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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 22
Des deux tentations — Combat spirituel, Victoire du Christ et Chemin de liberté dans l’Esprit de Bethléem

Des deux tentations — Combat spirituel, Victoire du Christ et Chemin de liberté dans l’Esprit de Bethléem

Le Carême est un temps de vérité où Dieu nous ramène au cœur du combat spirituel. En ce premier dimanche, la Parole nous met face à deux tentations décisives : celle d’Adam au commencement et celle du Christ au désert. Dans la simplicité de l’Esprit de Bethléem, nous contemplons aujourd’hui le chemin qui conduit de la chute à la vie.

Dans la première lecture, le livre de la Genèse nous raconte, dans un langage symbolique, le drame originel. Adam et Ève vivent dans la communion avec Dieu, mais le tentateur vient semer le doute : « Dieu a-t-il vraiment dit… ? » (Gn 3). La tentation promet une autonomie sans Dieu, un bonheur construit sans le Créateur. Séduits par cette illusion, nos premiers parents choisissent de se saisir eux-mêmes de la vie. Et aussitôt, tout se brise : la confiance disparaît, la peur naît, la relation se fracture. Ce choix entraîne une conséquence universelle : l’humanité se découvre blessée, séparée, incapable de se sauver par elle-même.

Saint Paul résume ce mystère dans la seconde lecture : « De même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’acte juste d’un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie » (Rm 5,18). Là où le premier Adam a cédé, un autre viendra tenir. Là où l’humanité a chuté, Dieu ouvre un chemin nouveau.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus au désert. Après quarante jours de jeûne, il affronte le tentateur. Trois fois, la tentation revient. D’abord celle du pain : utiliser sa puissance pour lui-même. « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répond : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). La vie ne vient pas de la possession, mais de la relation avec le Père.

Puis la tentation du spectaculaire : mettre Dieu à l’épreuve, chercher la gloire, forcer Dieu à agir. Jésus répond : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » (Mt 4,7). La confiance ne manipule pas Dieu, elle s’abandonne.

Enfin la tentation du pouvoir : dominer, posséder, régner selon la logique du monde. Jésus tranche : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte » (Mt 4,10). Le Royaume de Dieu n’est pas celui de la domination, mais de l’amour.

Ainsi, Jésus refuse d’utiliser sa filiation divine pour lui-même. Il choisit la fidélité, l’obéissance, l’amour du Père. Là où Adam s’est saisi de la vie, Jésus se donne. Là où l’homme a chuté, le Christ demeure. Et dans cette fidélité, il ouvre pour toute l’humanité le chemin de la réconciliation, de la vie, du salut.

Dans la spiritualité de Bethléem, nous reconnaissons notre propre combat. La tentation n’est pas d’abord extérieure, elle touche le cœur : vivre pour soi, chercher la sécurité, dominer, oublier Dieu. Mais le Christ nous montre la voie : vivre de la Parole, faire confiance, adorer Dieu seul, se donner par amour. Le Carême devient alors un chemin de liberté. Non pas un combat solitaire, mais une marche avec le Christ. En lui, la tentation n’a pas le dernier mot. En lui, la fidélité devient possible. En lui, la vie renaît.

Marchons avec lui au désert. Écoutons la Parole. Choisissons Dieu.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui as vaincu la tentation dans la fidélité au Père,
apprends-nous le combat du cœur.

Lorsque nous vacillons, soutiens-nous.
Lorsque nous doutons, éclaire-nous.
Lorsque nous cherchons nous-mêmes, ramène-nous à toi.

Donne-nous un cœur simple et fidèle
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur qui écoute la Parole,
un cœur qui fait confiance,
un cœur qui adore Dieu seul.

Conduis-nous sur le chemin de la liberté
et fais grandir en nous la vie nouvelle.
Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

   En ce temps-là,
    Jésus fut conduit au désert par l’Esprit
pour être tenté par le diable.
        Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits,
il eut faim.
    Le tentateur s’approcha et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
    Mais Jésus répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

    Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,
le place au sommet du Temple
    et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et :    Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
    Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

    Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
    Il lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai,
si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
    Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan !
car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte. »

    Alors le diable le quitte.
Et voici que des anges s’approchèrent,
et ils le servaient.

Références bibliques

  • Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a
  • Rm 5, 12-19
  • Mt 4, 1-11

Pour méditer

  • Dans quelles tentations reconnaissons-nous aujourd’hui notre propre combat intérieur : la recherche de sécurité, de pouvoir ou d’autonomie sans Dieu ?
  • Sur quoi fondons-nous réellement notre vie : sur nos propres forces ou sur la Parole qui vient de Dieu ?
  • Acceptons-nous de laisser le Christ transformer notre manière de désirer, de choisir et d’aimer ?