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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 30
Lundi Saint — La croix déjà devant nous, choisir l’amour vrai dans la lumière du Christ

Lundi Saint — La croix déjà devant nous, choisir l’amour vrai dans la lumière du Christ

En ce début de Semaine Sainte, la Parole de Dieu nous place déjà face à un choix intérieur. Alors que la croix se rapproche, les cœurs se révèlent : certains s’ouvrent à l’amour, d’autres se ferment et calculent. Jésus avance, libre, vers l’heure où il donnera sa vie.

Dans la première lecture, tirée du livre d’Isaïe (Is 42, 1-7), Dieu présente son Serviteur. Il ne s’impose pas, il ne crie pas, il ne brise pas ce qui est fragile. Il est choisi, appelé, rempli de l’Esprit : « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice… je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations. » Sa mission est claire : ouvrir les yeux des aveugles, libérer les captifs, faire sortir de l’ombre ceux qui vivent dans les ténèbres. En quelques lignes, tout est déjà là. Celui que nous allons suivre jusqu’à la croix porte en lui toute l’espérance. Il est l’Élu, celui qui vit dans une intimité profonde avec le Père, celui qui vient non pour écraser mais pour relever, non pour condamner mais pour sauver.

Dans l’Évangile selon saint Jean (Jn 12, 1-11), nous entrons dans une scène très concrète, presque intime. Jésus est à Béthanie, chez Lazare qu’il a relevé d’entre les morts. Un repas est donné en son honneur. Marthe sert, Lazare est là, vivant, signe visible de la puissance de Jésus. Et au milieu de cette scène, Marie accomplit un geste étonnant : elle prend un parfum de grand prix, le répand sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux. L’évangéliste précise : « la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Ce geste dépasse toute logique humaine. Il est gratuit, total, sans calcul. Il dit quelque chose du cœur de Marie : pour elle, Jésus est au centre, au-dessus de tout.

Face à elle, Judas réagit. Il semble raisonnable : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour le donner aux pauvres ? » Mais l’Évangile dévoile la vérité de son cœur : il ne parle pas par amour des pauvres, mais parce que l’argent est devenu sa référence. Là se joue un contraste très fort. D’un côté, un amour qui se donne sans compter. De l’autre, un cœur qui calcule, qui garde, qui se ferme. Et Jésus éclaire le geste de Marie : « Laisse-la… elle a gardé ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. » Déjà, la croix est là, en filigrane. Ce geste est une préparation à sa mort.

Ainsi, dès ce lundi, la Passion commence à se dessiner. Les intentions se dévoilent, les oppositions se précisent, les décisions se prennent. Les chefs des prêtres envisagent de tuer Jésus… et même Lazare, parce qu’il devient un signe qui dérange. La lumière attire, mais elle dérange aussi ceux qui refusent de voir.

Dans l’esprit de Bethléem, cette Parole nous conduit à l’essentiel. Jésus ne se défend pas, ne s’impose pas, ne se justifie pas. Il reçoit. Il se laisse aimer. Il avance vers la croix dans une liberté intérieure totale. Depuis Bethléem, il a choisi ce chemin de simplicité, de pauvreté, d’abandon au Père. Et ici, à Béthanie, nous voyons que ce chemin est aussi celui de l’amour reçu et donné, sans mesure.

Et nous, en ce début de Semaine Sainte, nous sommes placés devant ce choix intérieur. Quel est le centre de notre vie ? Sommes-nous dans la logique de Marie, qui donne sans compter, ou dans celle de Judas, qui calcule, qui retient ? Suivre le Christ, ce n’est pas seulement comprendre, c’est entrer dans une relation, dans un amour concret, dans une offrande de nous-mêmes.

La croix n’est pas encore là, mais elle est déjà devant nous. Et Jésus nous invite à marcher avec lui. Non dans la peur, mais dans la confiance. Non dans le calcul, mais dans le don. Non dans la dispersion, mais dans l’unité d’un cœur tourné vers lui.

Aujourd’hui, laissons-nous éclairer. Revenons à l’essentiel. Et demandons la grâce d’aimer comme Marie, avec simplicité, avec vérité, avec tout notre cœur.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui avances librement vers la croix,

apprends-nous à te choisir au-dessus de tout.

Quand notre cœur se disperse,
viens le recentrer en toi.
Quand nous calculons,
viens nous apprendre à aimer.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur pauvre,
capable de se donner sans mesure.

Apprends-nous à reconnaître ta présence,
à t’honorer dans notre vie,
et à marcher avec toi,
dans la confiance et dans l’amour.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Six jours avant la Pâque,
Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare,
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          On donna un repas en l’honneur de Jésus.
Marthe faisait le service,
Lazare était parmi les convives avec Jésus.

          Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur
et de très grande valeur ;
elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,
qu’elle essuya avec ses cheveux ;
la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
          Judas Iscariote, l’un de ses disciples,
celui qui allait le livrer,
dit alors :
                   « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum
pour trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données à des pauvres ? »
          Il parla ainsi, non par souci des pauvres,
mais parce que c’était un voleur :
comme il tenait la bourse commune,
il prenait ce que l’on y mettait.
          Jésus lui dit :
« Laisse-la observer cet usage
en vue du jour de mon ensevelissement !
                   Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

          Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là,
et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus,
mais aussi pour voir ce Lazare
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          Les grands prêtres décidèrent alors
de tuer aussi Lazare,
          parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui,
s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Références bibliques

  • Is 42, 1-7
  • Jn 12, 1-11

 Pour méditer

  • Reconnaissons-nous en nous ce qui relève du don gratuit ou du calcul ?
  • Plaçons-nous réellement le Christ au centre de notre vie ?
  • Comment pouvons-nous, aujourd’hui, poser un acte d’amour concret et sans réserve ?