En ce Vendredi Saint, la liturgie nous conduit au cœur du mystère le plus déroutant de notre foi. Nous contemplons un Messie crucifié, un Sauveur rejeté, un roi couronné d’épines. Là où le monde voit l’échec, la foi reconnaît une victoire cachée. Là où l’homme serait tenté de détourner les yeux, l’Église nous invite à demeurer devant la Croix, parce que c’est là que l’amour de Dieu se révèle jusqu’au bout.
La première lecture, tirée du livre d’Isaïe, nous fait entrer dans la figure bouleversante du Serviteur souffrant. Le prophète parle d’un homme méprisé, abandonné, familier de la souffrance, devant qui l’on se voile la face. Rien, humainement, ne semble annoncer en lui la gloire ou la victoire. Et pourtant, ce Serviteur porte un mystère plus grand que lui-même : « C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé… il a été transpercé à cause de nos fautes » (Is 53,4-5). Ce qu’Isaïe révèle ici, c’est que la souffrance du Serviteur n’est pas vide de sens. Elle devient lieu de salut. Il porte ce qui n’est pas à lui. Il assume ce qui nous écrase. Il ne répond ni par la violence ni par la revanche, mais par une offrande silencieuse. L’Église reconnaît dans ce Serviteur le visage du Christ. Celui que nous contemplons aujourd’hui sur la Croix est bien celui qu’annonçait déjà le prophète : celui qui semble écrasé, mais par qui la vie nous est rendue.
La lettre aux Hébreux nous aide à aller plus loin encore. Elle nous montre que Jésus n’est pas seulement celui qui souffre, mais celui qui entre pleinement dans notre condition humaine pour l’ouvrir au salut. Il est le grand prêtre qui a traversé les cieux, mais aussi celui qui, dans les jours de sa chair, a connu les larmes, l’angoisse, la supplication, l’obéissance douloureuse. « Il a appris l’obéissance par les souffrances de sa passion » (He 5,8). Il ne sauve pas de loin. Il ne sauve pas en restant à l’écart. Il vient rejoindre l’homme jusque dans sa nuit, jusque dans son combat, jusque dans sa vulnérabilité la plus nue. Cela change tout. Car si le Christ a traversé l’épreuve, alors aucune de nos épreuves n’est étrangère à Dieu. Si le Christ est passé par la souffrance, alors aucun de nos chemins de douleur n’est abandonné à l’absurde. En lui, Dieu est entré dans ce qu’il y a de plus fragile, de plus blessé, de plus exposé en notre humanité.
C’est dans cette lumière que nous recevons la Passion selon saint Jean. Chez saint Jean, Jésus ne paraît jamais écrasé par les événements. Il les traverse avec une souveraine liberté. Quand les soldats viennent l’arrêter au jardin, il s’avance lui-même et demande : « Qui cherchez-vous ? » Puis il dit : « C’est moi, je le suis » (Jn 18,5). Et à cette parole, ils reculent et tombent à terre. Au cœur même de l’arrestation, quelque chose de sa gloire transparaît déjà. Celui qui va être livré demeure le Fils, celui qui est, celui qui appartient pleinement au Père. Plus loin, devant Pilate, Jésus ne se laisse pas enfermer dans les catégories du pouvoir humain. Sa royauté n’est pas de ce monde, et pourtant elle est bien réelle. Le manteau pourpre, la couronne d’épines, l’inscription placée sur la Croix deviennent, dans le récit johannique, comme les signes paradoxaux d’une royauté que personne ne peut annuler.
Ainsi, la Croix n’est pas simplement le lieu d’une humiliation. Elle devient le lieu où se manifeste la vérité profonde du Christ. Il n’est pas vaincu. Il se livre. Il n’est pas pris au piège. Il va jusqu’au bout de sa mission. Et lorsque tout est accompli, il prononce cette parole : « Tout est accompli » (Jn 19,30). Puis il remet l’esprit. Même dans sa mort, Jésus demeure celui qui donne. Rien ne lui est arraché. Tout est offert.
Dans l’esprit de Bethléem, ce mystère devient encore plus lumineux. Car la Croix ne surgit pas comme un accident de dernière heure. Elle accomplit un chemin déjà commencé dans le mystère de l’Incarnation. Bethléem, ce n’est pas seulement la douceur de la crèche ; c’est déjà le choix du Christ de s’abaisser, de se faire pauvre, petit, vulnérable, livré à l’accueil ou au refus des hommes. C’est déjà ce mouvement profond que saint Paul exprimera en disant qu’il « s’est anéanti » (Ph 2,7), prenant la condition de serviteur. De la crèche à la Croix, c’est le même amour qui se déploie. Le Fils ne retient rien pour lui-même. Il descend jusqu’à notre pauvreté, jusqu’à notre souffrance, jusqu’à notre mort, pour y faire entrer la vie de Dieu. La Croix est ainsi l’accomplissement de l’esprit de Bethléem : l’amour humble, l’amour pauvre, l’amour livré jusqu’au bout.
C’est pourquoi, en ce Vendredi Saint, nous ne vénérons pas seulement un instrument de supplice. Nous vénérons le signe de notre salut. Nous vénérons cette folie d’amour par laquelle Dieu a voulu nous rejoindre jusque dans nos ténèbres. Et dans cette vénération, nous pouvons aussi déposer toutes nos croix humaines : nos blessures, nos deuils, nos échecs, nos peurs, nos impuissances, tout ce qui, en nous, semble marqué par la nuit. Rien de cela n’est méprisé par le Christ. Lui qui a porté la Croix sait ce que signifie souffrir. Lui qui a été transpercé sait ce que signifie être blessé. Lui qui a traversé la mort sait ouvrir un passage là où nous ne voyons qu’une fin.
Le Vendredi Saint ne nous demande donc pas d’expliquer la Croix, mais de la contempler. De rester là. De consentir à ce que le Crucifié nous parle. De croire que, dans cet apparent échec, Dieu accomplit son œuvre la plus grande. Le monde peut n’y voir que faiblesse. Mais l’Église continue d’y reconnaître la puissance du salut et la preuve suprême du grand amour de Dieu pour nous.
Aujourd’hui, nous pouvons simplement nous tenir au pied de la Croix avec un cœur pauvre. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de paroles. Il suffit peut-être d’y déposer ce que nous portons, et de laisser le Christ nous apprendre que l’amour peut transformer même ce qui paraît perdu. Car la Croix n’aura pas le dernier mot comme échec. En Christ, elle devient déjà source d’espérance et promesse de vie.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui as aimé jusqu’à la Croix,
apprends-nous à demeurer devant ton amour sans fuir.Quand nous sommes éprouvés,
donne-nous de ne pas désespérer.
Quand nous portons nos croix,
viens les habiter de ta présence.Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur pauvre et disponible,
capable d’accueillir ton amour jusque dans la nuit.Apprends-nous à croire
que rien n’est perdu entre tes mains,
et que ta Croix peut transformer nos blessures
en chemin d’espérance.Amen.
La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean
Indications pour la lecture dialoguée : les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :
† = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.
L. En ce temps-là,
après le repas,
Jésus sortit avec ses disciples
et traversa le torrent du Cédron ;
il y avait là un jardin,
dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi,
car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats
ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens,
arrive à cet endroit.
Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver,
s’avança et leur dit :
† « Qui cherchez-vous? »
L. Ils lui répondirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Il leur dit :
† « C’est moi, je le suis. »
L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis »,
ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau :
† « Qui cherchez-vous? »
L. Ils dirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Jésus répondit :
† « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis.
Si c’est bien moi que vous cherchez,
ceux-là, laissez-les partir. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite :
« Je n’ai perdu aucun
de ceux que tu m’as donnés. »
Or Simon-Pierre
avait une épée ; il la tira,
frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite.
Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre :
† « Remets ton épée au fourreau.
La coupe que m’a donnée le Père,
vais-je refuser de la boire ? »
L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs
se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père
de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là.
Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil :
« Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus.
Comme ce disciple était connu du grand prêtre,
il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors.
Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre –
sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte,
et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
L. Il répondit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ;
comme il faisait froid,
ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer.
Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus
sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit :
† « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement.
J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple,
là où tous les Juifs se réunissent,
et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ?
Ce que je leur ai dit, demande-le
à ceux qui m’ont entendu.
Eux savent ce que j’ai dit. »
L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus,
lui donna une gifle en disant :
A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
L. Jésus lui répliqua :
† « Si j’ai mal parlé,
montre ce que j’ai dit de mal.
Mais si j’ai bien parlé,
pourquoi me frappes-tu ? »
L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer.
On lui dit :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
L. Pierre le nia et dit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Un des serviteurs du grand prêtre,
parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille,
insista :
A. « Est-ce
que moi, je ne t’ai pas vu
dans le jardin avec lui ? »
L. Encore une fois, Pierre le nia.
Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire.
C’était le matin.
Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire,
pour éviter une souillure
et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
A. « Quelle accusation portez-vous
contre cet homme ? »
L. Ils lui répondirent :
F. « S’il n’était pas un malfaiteur,
nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le
suivant votre loi. »
L. Les Juifs lui dirent :
F. « Nous n’avons pas le droit
de mettre quelqu’un à mort. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite
pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ;
il appela Jésus et lui dit :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus lui demanda :
† « Dis-tu cela de toi-même,
Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
L. Pilate répondit :
A. « Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
L. Jésus déclara :
† « Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes qui se seraient battus
pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
L. Pilate lui dit :
A. « Alors, tu es roi ? »
L. Jésus répondit :
† « C’est toi-même
qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »
L. Pilate lui dit :
A. « Qu’est-ce que la vérité ? »
L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs,
et il leur déclara :
A. « Moi, je ne trouve en lui
aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume
que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque :
voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
L. Alors ils répliquèrent en criant :
F. « Pas lui !
Mais Barabbas ! »
L. Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne
qu’ils lui posèrent sur la tête ;
puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui
et ils disaient :
F. « Salut à toi, roi des Juifs ! »
L. Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :
A. « Voyez, je vous l’amène dehors
pour que vous sachiez
que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Jésus donc sortit dehors,
portant la couronne d’épines et le manteau pourpre.
Et Pilate leur déclara :
A. « Voici l’homme. »
L. Quand ils le virent,
les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :
F. « Crucifie-le! Crucifie-le! »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ;
moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Ils lui répondirent :
F. « Nous avons une Loi,
et suivant la Loi il doit mourir,
parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :
A. « D’où es-tu? »
L. Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors :
A. « Tu refuses de me parler, à moi ?
Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher,
et pouvoir de te crucifier ? »
L. Jésus répondit :
† « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi
si tu ne l’avais reçu d’en haut ;
c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi
porte un péché plus grand. »
L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ;
mais des Juifs se mirent à crier :
F. « Si tu le relâches,
tu n’es pas un ami de l’empereur.
Quiconque se fait roi
s’oppose à l’empereur. »
L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors;
il le fit asseoir sur une estrade
au lieu dit le Dallage
– en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque,
vers la sixième heure, environ midi.
Pilate dit aux Juifs :
A. « Voici votre roi. »
L. Alors ils crièrent :
F. « À mort ! À mort !
Crucifie-le ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Vais-je crucifier votre roi ? »
L. Les grands prêtres répondirent :
F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.
Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix,
sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire),
qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui,
un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ;
il était écrit :
« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau,
parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville,
et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :
F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais :
“Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »
L. Pilate répondit :
A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
ils prirent ses habits ;
ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
Ils prirent aussi la tunique ;
c’était une tunique sans couture,
tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux :
A. « Ne la déchirons pas,
désignons par le sort celui qui l’aura. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ;
ils ont tiré au sort mon vêtement.
C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
† « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
† « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
† « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
† « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
Références bibliques
- Is 52,13 – 53,12
- He 4,14-16 ; 5,7-9
- Jn 18,1 – 19,42
Pour méditer
- Devant la Croix, acceptons-nous de rester en silence pour laisser le Christ nous parler ?
- Quelles souffrances ou quelles blessures pouvons-nous aujourd’hui déposer en lui ?
- Croyons-nous que l’amour du Christ peut donner un sens nouveau à ce qui, en nous, semble marqué par l’échec ?






























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