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CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 26
Timothée et Tite — L’unité qui se fraye un chemin au cœur des fractures

Timothée et Tite — L’unité qui se fraye un chemin au cœur des fractures

Il existe des moments où la division semble gagner, où les incompréhensions s’installent et où le courage vacille. La fête de saint Timothée et saint Tite nous rappelle qu’au cœur même des tensions, Dieu continue de susciter des artisans d’unité. Comme eux, nous sommes appelés à raviver en nous le don de Dieu, afin de porter la lumière du Christ dans un monde éclaté.

La fête des saints Timothée et Tite nous ramène aux premiers pas d’une Église encore fragile, vivante, traversée de tensions et de grâces mêlées. Contrairement à l’image parfois idéalisée que nous donnent les Actes des Apôtres, la lettre de saint Paul à Timothée dévoile un autre visage : un disciple éprouvé, inquiet, tenté de se cacher. Paul le connaît bien, il sait ses craintes, ses hésitations. Alors il lui écrit une parole simple et décisive : « Ravive le don de Dieu » (2 Tm 1,6). Ce don, Timothée l’a reçu par l’imposition des mains, mais il l’a d’abord reçu à travers la foi de sa mère et de sa grand-mère. L’unité de la foi n’est jamais un effort solitaire : elle naît de liens vivants, de visages, de fidélités transmises de génération en génération.

Ce rappel prend une force particulière lorsque l’on contemple l’Évangile de Marc. Là où l’on devrait reconnaître en Jésus la source de la liberté, certains scribes descendent de Jérusalem pour l’accuser : « Il est possédé par Béelzéboul » (Mc 3,22). Accuser la lumière d’être obscurité : c’est le comble de la division. Jésus ne cherche pas à se défendre pour lui-même ; il révèle une vérité fondamentale. Un royaume divisé contre lui-même ne peut tenir. Un esprit qui se déchire ne peut porter la vie. Une maison fracturée s’effondre.

La division n’est jamais neutre : elle travaille en profondeur, elle use, elle disperse l’énergie intérieure. À l’inverse, accueillir l’action de l’Esprit Saint ouvre un chemin de clarté et d’unité. C’est pourquoi Jésus prononce cette parole mystérieuse : « Tout sera pardonné… sauf le blasphème contre l’Esprit. » Non pour exclure, mais pour rappeler que si nous refusons obstinément la lumière, si nous nous fermons à l’unité que Dieu veut créer, nous rendons impossible l’œuvre de guérison que Dieu désire accomplir.

Dans la spiritualité de Bethléem, cette dynamique devient particulièrement lumineuse. À Bethléem, tout semblait divisé : une famille déplacée, un pays occupé, un monde fragmenté entre puissants et pauvres. Et pourtant, au cœur de cette nuit, Dieu ouvre un chemin d’unité. Il rassemble autour d’un Enfant des bergers, des anges, des étrangers. La crèche devient le lieu où les fractures de l’histoire se rejoignent pour laisser place à une paix nouvelle. Bethléem n’efface pas les divisions : elle les traverse par une présence plus forte qu’elles.

De même, Paul encourage Timothée à ne pas fuir les difficultés, à ne pas laisser la peur tenir le premier rôle : « Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. » (2 Tm 1,7). L’unité dont parle Paul n’est pas naïve : elle naît du courage humble de ceux qui osent garder le cœur ouvert, malgré les tensions, malgré les fractures, malgré les oppositions. Elle naît de ceux qui, comme Timothée et Tite, reçoivent la mission de rassembler, d’enseigner, de pacifier.

Ce texte devient alors un appel pour nous : où nos propres divisions intérieures nous empêchent-elles d’avancer ? Où la peur nous replie-t-elle au lieu de nous envoyer ? Quels jugements rapides, quelles duretés, quelles accusations intérieures nous éloignent de l’action de l’Esprit ?

Le Christ nous invite à laisser son unité entrer là où nous sommes le plus dispersés. Comme Timothée, nous pouvons raviver la flamme déposée en nous. Comme Tite, nous pouvons devenir des messagers de paix dans nos communautés. Comme les premiers disciples, nous pouvons choisir la lumière plutôt que le soupçon. Parce que Dieu ne cesse jamais de vouloir unir ce que la peur ou la méfiance cherchent à diviser.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui rassembles ce que la division disperse,
viens unir notre cœur dans la lumière de ton Esprit.
Ravive en nous le don que tu as déposé,
comme tu l’as fait pour Timothée et Tite.
Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous à devenir des artisans d’unité,
patients, doux, courageux,
porteurs d’espérance au milieu des fractures.
Que ta paix reconstruise en nous ce qui s’est brisé,
et fasse de nos vies un lieu où ton Royaume peut grandir.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
    Les appelant près de lui,
Jésus leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
    Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
    Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
    Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,
il ne peut pas tenir ;
c’en est fini de lui.
    Mais personne ne peut entrer
dans la maison d’un homme fort et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
    Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes :
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
    Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
    Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »

Références bibliques

  • 2 Tm 1, 1-8
  • Mc 3, 22-30

 


Pour méditer

  • Où se situent aujourd’hui les divisions qui fragilisent notre cœur ou nos relations ?
  • Quels dons de Dieu avons-nous cessé d’activer… et que Paul nous appelle à « raviver » ?
  • Quel pas concret pouvons-nous poser pour devenir artisans d’unité dans nos milieux ?