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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 28
Aimez vos ennemis — Perfection du cœur et Amour radical

Aimez vos ennemis — Perfection du cœur et Amour radical

La perfection habite le cœur de tout être humain. Elle est aussi le rêve de Dieu pour chacun de nous. En ce temps de Carême, la Parole nous révèle un chemin inattendu vers cette perfection : l’amour des ennemis.

Dans la première lecture, le livre du Deutéronome (Dt 26,16-19) rappelle l’appel solennel de Dieu à son peuple : marcher selon ses voies, garder ses commandements, vivre dans l’alliance. Dieu choisit son peuple pour qu’il devienne « un peuple consacré au Seigneur ». La sainteté n’est pas d’abord un idéal inaccessible, mais une relation vivante avec Dieu. Elle est fidélité, écoute, engagement du cœur. Être le peuple de Dieu signifie refléter son visage dans notre manière de vivre.

Dans l’Évangile, Jésus nous conduit plus loin encore. Au cœur du discours sur la montagne, après les Béatitudes, il révèle la profondeur de la Loi. « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5,43-44). Par ces paroles, Jésus ne contredit pas la Loi ancienne ; il en dévoile l’accomplissement. La justice qu’il propose ne se limite pas aux actes extérieurs. Elle descend au cœur.

Aimer ceux qui nous aiment est naturel. Jésus le rappelle : « Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5,46). Le donnant-donnant appartient à la logique humaine. Mais la logique de Dieu dépasse cette mesure. Dieu « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5,45). Son amour n’est pas conditionné par la réponse de l’homme. Il est gratuit.

Ainsi, aimer l’ennemi n’est pas une faiblesse ; c’est une participation à la manière d’aimer de Dieu. Il ne s’agit pas d’approuver le mal ni de renoncer à la justice, mais de refuser que la haine prenne racine dans le cœur. L’amour des ennemis est le sommet du chemin proposé par Jésus, car il nous rend « vraiment fils du Père ». Là se trouve la perfection : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48).

Dans l’Esprit de Bethléem, nous contemplons cette perfection sous un visage humble. Dieu ne s’impose pas par la force ; il se donne. L’Enfant de Bethléem révèle un amour vulnérable, désarmé, qui ne répond pas au mal par le mal. Aimer l’ennemi, c’est entrer dans cette logique divine, c’est laisser Dieu transformer nos réactions, purifier nos blessures, élargir notre cœur.

Le Carême nous invite à creuser ce commandement. Peut-être ne pouvons-nous pas tout changer immédiatement. Mais nous pouvons commencer par prier pour celui qui nous blesse. Nous pouvons choisir de ne pas nourrir la rancune. Nous pouvons demander à Dieu un cœur nouveau.

Ne craignons pas cette exigence. Le Christ marche devant nous. Il a aimé jusqu’au bout, même sur la croix. À sa suite, la perfection devient possible.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui nous révèles l’amour du Père,
apprends-nous à aimer comme toi.

Délivre-nous de la rancune et de la dureté.
Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de prier pour ceux qui nous blessent,
un cœur qui choisit la paix.

Fais grandir en nous ton amour,
afin que nous devenions vraiment
fils du Père.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

Références bibliques

  • Dt 26, 16-19
  • Mt 5, 43-48

Pour méditer

  • Lorsque nous sommes blessés, laissons-nous la rancune façonner notre cœur ou demandons-nous à Dieu de le transformer ?
  • Cherchons-nous seulement à aimer ceux qui nous aiment, ou osons-nous entrer dans la gratuité de l’amour de Dieu ?
  • Croyons-nous que la sainteté à laquelle Dieu nous appelle passe par ce pardon radical et cette prière pour nos ennemis ?