Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Nov 28
Les paroles qui ne passent pas : Quand Dieu nous apprend à voir le Royaume qui grandit

Les paroles qui ne passent pas : Quand Dieu nous apprend à voir le Royaume qui grandit

Il y a des réalités qui s’effacent, et d’autres qui demeurent. Il y a des paroles humaines — fragiles, changeantes — et une Parole divine qui traverse les siècles sans perdre un souffle de vie. Aujourd’hui, Jésus nous apprend à regarder le monde non avec la peur de la fin, mais avec l’attention paisible de celui qui discerne les signes du Royaume déjà à l’œuvre.

En ces derniers jours de l’année liturgique, l’Église nous fait entrer dans une atmosphère particulière : le Seigneur conclut son discours sur la fin des temps. Non pour nourrir la peur, mais pour éveiller notre vigilance. Jésus ne nous invite pas à scruter frénétiquement le ciel pour y chercher des signes inquiétants. Il nous invite à lire le réel autrement : à devenir des guetteurs de la vie, des lecteurs du Royaume en germination.

La première lecture (Dn 7,2-14) nous plonge dans l’univers des visions prophétiques. Daniel voit des bêtes gigantesques surgir de la mer — image du chaos, des puissances humaines qui se déchaînent, des royaumes qui s’imposent les uns contre les autres. Puis, soudain, la scène bascule : « un fils d’homme » s’avance vers « l’Ancien des jours », et à lui est donnée une royauté éternelle qui ne passera pas.

Cette vision ne cherche pas à décrire l’avenir comme un scénario de film catastrophe. Elle révèle que, derrière le tumulte apparent de l’histoire, une autre réalité se déploie : Dieu établit un Royaume qui ne dépend pas des régimes ni des empires. Les puissances humaines montent et s’effondrent, mais la souveraineté du Fils de l’homme demeure. Dans les secousses du monde, Daniel apprend à reconnaître la solidité du dessein de Dieu.

Jésus reprend cette logique dans l’Évangile (Lc 21,29-33) avec une image toute simple : le figuier. « Quand vous voyez les bourgeons, vous savez que l’été est proche. De même, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche. » Il ne dit pas : « Ayez peur. » Il dit : « Regardez bien. »

Il nous apprend à lire les événements non avec panique, mais avec espérance ; non comme un effondrement, mais comme un enfantement. Même lorsque tout semble s’assombrir, le Royaume travaille la terre du monde en silence. Jésus conclut par une parole qui devrait devenir notre rocher : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. »

Tout peut changer autour de nous — nos sécurités, nos projets, nos repères — mais la Parole du Christ garde sa force de vie. Elle ne se démode pas, ne s’affaiblit pas, ne s’éteint pas. Elle est la seule réalité stable dans un monde mouvant.

Dans notre spiritualité, cette parole indestructible prend un visage : celui de l’Enfant de Bethléem. La Parole éternelle de Dieu ne descend pas sur terre comme un tonnerre, mais comme un nouveau-né. Une Parole qui ne passe pas… et que pourtant on peut tenir dans ses bras.

Bethléem nous enseigne que la fidélité à l’Évangile n’est pas d’abord un savoir, mais une présence. Ce n’est pas d’avoir des réponses, mais de garder au cœur la petite flamme du Royaume qui grandit. La Parole de Dieu devient un souffle qui réchauffe la nuit, un murmure qui oriente nos pas, une lumière qui nous apprend à discerner.

La crèche nous apprend aussi que Dieu ne s’impose jamais : sa Parole se propose, humblement, délicatement. Elle demande un cœur attentif, une veille douce, un regard ouvert.

Alors que Jésus invite à « relever la tête », il nous appelle à une attitude intérieure très simple :

  • Nous laisser nourrir chaque jour par sa Parole.
  • Laisser cette Parole éclairer notre manière de lire les événements.
  • Discerner les bourgeons du Royaume dans notre vie : une réconciliation, un pardon donné, une fidélité qui tient, une paix retrouvée.
  • Ne pas nous laisser envahir par les discours de peur.
  • Choisir la confiance : la Parole de Dieu tient ses promesses.

Parce que ce qui demeure vraiment, ce n’est pas ce que nous construisons de nos mains — c’est ce que Dieu construit en nous.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Toi dont la Parole ne passe pas,
garde notre cœur éveillé à ta présence.

Apprends-nous à discerner tes signes
au milieu des événements qui nous troublent.
Délivre-nous des peurs qui ferment,
et ouvre en nous un espace de confiance et de lumière.

Enfant de Bethléem,
toi qui viens dans la douceur,
fais grandir en nous l’amour des biens éternels.
Que ta Parole habite nos pensées,
guide nos choix,
et tienne debout nos vies.

Que l’Esprit Saint nous rende fidèles,
vigiles du Royaume,
porteurs d’une espérance qui ne s’efface jamais.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
    Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
    De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche.
    Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
sans que tout cela n’arrive.
    Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas. »

Pour lire les lectures du jour, consultez AELF – 28 novembre 2025.

 


Références bibliques

  • Dn 7, 2-14
  • Lc 21, 29-33

 

Pour méditer

  • Quels sont les “bourgeons” du Royaume que nous voyons déjà dans notre vie ?
  • Quels événements nous invitent à relire notre histoire à la lumière de la Parole ?
  • Comment nourrir chaque jour en nous l’attention à la Parole qui demeure ?