En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous ouvre un horizon d’espérance. Même lorsque notre monde semble marqué par la souffrance et l’incertitude, Dieu ne cesse de faire naître la vie. Par la parole du Christ, la foi s’ouvre à une promesse : celle d’une création renouvelée et d’une vie qui triomphe.
La première lecture, tirée du livre d’Isaïe, nous introduit dans une vision lumineuse d’un monde renouvelé. Le prophète parle à un peuple éprouvé par les crises, les divisions et les difficultés sociales et religieuses. Dans ce contexte de découragement, Dieu fait entendre une parole de promesse : « Voici que je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Is 65,17).
Par cette annonce, le prophète invite le peuple à ne pas se laisser enfermer dans la tristesse du présent. Dieu promet une vie marquée par la joie, la stabilité et l’abondance. Les pleurs et les cris disparaîtront, la vie sera longue et féconde, et chacun pourra habiter en paix dans l’œuvre de ses mains. Ainsi, dès cette première lecture, la Parole de Dieu ouvre une perspective d’espérance : Dieu ne renonce jamais à son peuple. Il travaille sans cesse à renouveler sa création.
L’Évangile selon saint Jean nous montre comment cette promesse commence déjà à se réaliser dans l’action de Jésus. La scène se déroule à Cana de Galilée, le lieu où Jésus avait accompli son premier signe en changeant l’eau en vin lors d’une noce. Ce premier miracle avait permis à la fête de se prolonger. Maintenant, un autre signe vient révéler encore davantage la puissance de la Parole du Christ.
Un fonctionnaire royal vient trouver Jésus. Son fils est gravement malade à Capharnaüm et il est sur le point de mourir. Cet homme fait le chemin jusqu’à Jésus et le supplie de descendre pour guérir son enfant. Jésus lui répond par une parole qui peut surprendre : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Mais le père insiste avec confiance : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure. » Alors Jésus lui répond simplement : « Va, ton fils est vivant » (Jn 4,50).
Ce qui est frappant dans ce récit, c’est que la guérison ne se produit pas par un geste spectaculaire. Jésus ne se déplace même pas jusqu’à l’enfant. Tout repose sur la puissance de sa parole. Et l’Évangile ajoute cette phrase essentielle : « L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. »
La foi commence ici : croire à la parole du Christ avant même d’en voir les effets. Sur le chemin du retour, les serviteurs viennent à la rencontre du père et lui annoncent que l’enfant est guéri. Lorsqu’il apprend l’heure de la guérison, il comprend que c’est précisément le moment où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors l’Évangile conclut : « Il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. » La guérison de l’enfant devient ainsi un signe plus grand encore : elle ouvre un chemin de foi.
Dans l’esprit de la spiritualité de Bethléem, cette scène révèle quelque chose de très profond. Dieu agit souvent dans la simplicité de sa parole. Il ne cherche pas d’abord à impressionner, mais à susciter la confiance. Le Christ nous invite à croire que sa parole est vivante et efficace. Elle peut transformer nos vies et ouvrir des chemins nouveaux là où nous ne voyons parfois que la maladie, la souffrance ou l’impasse.
Notre monde, souvent fatigué et blessé, ressemble parfois à cet enfant malade de l’Évangile. Les pleurs, les cris et les épreuves sont nombreux. On pourrait croire que tout est usé, que tout doit être recommencé. Et pourtant, la Parole du Christ continue de retentir au cœur de notre histoire : « Va, ton fils est vivant. » Cette parole annonce la victoire de la vie sur la mort. Dans le mystère pascal que nous préparons pendant le Carême, Dieu accomplit précisément ce passage : le passage du vieux monde blessé à la nouveauté de la vie.
La foi chrétienne est cette espérance audacieuse qui croit que Dieu peut toujours faire naître du neuf.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi dont la parole donne la vie,
apprends-nous à croire en ta promesse.Lorsque nos cœurs sont troublés
et que l’espérance semble fragile,
donne-nous la confiance du père de l’Évangile.Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable d’accueillir ta parole
et de marcher dans la foi.Que ta parole fasse naître en nous
la vie nouvelle que tu promets.Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
après avoir passé deux jours chez les Samaritains,
Jésus partit de là pour la Galilée.
– Lui-même avait témoigné
qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays.
Il arriva donc en Galilée ;
les Galiléens lui firent bon accueil,
car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait
à Jérusalem pendant la fête de la Pâque,
puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.
Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée,
où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal,
dont le fils était malade à Capharnaüm.
Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée,
il alla le trouver ;
il lui demandait de descendre à Capharnaüm
pour guérir son fils qui était mourant.
Jésus lui dit :
« Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges,
vous ne croirez donc pas ! »
Le fonctionnaire royal lui dit :
« Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond :
« Va, ton fils est vivant. »
L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite
et il partit.
Pendant qu’il descendait,
ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre
et lui dirent que son enfant était vivant.
Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux.
Ils lui dirent :
« C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi),
que la fièvre l’a quitté. »
Le père se rendit compte que c’était justement
l’heure où Jésus lui avait dit :
« Ton fils est vivant. »
Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit
lorsqu’il revint de Judée en Galilée.
Références bibliques
- Is 65, 17-21
- Jn 4, 43-54
Pour méditer
- Savons-nous faire confiance à la parole du Christ même lorsque nous ne voyons pas encore les signes de son action ?
- Acceptons-nous de croire que Dieu peut faire naître du neuf au cœur de nos épreuves ?
- Laissons-nous la Parole du Christ transformer notre regard sur le monde et sur notre vie ?






























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