Aimer Dieu n’est jamais une réalité abstraite ou désincarnée. La Parole de Dieu nous rappelle avec force que l’amour véritable se vérifie toujours dans l’amour concret du prochain. Aujourd’hui, l’Évangile et la première lettre de saint Jean nous conduisent au cœur d’une foi qui se fait chair dans la justice, la compassion et le service.
Dans la première lecture, tirée de la première lettre de saint Jean (1 Jn 4,19 – 5,4), l’apôtre nous offre une clé de lecture essentielle de la vie chrétienne. Il affirme sans détour : « Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. » L’amour ne naît donc pas de notre bonne volonté ou de notre effort moral, mais d’une initiative divine. C’est parce que Dieu nous aime que nous devenons capables d’aimer à notre tour.
Jean va plus loin encore en posant une exigence radicale : l’amour de Dieu et l’amour du frère sont inséparables. Aimer Dieu tout en méprisant ou en ignorant son prochain est une contradiction. La foi authentique se reconnaît à sa fécondité concrète. « Voici le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » Aimer Dieu consiste essentiellement à faire sa volonté, et cette volonté s’exprime clairement dans le commandement de l’amour du prochain.
L’Évangile selon saint Luc (Lc 4,14-22a) donne chair à cette affirmation. Jésus revient en Galilée « dans la puissance de l’Esprit » et entre dans la synagogue de Nazareth. Là, il proclame solennellement un passage du prophète Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi… Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, rendre la vue aux aveugles, remettre en liberté les opprimés. » Puis il ajoute cette parole décisive : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Par cette déclaration, Jésus révèle le cœur de sa mission messianique. L’amour de Dieu ne reste pas au niveau du discours ou de la piété intérieure. Il se manifeste par des gestes de libération, de guérison et de relèvement. Aimer Dieu, c’est participer à ce mouvement de vie qui rejoint les pauvres, les blessés, les oubliés. L’Évangile montre que la Bonne Nouvelle est toujours adressée à des personnes concrètes, dans leur réalité souvent marquée par la souffrance et l’exclusion.
Dans l’esprit de la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette révélation prend une profondeur particulière. Dieu ne choisit pas d’aimer l’humanité de loin. Il se fait proche, fragile, dépendant. En Jésus, Dieu partage notre condition pour nous apprendre à aimer comme lui aime. L’Enfant de la crèche annonce déjà le Christ qui se tient aux côtés des pauvres et des opprimés. L’amour de Dieu passe par des chemins humbles, souvent discrets, mais toujours concrets.
Les commandements de Dieu, souvent formulés de manière négative — « tu ne tueras pas », « tu ne voleras pas » — trouvent leur accomplissement dans une dynamique positive : nourrir celui qui a faim, accueillir l’étranger, vêtir celui qui est nu, pardonner, aimer même l’ennemi. Jésus ne se contente pas d’enseigner cet amour ; il en est la source. En le suivant, nous ne sommes jamais seuls dans l’effort. Il soutient, purifie et féconde nos engagements.
Aujourd’hui, la Parole nous invite à un discernement simple et exigeant. Aimer Dieu, c’est consentir à laisser son amour traverser nos relations, nos choix et nos habitudes. Demandons la grâce de reconnaître les lieux concrets où l’amour du prochain nous est confié : dans nos familles, nos communautés, nos engagements quotidiens. Là où l’amour devient action, Dieu se rend visible.
Prière du jour
Dieu d’amour,
toi qui nous as aimés le premier,
ouvre nos cœurs à ta volonté.
Apprends-nous à t’aimer
en aimant concrètement nos frères et sœurs,
surtout les plus pauvres et les plus blessés.
Que, à la suite de l’Enfant de Bethléem,
nos vies deviennent des signes humbles
de ton amour à l’œuvre dans le monde.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit,
revint en Galilée,
sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues,
et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable
accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage
et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Références bibliques
- 1 Jn 4, 19 — 5, 4
- Lc 4, 14-22a






























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