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Missionnaires suisses
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 16
L’autorité du maître et l'identité de Jésus

Aider le Christ à alléger la souffrance du monde

Pour les lectures du jour, consultez AELF – 17 mars 2024.

Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. (Jn 12, 31-32)

La souffrance de Job

Il y a beaucoup de souffrance dans les textes que nous venons d’entendre. Celle de Job d’abord. On a l’impression que tous les malheurs du monde lui sont tombés dessus. Il perd d’abord ses troupeaux, puis ses bâtiments, enfin ses enfants. Il a toutes les raisons de s’en prendre à Dieu et de se détourner de lui.

Pourtant il ne le fait pas. Après un long cheminement spirituel, Job finit par dire:

Dieu m’avait tout donné, puis il m’a tout enlevé. Je crois toujours en lui. Qu’il soit béni!

Quel message! Quelle foi chez cet homme! Aussi, heureux sommes-nous si, au creux de nos épreuves, nous savons, comme Job, ne pas mépriser Dieu, mais reconnaître sa présence.

L’action de Jésus face à la souffrance

Quant à l’Évangile, il nous montre un Jésus fort occupé. On vient à lui de toutes parts. On ne cesse de lui amener des malades pour qu’il les guérisse.

Si l’on vient ainsi à lui, si on lui présente autant de patients, c’est assurément parce qu’on a reconnu en lui quelqu’un qui ne reste pas indifférent face à la misère humaine, face à la souffrance.

Jésus n’avait pas peur des malades, des possédés. Il ne les évitait pas, il ne les fuyait pas. Bien au contraire! S’ils ne venaient pas vers lui, c’est lui qui allait vers eux.

En agissant ainsi et en opérant un grand nombre de guérisons, Jésus voulait certes donner des signes de la venue dans le monde du Royaume de Dieu. Mais il agissait aussi de cette façon par compassion humaine.

Notre rôle face à la souffrance

L’attitude de Jésus nous invite à un petit examen de conscience, car nous vivons, nous aussi, dans un monde où ceux et celles qui souffrent de mille et une manières sont légion.

Tout près de nous, il y a des gens dans la peine ou dans l’indigence. Ces souffrances sont souvent manifestes, parfois cachées… Mais que faisons-nous? Voilà la question que nous pose l’évangile de ce jour.

Nous laissons-nous rejoindre et émouvoir par la souffrance d’autrui ou fermons-nous les yeux devant elle? Tendons-nous l’oreille ou restons-nous sourds quand des gens crient leur douleur auprès de nous ou loin de nous?

Sommes-nous de ceux qui trop rapidement se donnent bonne conscience en se disant qu’il leur est impossible de prendre sur leurs épaules toutes les souffrances du monde? Ce qui est vrai, bien sûr!

Mais ce n’est pas de prendre sur nous toutes les souffrances et toutes les misères du monde qui nous est demandé.

Ce qui nous est demandé, c’est de ne pas nous laisser gagner par l’indifférence, c’est de ne pas tomber dans l’inertie, c’est de ne pas nous laver les mains trop vite.

L’appel du Christ aux chrétiens

C’est vrai: nous ne pouvons pas tout faire. Mais il est également vrai qu’il nous est possible de faire quelque chose, si petite soit notre contribution.

Ce quelque chose que nous pouvons accomplir pour alléger la souffrance du monde, certains le font au nom de leur appartenance à notre humanité. Ce sont des hommes et des femmes de cœur. Et le Christ les reconnaît certainement pour ses amis.

Quant à nous, chrétiens, c’est certes au nom de notre appartenance à notre humanité que nous devons lutter contre la souffrance et contre la misère, mais c’est aussi au nom de notre foi en Jésus.

Car se déclarer ses disciples et ne pas agir comme lui, serait de l’hypocrisie.

Le Christ nous confie la charge, à nous les chrétiens, les croyants, de proclamer aux hommes la Bonne Nouvelle qu’il nous a laissée. Il nous invite à le faire à sa façon, en paroles et en gestes, à parler le langage du cœur et non celui de la sagesse humaine.

C’est vers nos frères souffrants qu’il nous envoie afin qu’en son nom, nous leur prenions la main pour les aider à se relever.

Puisse l’Eucharistie, où il nous est redit que le Christ a consenti à la souffrance pour alléger celle du monde, nous rendre un peu plus semblables à Lui! Amen.

Jr 31, 31-34 / He 5, 7-9 / Jn 12, 20-33