Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 03

Talitha koum — Quand la foi relève la vie et ouvre un chemin de résurrection

Il existe des moments où tout semble perdu, où la vie paraît s’éteindre lentement ou brutalement. L’Évangile de ce jour nous place précisément là, au cœur de la fragilité humaine. Et c’est là que la Parole de Jésus surgit, douce et puissante : « Talitha koum » — « Jeune fille, lève-toi ».

La première lecture (2 S 18, 9-10.14b.24-25a.30 – 19, 4) nous plonge dans l’épreuve du roi David confronté à la mort de son fils Absalom. Cette mort est tragique, violente, déchirante. David, pourtant roi et homme de foi, ne trouve aucun mot pour consoler sa peine. Son cri — « Mon fils, Absalom ! » — traverse le texte comme un gémissement sans réponse immédiate.

Cette page biblique nous rappelle que la foi n’épargne pas la douleur. Elle ne supprime pas le deuil ni la blessure. Mais elle permet de les traverser sans perdre le lien avec Dieu. David ne comprend pas tout, mais il demeure devant le Seigneur, vulnérable, brisé, vrai. La Parole de Dieu ne masque jamais la souffrance humaine : elle l’habite.

L’Évangile selon saint Marc (Mc 5, 21-43) nous offre l’un des récits les plus bouleversants de guérison et de relèvement. Deux histoires s’entrelacent : celle d’un chef de synagogue, Jaïre, et celle d’une femme malade depuis douze ans. Deux détresses, deux chemins de foi, un même Sauveur.

La femme souffrante n’a plus rien : ni santé, ni argent, ni statut social. Elle est impure aux yeux de la Loi. Pourtant, elle ose un geste minuscule mais audacieux : toucher le vêtement de Jésus. Sa foi est silencieuse, cachée, presque honteuse — mais elle est totale. Jésus s’arrête, cherche, appelle. Il ne se contente pas de la guérir : il la relève intérieurement en la nommant « ma fille » : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

Puis vient la seconde scène. La fille de Jaïre est morte. Tout semble fini. Mais Jésus prononce une parole qui traverse la mort elle-même : « Talitha koum »« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ». Le verbe koum, se lever, est le langage même de la résurrection. Ce n’est pas seulement une guérison : c’est une recréation.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette page d’Évangile prend une profondeur particulière. À Bethléem déjà, Dieu s’est approché de l’humanité dans une extrême fragilité. Ici encore, Jésus rejoint l’homme et la femme là où la vie semble la plus menacée. La foi n’est pas ici un exploit spirituel. Elle est un mouvement intérieur : s’approcher, toucher, supplier, espérer malgré tout.

Jésus ne demande ni performance ni mérite. Il demande seulement : « Ne crains pas, crois seulement ». La femme et la fillette sont relevées non parce qu’elles sont fortes, mais parce qu’elles se laissent atteindre par la présence du Christ. La résurrection commence toujours par une main saisie, une parole murmurée, une confiance fragile.

Cet Évangile nous appelle à reconnaître nos propres zones de mort : fatigue intérieure, foi affaiblie, espérance éteinte, relations brisées. Il nous invite à croire que la parole du Christ peut encore nous rejoindre là. Laissons Jésus poser sa main sur ce qui semble fini. Acceptons qu’il nous dise, à nous aussi : « Lève-toi. » Non pas pour revenir à avant, mais pour entrer dans une vie nouvelle.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui rejoins nos détresses
et murmures une parole de vie
au cœur même de la mort,

dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous la foi simple
qui ose s’approcher,
qui ose toucher,
qui ose espérer.

Quand tout semble perdu,
dis encore sur nos vies :
Talitha koum.
Relève-nous,
et fais-nous marcher
dans la lumière de ta Résurrection.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus regagna en barque l’autre rive,
et une grande foule s’assembla autour de lui.
Il était au bord de la mer.
    Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
    et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité.
Viens lui imposer les mains
pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
    Jésus partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

    Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
    – elle avait beaucoup souffert
du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens
sans avoir la moindre amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré –…
     cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus,
vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement.
    Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
    À l’instant, l’hémorragie s’arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
    Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
    Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase,
et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
     Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait cela.
    Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
    Jésus lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

    Comme il parlait encore,
des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue,
pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? »
    Jésus, surprenant ces mots,
dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
    Il ne laissa personne l’accompagner,
sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
    Ils arrivent à la maison du chef de synagogue.
Jésus voit l’agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
    Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
    Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l’enfant,
et ceux qui étaient avec lui ;
puis il pénètre là où reposait l’enfant.
    Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
    Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
– elle avait en effet douze ans.
Ils furent frappés d’une grande stupeur.
    Et Jésus leur ordonna fermement
de ne le faire savoir à personne ;
puis il leur dit de la faire manger.

Références bibliques

  • 2 S 18, 9-10.14b.24-25a.30 – 19, 4
  • Mc 5, 21-43

Pour méditer

  • Où, dans nos vies, avons-nous besoin d’entendre à nouveau la parole : « Ne crains pas, crois seulement » ?
  • Acceptons-nous que le Christ nous relève autrement que nous l’avions imaginé ?