Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 14
Discrète grandeur — Quand la mission humble unit les peuples et révèle la sagesse de Dieu

Discrète grandeur — Quand la mission humble unit les peuples et révèle la sagesse de Dieu

La mission chrétienne ne transforme pas seulement des cœurs : elle rapproche des peuples, des cultures et des mondes. À la lumière de la Parole de Dieu et à l’exemple des saints Cyrille et Méthode, nous découvrons aujourd’hui que la vraie grandeur de la mission réside dans l’humilité, l’unité et l’incarnation de l’Évangile dans chaque culture.

La première lecture (Ac 13, 46-49) nous montre un tournant décisif : face au refus, Paul et Barnabé se tournent vers les nations. Ils proclament : « Nous nous tournons vers les païens… car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi lumière des nations. »

La mission de l’Église naît ainsi : non comme une fermeture, mais comme un élargissement. La Parole de Dieu cherche tous les peuples, toutes les langues, toutes les cultures. Elle ne détruit pas les différences : elle les transfigure. Dieu veut rejoindre chaque personne dans son histoire propre.

Dans l’Évangile (Lc 10, 1-9), Jésus envoie les soixante-douze disciples vers toutes les villes. Il ne leur donne ni puissance humaine ni sécurité matérielle, mais seulement une mission : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. » Ils doivent entrer dans les maisons, parler la paix, guérir et annoncer : « Le Règne de Dieu s’est approché de vous. »

La mission chrétienne n’est pas domination culturelle, mais rencontre. Elle n’est pas uniformité, mais communion. Elle consiste à porter la présence du Christ au cœur des réalités humaines. Au IXᵉ siècle, dans un monde marqué par les tensions entre Orient et Occident, deux frères byzantins, Cyrille et Méthode, furent envoyés vers les peuples slaves. Leur mission fut discrète mais décisive — une véritable œuvre d’unité. Les peuples slaves cherchaient une foi compréhensible dans leur propre langue. L’Évangile risquait d’être perçu comme étranger, lié à des cultures dominantes. Cyrille comprit alors une vérité profonde : la foi doit s’incarner dans la langue et la culture d’un peuple pour toucher son cœur.

Cyrille créa un alphabet (le glagolitique) pour traduire l’Écriture. Les deux frères traduisirent la Bible et la liturgie en langue slave. Ils défendirent devant Rome le droit des peuples à prier dans leur propre langue. Ils devinrent un pont entre Orient et Occident, montrant que l’unité ne signifie pas uniformité. Ainsi, leur mission n’imposa pas une culture : elle fit naître une Église enracinée dans un peuple.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, Dieu ne s’impose pas — il s’incarne. À Bethléem, Dieu a parlé le langage humain, a partagé une culture, une histoire, une pauvreté. Cyrille et Méthode ont vécu cette logique : traduire et non dominer, servir et non imposer, unir et non uniformiser. La mission véritable cherche l’unité des cœurs, non l’effacement des différences. Comme à Bethléem, la grandeur de Dieu passe par la petitesse, l’écoute et l’adaptation.

Aujourd’hui, la Parole nous appelle à annoncer l’Évangile dans le langage du monde d’aujourd’hui, à unir plutôt qu’opposer, à incarner la foi dans la culture et la vie concrète, à devenir artisans d’unité, comme Cyrille et Méthode.

La mission ne demande pas d’être puissants, mais disponibles. Demandons un cœur humble, ouvert, missionnaire — capable de porter la paix là où Dieu nous envoie.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui envoies des serviteurs humbles
pour rejoindre tous les peuples,

dans la simplicité de Bethléem,
apprends-nous à parler le langage de l’amour,
à servir l’unité,
à incarner l’Évangile dans notre monde.

Fais de nous des ponts entre les cœurs,
et que, par notre pauvreté offerte,
ton Royaume grandisse en silence.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
parmi les disciples,
              le Seigneur en désigna encore soixante-douze,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
         Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
                   Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
                   Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
                   Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
                   S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
                   Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
                   Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
                   Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

Références bibliques

  • Ac 13, 46-49
  • Lc 10, 1-9

Pour méditer

  • Nous sommes envoyés pour unir, non pour imposer.
  • La Parole de Dieu doit prendre chair dans la culture qui nous entoure et notre vie.
  • La vraie grandeur missionnaire est humble, patiente et féconde.