Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 02
Présentation du Seigneur au Temple

Présentation du Seigneur au Temple — Accueillir la Lumière qui éclaire nos vies et consacre nos cœurs

La fête de la Présentation du Seigneur au Temple nous place devant une question décisive : comment accueillons-nous la Lumière du monde lorsqu’elle se présente à nous dans l’humilité ? À travers l’Enfant Jésus porté au Temple, Dieu vient à la rencontre de son peuple, discrètement, patiemment, dans la fidélité. Cette fête est une invitation à reconnaître le salut là où il se donne, et à répondre par une obéissance habitée d’amour.

La liturgie de ce jour est toute entière marquée par le thème de la rencontre. Rencontre entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, entre l’attente et l’accomplissement, entre la promesse et sa réalisation. Dieu ne s’impose pas : il se donne, et il attend d’être reconnu.

Dans la première lecture, le prophète Malachie annonce une venue qui surprend : « Voici que j’envoie mon messager pour préparer le chemin devant moi, et soudain entrera dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3,1). Le Seigneur vient dans sa maison, mais sa venue n’est pas d’abord triomphale. Elle est purifiante, transformante, exigeante. Il vient comme un feu qui affine, non pour détruire, mais pour rendre juste, pour purifier le cœur et rétablir une relation vraie avec Dieu. La présence de Dieu n’est jamais neutre : elle éclaire et elle révèle.

L’Évangile selon saint Luc nous montre comment cette prophétie s’accomplit d’une manière totalement inattendue. Jésus est présenté au Temple comme tout premier-né d’Israël, dans l’obéissance à la Loi de Moïse. Rien d’extraordinaire en apparence : des parents pauvres, offrant le sacrifice des humbles, un enfant porté dans les bras. Et pourtant, c’est là que Dieu se manifeste.

Syméon et Anne apparaissent comme les sentinelles de l’espérance. Ils représentent ce peuple fidèle qui attend sans se lasser, qui espère sans se fermer. Animés par l’Esprit Saint, ils reconnaissent dans cet enfant le salut de Dieu. Syméon peut alors prononcer cette parole bouleversante : « Mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, lumière pour éclairer les nations ».

La lumière n’est pas un concept : elle est une personne. Elle se laisse tenir dans les bras. Elle se donne dans la fragilité. Mais cette lumière n’est pas seulement consolante : elle est aussi révélatrice. Syméon annonce à Marie que cet enfant sera un signe de contradiction et qu’un glaive transpercera son cœur. Accueillir la lumière du Christ, ce n’est pas seulement recevoir la paix ; c’est accepter qu’elle éclaire aussi nos zones d’ombre, qu’elle bouscule nos sécurités et qu’elle engage toute notre vie.

Dans cette scène, l’obéissance prend une place centrale. Marie et Joseph accomplissent ce que la Loi prescrit, non par contrainte, mais par fidélité aimante. Cette obéissance n’est pas soumission stérile : elle est offrande. Elle devient consécration. Jésus, dès son enfance, est présenté au Père. Toute sa vie sera marquée par ce mouvement : « Je fais toujours ce qui plaît à mon Père » (Jn 8,29), jusqu’à ce consentement ultime à Gethsémani : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Mc 14,36).

La spiritualité de l’Enfant de Bethléem éclaire profondément cette fête. À Bethléem déjà, Dieu s’est donné dans la pauvreté et le silence. Au Temple, il continue de se révéler sans éclat extérieur, dans la patience d’un enfant porté par des mains humaines. La lumière de Dieu ne force jamais l’entrée : elle attend un regard capable de voir, un cœur capable d’accueillir.

Cette fête devient alors un appel pour nous aujourd’hui. Accueillons-nous encore le Christ lorsqu’il vient discrètement dans notre quotidien ? Savons-nous reconnaître sa lumière dans la simplicité, dans l’attente, dans les médiations humbles de notre vie ? Acceptons-nous que cette lumière éclaire non seulement ce qui nous rassure, mais aussi ce qui doit être purifié, ajusté, transformé ?

La Présentation du Seigneur nous invite à offrir à Dieu non seulement ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. À déposer nos vies entre ses mains. À laisser la lumière entrer, même lorsqu’elle révèle. Et à répondre, comme Syméon, par une paix profonde : celle de celui qui a vu le salut.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Lumière venue éclairer les nations,
apprends-nous à t’accueillir dans l’humilité et la confiance.

Dans l’esprit de Bethléem,
ouvre nos yeux pour reconnaître ta présence discrète,
ouvre nos cœurs pour consentir à ton œuvre en nous.

Fais de notre obéissance une offrande d’amour,
et de notre attente un chemin de paix.
Que nos vies deviennent un lieu de rencontre
où ta lumière peut demeurer.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi: Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur: un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant: « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples: lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Références bibliques

  • Ml 3, 1-4 ou He 2, 14-18
  • Lc 2, 22-40

 

Pour méditer

  • Sommes-nous encore capables d’attendre Dieu avec patience, comme Syméon et Anne, ou voulons-nous des signes immédiats et éclatants ?
  • Comment accueillons-nous la lumière du Christ lorsqu’elle révèle nos fragilités et appelle une conversion intérieure ?
  • Dans quels aspects de notre vie sommes-nous invités à vivre une obéissance libre et joyeuse, comme une véritable offrande à Dieu ?