CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Avr 15

Ô nuit qui rend la lumière

Lectures du samedi 16 avril 2022 (veillée pascale)

«Ainsi, la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes. (…) À sa lumière, marche vers la splendeur.» (Ba 3,38.4,2)

Le poème des quatre nuits est un Targum ou commentaire juif de l’Exode, qui a vraisemblablement inspiré la liturgie de la veillée Pascale. Ce poème développe le concept de nuit sainte et en retient quatre qui ont particulièrement compté dans l’histoire du monde et d’Israël.

La première de ces quatre nuits est celle de la création dont nous entendons le récit au premier chapitre de la Genèse. Lors de cette nuit, Dieu se manifesta au monde, qui n’était que chaos au milieu des ténèbres, pour le créer. Dieu illumina cette nuit et la nomma première.

Puis, le poème raconte qu’au moment où Abraham s’apprêtait à sacrifier son fils Isaac, les cieux s’abaissèrent sur l’autel. Isaac y contempla alors de telles perfections, qu’elles lui obscurcirent les yeux : seconde nuit.

Après avoir rappelé la première Pâques, où Dieu libéra son peuple d’Égypte, le poème annonce la quatrième nuit, celle au cours de laquelle le messie doit venir. Pour nous, cette nuit la plus importante de toutes trouve aujourd’hui son accomplissement en Jésus, lorsqu’il ressuscite des morts. Et en cette nuit de pur bonheur sont récapitulées toutes les autres nuits.

En effet, elle est la création nouvelle où s’unissent ciel et terre, où l’homme rencontre Dieu. Le cierge pascal allumé ce soir constitue le sacrifice saint et parfait que le Père reçoit de l’Église : la lumière vainc une fois pour toutes des ténèbres. Enfin, cette nuit marque la libération de tous ceux qui ont mis leur foi dans le Christ, en les arrachant au monde aveuglé par le mal. Jésus, l’astre du matin qui ne connaît pas de couchant, brise les liens de la mort, et consacre dans cette nuit, le triomphe définitif de la vie.

Gn 1,1 – 2,2 / Gn 22, 1-18 / Ex 14,15 – 15,1a / Is 54, 5-14 / Is 55, 1-11 /
Ba 3, 9-15.32- 4, 4 / Ez 36, 16-17a.18-28 / Rm 6, 3b-11 / Lc 24, 1-12