Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 25
Aurore resplendissante — Quand la lumière de Dieu se lève là où nous ne l’attendions plus

Aurore resplendissante — Quand la lumière de Dieu se lève là où nous ne l’attendions plus

Il existe des aurores qui ne ressemblent pas aux autres. Certaines se lèvent dans la douceur, d’autres au cœur des nuits les plus épaisses. L’Évangile de ce dimanche nous révèle une lumière de cette seconde nature : une clarté qui surgit précisément là où l’ombre semblait installée depuis trop longtemps. Jésus commence sa vie publique non pas au centre, mais au bord ; non pas dans les lieux réputés saints, mais dans une région marquée par l’histoire, la souffrance, l’exil. Et c’est là que la lumière jaillit.

Lorsque Jésus quitte la Judée pour s’installer à Capharnaüm, au bord du lac, rien ne semble extraordinaire. Mais Matthieu ouvre nos yeux : cette terre, celle de Zabulon et de Nephtali, avait été envahie, humiliée, dévastée. C’était une région où Israël avait appris ce que signifie vivre loin de Jérusalem, loin de la sécurité, loin de ce que l’on croit être la proximité de Dieu. Isaïe, pourtant, avait annoncé une promesse : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1). L’évangéliste reconnaît immédiatement en Jésus cette lumière promise. Là où l’humiliation avait dominé, Dieu fait resplendir une aurore.

Et cette lumière n’est pas un simple réconfort : elle porte un appel. Jésus reprend la parole de Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. » Loin d’être une menace, cette invitation est une direction. La lumière ne s’impose pas : elle nous montre un chemin. Autrement dit : « Dieu est déjà tout près. Tournez-vous vers Lui. Laissez-Le entrer. »

Cette proximité bouleverse. Elle demande un mouvement intérieur, un déplacement du cœur. Beaucoup attendaient un messie puissant, un réformateur politique, un libérateur extérieur. Mais la vraie délivrance commence à l’intérieur : un changement de regard, de désir, de route.

Dans l’Évangile, Jésus marche au bord du lac et pose son regard sur des hommes ordinaires : Simon, André, Jacques et Jean. Rien ne les destinait à devenir des piliers de l’Église. Pourtant, à la simple parole « Venez à ma suite », ils laissent tout. Ils quittent leurs sécurités, leurs filets, leurs habitudes, parce qu’une lumière plus forte les attire. Leur réponse inaugure l’Église : une communauté née d’un appel et d’une confiance.

Ainsi, la prophétie d’Isaïe, l’appel des premiers disciples et la mission de Jésus convergent vers une seule révélation : Dieu fait lever sa lumière là où nous pensions qu’il ne se passerait plus rien. Sa venue ne dépend pas de nos mérites, ni de notre préparation, ni de nos forces. Elle dépend de son amour, qui choisit toujours les lieux pauvres, les régions blessées, les cœurs disponibles.

La spiritualité de Bethléem nous aide à comprendre cette logique divine. À Bethléem aussi, la lumière ne surgit pas dans un palais, mais dans une étable. Elle ne éclaire pas des puissants, mais des bergers. Elle ne se manifeste pas dans l’évidence, mais dans la fragilité d’un enfant. L’Enfant de Bethléem est cette aurore surprenante : Dieu commence dans le petit, dans le discret, dans l’humble. Il illumine ce qui semblait insignifiant. Il redonne vie à ce qui paraissait perdu.

Aujourd’hui encore, cette lumière cherche un espace pour se lever en nous. Peut-être avons-nous des zones de notre vie qui ressemblent à Zabulon et Nephtali : des lieux d’échec, de fatigue, d’incompréhension, de blessures anciennes. Peut-être avons-nous des routines qui ressemblent aux filets des pêcheurs : nécessaires, mais parfois incapables d’accueillir la nouveauté. Peut-être avons-nous un cœur couvert de brouillards, incapable de discerner l’horizon.

Mais la Parole de Dieu nous assure : la lumière peut se lever là, précisément là. Là où nous n’attendions plus rien. Là où nous pensions que Dieu était absent. Là où nous avions cessé d’espérer. Laissons cette aurore nous rejoindre. Acceptons d’entendre, nous aussi, la parole de Jésus : « Convertis ton regard. Change de route. Le Royaume est très proche. » Et osons répondre comme les premiers disciples : non pas parce que nous sommes prêts, mais parce que Dieu, lui, est déjà là.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui fais se lever la lumière
au milieu de nos ténèbres,
ouvre en nous un espace pour ton aurore.
Dans l’humilité de Bethléem,
viens éclairer nos zones d’ombre,
viens réveiller nos cœurs fatigués,
viens nous appeler à marcher derrière toi
sur les chemins simples du Royaume.
Fais de nous des porteurs de lumière,
pour que d’autres, en nous voyant,
puissent croire que l’aurore se lève encore.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
    Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
    C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
    Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
    Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
    À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »

Références bibliques

  • Is 8, 23b – 9, 3
  • 1 Co 1, 10-13.17
  • Mt 4, 12-23

Pour méditer

  • Nous laissons-nous encore surprendre par la lumière de Dieu, ou pensons-nous déjà savoir où et comment il devrait se manifester dans nos vies ?
  • Quelles sont, en nous, nos « terres de Zabulon et de Nephtali » : ces zones de fatigue, de lassitude ou d’échec où nous n’attendons plus rien… et où le Christ veut pourtant faire lever son aurore ?
  • Comme Simon, André, Jacques et Jean, acceptons-nous de quitter certains « filets » – habitudes, sécurités, schémas – pour suivre l’appel discret mais pressant de Jésus sur nos chemins ordinaires ?