Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 01
Sainte Marie, Mère de Dieu — l’humilité qui porte le salut du monde

Sainte Marie, Mère de Dieu — l’humilité qui porte le salut du monde

Huit jours après Noël, l’Église nous invite à revenir à la crèche pour y contempler une présence silencieuse et décisive : Marie. En célébrant Sainte Marie, Mère de Dieu, nous entrons plus profondément dans le mystère de l’Incarnation, là où Dieu choisit de se faire proche à travers le consentement humble d’une femme. En ce premier jour de l’année, la Parole de Dieu nous confie un chemin de paix et de confiance.

Le jour de Noël, les bergers ont découvert l’Enfant Jésus couché dans la mangeoire, et auprès de lui, sa Mère. Ils ont vu une jeune femme pauvre, gardienne d’un nouveau-né fragile. Mais ils ont aussi entendu l’annonce de l’ange : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2,11). Ce contraste est saisissant : la pauvreté visible de l’enfant et la grandeur invisible du mystère.

Saint Luc nous précise que les bergers racontèrent à Marie ce qui leur avait été révélé. Et Marie, loin de répondre par des paroles, “retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur” (Lc 2,19). Elle ne cherche ni à expliquer ni à maîtriser. Elle accueille, elle garde, elle laisse mûrir. Huit jours après Noël, l’Église nous invite à contempler précisément cette attitude intérieure, en célébrant Marie sous son titre le plus profond et le plus audacieux : Mère de Dieu.

La bénédiction du livre des Nombres (Nb 6,22-27) ouvre l’année sous le signe de la paix : « Que le Seigneur te bénisse et te garde… qu’il te donne la paix. » Cette paix n’est pas abstraite. Elle est donnée à travers une présence. En Marie, cette bénédiction prend chair. Elle devient le lieu par lequel Dieu fait passer sa paix au monde. La maternité de Marie s’inscrit ainsi dans la longue attente d’Israël : Dieu n’abandonne pas son peuple, il le bénit en lui donnant son propre Fils.

Saint Paul l’exprime avec sobriété et force : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme » (Ga 4,4). Cette phrase simple contient tout le mystère de ce jour. Le salut ne descend pas du ciel comme une idée ou une loi nouvelle. Il naît d’une femme. En reconnaissant Marie comme Mère de Dieu, l’Église affirme une vérité essentielle : celui qu’elle enfante est pleinement homme et pleinement Dieu. Ce titre ne dit pas d’abord quelque chose sur Marie, mais sur Jésus. Il protège la foi en l’Incarnation réelle, concrète, charnelle.

Dans l’Évangile selon saint Luc (Lc 2,16-21), Marie apparaît comme la femme de la mémoire. Tandis que les bergers repartent en glorifiant Dieu, Marie demeure, intérieurement habitée par le mystère. Elle ne comprend pas tout, mais elle fait confiance. Elle ne possède pas la vérité, elle la porte. Huit jours après la naissance, l’enfant reçoit le nom de Jésus, « Dieu sauve ». Marie accompagne ce geste d’obéissance à la Loi, montrant que la nouveauté radicale de Dieu ne détruit pas l’histoire, mais l’accomplit de l’intérieur.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, Marie est une figure centrale. Elle nous apprend que Dieu agit dans le silence, dans la pauvreté consentie, dans la fidélité quotidienne. Être Mère de Dieu ne l’a pas placée au-dessus de l’humanité, mais au cœur même de sa fragilité. Marie ne brille pas par des actions spectaculaires. Elle accueille. Elle garde. Elle médite. Elle laisse Dieu être Dieu. Elle nous montre que la vraie grandeur ne consiste pas à maîtriser le mystère, mais à lui faire de la place.

En ce premier jour de l’année, Marie nous enseigne un chemin précieux : commencer non par des projets bruyants, mais par une disponibilité intérieure ; non par la performance, mais par l’écoute ; non par la peur de l’avenir, mais par la confiance. En célébrant Sainte Marie, Mère de Dieu, nous sommes invités à lui confier notre année nouvelle. À l’imiter dans sa manière d’accueillir la vie telle qu’elle vient. À devenir, à notre tour, des lieux où Dieu peut prendre chair — dans nos familles, nos communautés, notre mission.

Prière du jour

Sainte Marie, Mère de Dieu,
toi qui as porté le Sauveur dans la simplicité et la foi,
apprends-nous à garder la Parole dans nos cœurs.
Aide-nous à commencer cette année
dans la paix, la confiance et l’humilité.
Que nos vies deviennent un espace
où Dieu peut encore naître pour le monde.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Références bibliques

  • Nb 6, 22-27
  • Ga 4, 4-7
  • Lc 2, 16-21

 

 

Pour méditer

  • Avec Marie, savons-nous accueillir les événements sans tout comprendre ?
  • Laissons-nous la paix de Dieu habiter le commencement de cette année ?
  • Comment pouvons-nous, à la suite de Marie, porter le Christ dans le quotidien ?