Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 15
Si Dieu le veut — Quand la confiance ouvre le chemin du miracle

Si Dieu le veut — Quand la confiance ouvre le chemin du miracle

Il existe des prières qui demandent, et d’autres qui se déposent. Des prières qui exigent, et d’autres qui s’en remettent totalement à Dieu. La Parole de ce jour nous conduit vers ce cœur profond de la foi : apprendre à dire non pas « fais ce que je veux », mais « si tu le veux ». C’est là que commence le vrai miracle — celui d’une confiance qui laisse Dieu agir en Dieu.

La première lecture (1 S 4,1b-11) nous présente une scène parmi les plus sombres de l’histoire d’Israël : la défaite écrasante face aux Philistins et la prise de l’arche de Dieu. Le texte insiste : « ce fut un très grand désastre ». L’arche, signe visible de la présence divine, ne protège pas le peuple. Pourquoi ? Non pas parce que Dieu serait impuissant, mais parce que le peuple instrumentalise l’arche. Ils la prennent comme un talisman, une garantie mécanique de victoire. Leur geste n’est pas un acte de foi, mais une tentative désespérée de maîtrise.

Cette scène révèle un piège spirituel très actuel : confondre la foi avec l’assurance d’obtenir ce que nous voulons. Comme si Dieu avait pour mission de confirmer nos plans. Or l’Écriture rappelle ici une vérité délicate mais essentielle : Dieu n’est pas un objet à manipuler, ni un refuge automatique dans les difficultés. La foi n’est pas une technique, mais une relation.

Dans l’Évangile (Mc 1,40-45), un lépreux vient à Jésus. Lui aussi se trouve dans une situation désespérée. Mais son attitude est aux antipodes de celle d’Israël. Il ne réclame rien. Il ne force pas la main de Dieu. Il formule une des plus belles prières de toute la Bible : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Il reconnaît deux choses en une seule phrase : la puissance de Jésus (« tu peux »),  la liberté de Jésus (« si tu le veux »). Il ne cherche pas à s’imposer. Il ne pousse pas Dieu dans un coin. Il ne transforme pas sa souffrance en exigence. Il se remet totalement. Et c’est précisément cette confiance qui émeut Jésus : « Saisi de compassion », dit le texte. Alors Jésus répond en reprenant ses mots, comme pour sceller une alliance intérieure : « Je le veux, sois purifié. »

La guérison n’est pas simplement le fruit de la puissance divine : elle est la rencontre entre cette puissance et un cœur disponible. Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, ce passage prend une intensité particulière. À Bethléem, Dieu se donne dans la vulnérabilité, dans l’humilité d’une crèche. Il se rend accessible, mais jamais manipulable. Il se laisse approcher, mais demeure libre. Il écoute le cri de l’humanité, mais ne se laisse pas enfermer dans nos agendas.

La vraie foi consiste alors à tenir ces deux pôles : croire que Dieu peut tout, et accepter qu’il agit selon son amour, non selon nos scénarios. Dans la crèche, comme devant Jésus, le croyant apprend à dire : « Seigneur, voici ce que je désire… mais que ton désir soit le mien. »

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à examiner notre manière de prier. Que faisons-nous lorsque nous demandons quelque chose au Seigneur ? Tentons-nous de lui imposer notre volonté, même subtilement ? Ou entrons-nous dans cette confiance profonde qui dit : « Tout est entre tes mains » ?

La prière du lépreux ouvre un chemin spirituel immense : un chemin où Dieu peut déployer ce qu’il veut faire, et où notre cœur apprend la liberté intérieure qui naît de l’abandon.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui accueilles nos demandes
sans jamais cesser d’être libre,
donne-nous un cœur qui s’abandonne.
Apprends-nous à te dire, avec paix :
« Si tu le veux… »
Dépose ta volonté dans nos vies,
purifie nos attentes,
et rends-nous capables de confiance,
dans l’humilité de Bethléem.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    un lépreux vint auprès de Jésus ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
    Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
    À l’instant même, la lèpre le quitta
et il fut purifié.
    Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
    en lui disant :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre,
et donne pour ta purification
ce que Moïse a prescrit dans la Loi :
cela sera pour les gens un témoignage. »

    Une fois parti,
cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,
mais restait à l’écart, dans des endroits déserts.
De partout cependant on venait à lui.

Références bibliques

  • 1 S 4, 1b-11
  • Mc 1, 40-45

 

Pour méditer

  • Dans mes demandes, est-ce que je cherche Dieu… ou seulement une solution ?
  • Qu’est-ce que je dois remettre aujourd’hui entre les mains de Dieu ?
  • Quelle liberté nouvelle naît en moi lorsque je dis sincèrement : « Si tu le veux » ?