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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Nov 26
Une sagesse offerte pour affronter les épreuves : Quand Dieu met sa lumière dans nos nuits

Une sagesse offerte pour affronter les épreuves : Quand Dieu met sa lumière dans nos nuits

Les épreuves ne sont jamais faciles : elles bousculent, fragilisent, isolent parfois. Mais l’Évangile d’aujourd’hui nous révèle une promesse incomparable : au cœur des persécutions, des incompréhensions et des combats, Dieu ne nous laisse pas seuls. Il donne une sagesse qui n’est pas la nôtre, une force qui dépasse nos forces, une parole qui traverse les murs de la peur. La Parole du jour nous apprend que le disciple ne tient pas debout par lui-même, mais par la lumière reçue du Christ.

Dans la première lecture tirée du Livre de Daniel (Dn 5,1-6.13-14.16-17.23-28), nous entrons dans une scène nocturne qui ressemble à un drame : le roi Baltazar organise un banquet démesuré, ivre de pouvoir et d’orgueil, utilisant les objets sacrés du Temple pour célébrer ses dieux de métal et de pierre. C’est alors qu’une main mystérieuse apparaît et écrit sur le mur trois mots que nul ne comprend. Le roi tremble, ses genoux s’entrechoquent, la fête tourne au chaos.

Daniel est appelé. Calme, pauvre, lucide — il ne se laisse impressionner ni par le tumulte, ni par la peur de la cour, ni par la promesse de récompenses. Il annonce la vérité, sans trembler : la royauté de Baltazar a été pesée, trouvée légère, et va disparaître. Daniel ne parle pas au nom de la force ; il parle au nom de Dieu. Ce récit ouvre un chemin : dans les moments où tout vacille, Dieu donne une sagesse qui ne dépend pas des circonstances.

Cette sagesse, Jésus la promet aujourd’hui à ses disciples dans l’Évangile (Lc 21,12-19). Le ton est grave : « On portera la main sur vous… on vous persécutera… on vous fera comparaître… on vous trahira… vous serez détestés de tous. »

Les premiers chrétiens savaient que ces paroles n’avaient rien de théorique : saint Luc côtoyait des croyants expulsés des synagogues, rejetés par leurs familles, isolés, parfois menacés de mort. Tout semblait s’effondrer autour d’eux — relations, sécurité, appartenance, réputation. Suivre Jésus devenait un risque réel, et l’idée d’abandonner la foi pouvait sembler séduisante.

Mais voici ce que Jésus ajoute — et cette phrase suffit à ouvrir un horizon nouveau : « Mettez-vous dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse. » Jésus ne leur promet pas l’absence de conflits. Il leur promet sa présence dans les conflits. Il ne leur évite pas les situations difficiles. Il les rend capables de les traverser. Il ne leur dit pas : « Vous serez forts. » Il dit : « Je serai votre force. » Et cette force, il la décrit ainsi : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

La persévérance chrétienne, dans l’Évangile, n’est pas un héroïsme dur et musclé. Elle est la confiance patiente de celui qui marche avec le Christ, même quand le chemin devient rocailleux. Elle est la paix intérieure de celui qui sait que Dieu écrit son histoire jusque dans les larmes.

Dans notre spiritualité, un détail devient lumineux : la sagesse promise par Jésus n’est pas celle d’un stratège, mais celle d’un Enfant. À Bethléem, Dieu apprend au monde une étrange manière de résister : non par la force, non par le discours, non par la peur, mais par la douceur et la confiance.

L’Enfant de la crèche ne possède rien, ne contrôle rien, ne s’impose jamais. Mais il est entièrement donné, entièrement ouvert, entièrement abandonné au Père. C’est cette attitude du cœur qui devient la vraie sagesse chrétienne : une sagesse confiante, pauvre, stable, paisible. Lorsque Jésus promet : « Je vous donnerai un langage et une sagesse », il annonce la sagesse même qu’il a reçue du Père dans la crèche : une sagesse humble qui n’a peur de personne, qui ne se défend pas, qui demeure vraie même au milieu des contradictions. Et cette sagesse, il la donne à ceux qui persévèrent.

Le Christ ne nous demande pas d’être forts. Il nous demande d’être à Lui. Et lorsqu’un disciple s’abandonne, il reçoit une lumière qui étonne le monde : une sagesse paisible, ferme, douce, simple… une sagesse qui vient de Bethléem.


Prière du jour

Seigneur Jésus,
Toi qui promets une sagesse
que nul adversaire ne peut confondre,
donne-nous ton calme au cœur des épreuves.

Délivre-nous de la peur de témoigner,
de la tentation d’abandonner,
des voix qui nous découragent.

Toi, Enfant de Bethléem,
dépose en nous ta paix douce,
ta force humble,
ta confiance sans réserve.

Fais de nos faiblesses
un lieu où ta lumière se révèle.
Apprends-nous à persévérer,
à rester debout,
à marcher avec toi
jusqu’à la victoire de ton amour.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
    Cela vous amènera à rendre témoignage.
    Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
    C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires
ne pourront ni résister ni s’opposer.
    Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
    Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
    Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
    C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Pour lire les lectures du jour, consultez AELF – 26 novembre 2025.


Références bibliques

  • Dn 5, 1-6.13-14.16-17.23-28
  • Lc 21, 12-19

 

Pour méditer

  • Quelles sont les épreuves où nous manquons de paix ?
  • Comment laisser Jésus mettre en nous son langage et sa sagesse ?
  • Quelles petites persévérances quotidiennes pouvons-nous offrir aujourd’hui ?