite à lire l’histoire non comme un compte à rebours, mais comme un lieu où le Royaume de Dieu grandit, même au milieu des crises.

Dans la spiritualité de Bethléem, ce passage prend une saveur particulière. Car l’Enfant qui vient dans la nuit n’apporte pas un discours de peur : il apporte une lumière douce. Il n’annonce pas la fin du monde : il inaugure le monde nouveau. La crèche est le premier signe que Dieu ne vient pas détruire, mais reconstruire. Non dans le fracas, mais dans la tendresse. Non dans l’angoisse, mais dans la paix. Non par des prophéties menaçantes, mais par une présence qui rassure.

Les prophètes de malheur veulent terrifier. L’Enfant de Bethléem veut convertir. Les premiers construisent l’angoisse. Le second ouvre l’espérance. Face aux discours catastrophistes, face aux voix qui annoncent le chaos pour demain ou après-demain, nous sommes invités à écouter la voix humble et simple du Dieu fait enfant, celle qui dit : « N’aie pas peur. Je suis avec toi. »

Si le monde ancien s’effrite, c’est pour laisser place à un monde nouveau : celui que nous construisons chaque fois que nous aimons, que nous pardonnons, que nous servons, que nous choisissons la lumière plutôt que l’obscurité. Jésus ne nous demande pas de lire les signes du ciel, mais de devenir nous-mêmes des pierres vivantes d’un Temple spirituel. Le Royaume de Dieu advient là où nous dépassons la peur pour bâtir la communion.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Toi qui ne viens jamais pour effrayer,
mais pour éclairer nos nuits,
rends-nous attentifs à ta voix
au milieu des tumultes du monde.

Délivre-nous des peurs inutiles,
des prophètes de malheur,
des discours qui ferment le cœur.

Enfant de Bethléem,
donne-nous ta paix douce et tenace,
celle qui ne tremble pas devant les secousses.

Apprends-nous à discerner,
à nous tenir debout,
à bâtir avec toi ce Royaume
qui ne passe pas.

Que nos vies deviennent
des pierres vivantes,
offertes pour la lumière.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme certains parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
    « Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
    Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
    Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : “C’est moi”,
ou encore : “Le moment est tout proche.”
Ne marchez pas derrière eux !
    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »

    Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
    Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel. »

Pour lire les lectures du jour, consultez AELF – 25 novembre 2025.


Références bibliques

  • Dn 2, 31-45
  • Lc 21, 5-11