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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 13
Le sacrifice qui plaît à Dieu — L’amour total offert au Seigneur et au prochain

Le sacrifice qui plaît à Dieu — L’amour total offert au Seigneur et au prochain

En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous invite à redécouvrir ce que signifie réellement offrir un sacrifice au Seigneur. Spontanément, nous pensons à des gestes religieux, à des renoncements ou à des efforts particuliers. Mais les Écritures nous révèlent aujourd’hui une vérité plus profonde : le sacrifice qui plaît à Dieu est d’abord celui d’un cœur qui se tourne vers lui avec amour.

Le prophète Osée nous donne une image bouleversante de Dieu. Il parle d’un Dieu blessé par l’infidélité de son peuple, mais qui ne renonce jamais à l’aimer. Son appel est simple et plein de tendresse : « Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu » (Os 14,2).

Ce retour vers Dieu ne consiste pas d’abord à multiplier des sacrifices ou des gestes extérieurs. Au contraire, Dieu invite son peuple à une conversion intérieure. La prière qu’Osée met sur les lèvres d’Israël est étonnamment simple : « Enlève toutes les fautes, accepte ce qui est bon ; au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres » (Os 14,3). Autrement dit, le sacrifice que Dieu attend n’est pas seulement celui des animaux offerts sur l’autel. Il est celui d’un cœur humble, d’une prière sincère, d’une vie qui revient vers Dieu. Et lorsque l’homme se tourne ainsi vers lui, Dieu promet quelque chose d’extraordinaire : « Je guérirai leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit » (Os 14,5).

Dieu ne se lasse jamais d’aimer. Sa miséricorde précède toujours notre conversion. L’Évangile de saint Marc nous conduit encore plus loin dans cette révélation. Un scribe s’approche de Jésus et lui pose une question essentielle : « Quel est le premier de tous les commandements ? » (Mc 12,28). La réponse de Jésus résume toute la Loi et toute la vie spirituelle. Il rappelle d’abord la grande prière d’Israël : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Mc 12,30). Mais aussitôt il ajoute : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12,31).

Ces deux commandements ne peuvent être séparés. Aimer Dieu conduit nécessairement à aimer le prochain. L’amour de Dieu se déploie dans l’amour concret que nous portons aux autres. Le scribe comprend alors la profondeur de cette parole. Il reconnaît que cet amour total vaut « mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices » (Mc 12,33). Jésus approuve sa réponse et lui dit une phrase magnifique : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. »

Ainsi se dévoile le véritable culte qui plaît à Dieu. Il ne repose pas sur des sacrifices extérieurs ou impersonnels. Dieu ne cherche pas d’abord des rites accomplis par habitude. Il désire une relation vivante avec nous. Il attend l’offrande intégrale de notre cœur et de notre vie.

Dans l’esprit de la spiritualité de Bethléem, cette parole prend une lumière particulière. Le Fils de Dieu n’est pas venu dans la puissance ni dans la gloire humaine. Il est venu dans la pauvreté d’une crèche, dans l’humilité de l’Enfant de Bethléem. Par sa naissance même, il révèle que ce qui touche le cœur de Dieu, ce ne sont pas les grandeurs visibles, mais l’amour humble et offert.

Les petites fidélités quotidiennes, les gestes simples de charité, la patience dans les épreuves, l’attention au prochain : voilà les sacrifices qui plaisent à Dieu. Vivre un bon Carême ne signifie donc pas seulement se priver de telle ou telle chose ou s’imposer une discipline particulière. Le Carême nous appelle surtout à ouvrir notre cœur. S’ouvrir à Dieu en écoutant sa Parole et en la mettant en pratique. S’ouvrir au prochain en reconnaissant en chaque personne un frère ou une sœur en Jésus-Christ.

Lorsque notre vie devient ainsi une réponse d’amour à l’amour de Dieu, alors notre existence elle-même devient un sacrifice qui lui plaît.

Prière du jour

Seigneur notre Dieu,
toi qui désires un cœur humble
plus que des sacrifices extérieurs,

donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem.

Apprends-nous à t’aimer
de tout notre cœur,
de toute notre intelligence
et de toute notre force.

Apprends-nous aussi
à reconnaître en notre prochain
un frère ou une sœur.

Que toute notre vie devienne une offrande d’amour
qui te glorifie.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître, tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

Références bibliques

  • Os 14, 2-10
  • Mc 12, 28b-34

Pour méditer

  • Laissons-nous notre relation avec Dieu devenir une relation d’amour véritable plutôt qu’une simple pratique religieuse ?
  • Reconnaissons-nous que l’amour du prochain fait partie intégrante de l’amour de Dieu ?
  • Acceptons-nous d’offrir au Seigneur non seulement nos paroles, mais toute notre vie ?