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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 22
La résurrection des cœurs — De la mort intérieure à la vie nouvelle dans le Christ, source d’espérance et de renouveau

La résurrection des cœurs — De la mort intérieure à la vie nouvelle dans le Christ, source d’espérance et de renouveau

À quelques jours de la Semaine Sainte, la Parole de Dieu nous ouvre déjà une lumière d’espérance : celle de la vie plus forte que la mort. Avant même la Passion, l’Évangile nous fait contempler un signe puissant qui annonce la victoire du Christ.

À travers ces lectures, nous sommes invités à redécouvrir ce que Dieu accomplit en nous : une véritable résurrection du cœur.

Dans la première lecture, tirée du livre du prophète Ézéchiel, Dieu s’adresse à un peuple éprouvé, marqué par l’exil et le désespoir. Le prophète reçoit une vision saisissante : celle d’ossements desséchés, symbole d’un peuple sans vie, sans espérance. Et pourtant, Dieu annonce : « Voici que j’ouvre vos tombeaux… je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37,12.14).

Ce passage est une promesse de vie. Dieu ne se contente pas de consoler : il recrée. Il fait surgir la vie là où tout semblait perdu. Il annonce déjà une résurrection, non seulement future, mais aussi intérieure.

Dans la lettre de saint Paul aux Romains, cette promesse se précise encore. L’apôtre rappelle que « l’Esprit de Dieu habite en nous » (Rm 8,9) et que cet Esprit est source de vie. « Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels » (Rm 8,11). La vie nouvelle n’est pas seulement pour plus tard : elle commence déjà en nous, lorsque nous vivons selon l’Esprit.

C’est dans cette lumière que nous entrons dans l’Évangile selon saint Jean, avec le récit bouleversant de la résurrection de Lazare. Jésus apprend la maladie de son ami, mais il attend. Ce retard peut sembler incompréhensible, mais il ouvre un espace pour la foi. « Cette maladie est pour la gloire de Dieu » (Jn 11,4).

Lorsque Jésus arrive, Lazare est déjà au tombeau depuis quatre jours. Marthe et Marie expriment leur douleur : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Leur foi est réelle, mais encore limitée. Alors Jésus prononce une parole décisive : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25). Il ne parle pas seulement d’un événement futur : il se révèle lui-même comme la source de la vie. Puis, devant le tombeau, Jésus est bouleversé, il pleure. Dieu partage pleinement notre souffrance. Mais il ne s’arrête pas là. Il crie : « Lazare, viens dehors ! » (Jn 11,43). Et le mort sort.

Ce signe est immense. Il annonce déjà la Résurrection du Christ. Mais il dit aussi quelque chose de notre propre vie. Car il existe en nous des formes de mort : le péché, le découragement, la perte d’espérance, cette fatigue intérieure qui nous empêche de vivre pleinement.

Dans l’esprit de la spiritualité de Bethléem, cette parole prend une profondeur particulière. Dieu ne vient pas d’abord dans la puissance, mais dans la proximité. Comme à Bethléem, il rejoint notre pauvreté, nos limites, nos zones d’ombre. Et c’est là qu’il fait naître la vie.

La résurrection du cœur est possible dès aujourd’hui. Chaque fois que nous nous tournons vers le Christ, chaque fois que nous accueillons sa grâce, chaque fois que nous recevons les sacrements, une vie nouvelle peut jaillir en nous. Dans le sacrement de la réconciliation, Dieu relève ce qui était tombé. Dans l’Eucharistie, il nous donne sa propre vie. Dans l’onction, il vient guérir et fortifier. À chaque rencontre avec Dieu, quelque chose en nous peut renaître.

À l’approche de Pâques, la Parole de Dieu nous adresse cet appel : sortir de nos tombeaux intérieurs. Laisser le Christ venir nous relever. Oser croire que la vie est possible, même là où nous ne l’attendons plus.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui es la résurrection et la vie,

viens rejoindre nos cœurs
là où ils sont blessés, fatigués ou enfermés.

Appelle-nous par notre nom
et fais-nous sortir de nos tombeaux intérieurs.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable d’accueillir ta vie
et de croire en ta promesse.

Que ton Esprit ravive en nous
la foi, l’espérance et l’amour,
et nous conduise vers la vie nouvelle.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

   En ce temps-là,
    il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
    Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
    Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
    En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
    Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
    Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
    Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
    Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
    Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
    mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
    Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
    Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
    Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
    Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
    et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
    Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

    À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
    Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
    beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
    Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
    Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
    Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
    Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
    Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
    Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
    quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
    Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

    Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
    Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
    Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
    Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
    Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
    Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
    et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
    Alors Jésus se mit à pleurer.
    Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
    Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

    Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
    Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
    Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
    Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
    Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
    Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
    Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

Références bibliques

  • Ez 37, 12-14
  • Rm 8, 8-11
  • Jn 11, 1-45

Pour méditer

  • Quelles sont les “zones mortes” de nos vies que nous avons besoin de confier au Christ ?
  • Croyons-nous vraiment que Jésus peut faire renaître la vie en nous aujourd’hui ?
  • Comment accueillons-nous la grâce des sacrements comme source de vie nouvelle ?