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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 30
La sainteté malgré les faiblesses — Quand la miséricorde de Dieu fait grandir le Royaume dans nos pauvretés

La sainteté malgré les faiblesses — Quand la miséricorde de Dieu fait grandir le Royaume dans nos pauvretés

Nous aimerions croire que la sainteté appartient à ceux qui ne tombent jamais. Pourtant, la Parole de Dieu nous montre aujourd’hui tout autre chose : Dieu fait grandir son œuvre au cœur même de la fragilité humaine. Là où le péché blesse, sa miséricorde continue de semer la vie — humblement, patiemment, fidèlement.

Dans la première lecture (2 S 11, 1-4a.5-10a.13-17), l’Écriture nous présente un contraste saisissant. Celui qui, hier encore, priait avec reconnaissance et louait Dieu pour sa fidélité — le roi David — apparaît aujourd’hui sous un jour sombre. Le texte raconte sa chute : le regard qui se laisse entraîner, l’adultère avec Bethsabée, la dissimulation, puis la manœuvre qui conduit à la mort d’Urie. La Parole ne maquille pas la faute. Elle ne protège pas la réputation du “grand roi”. Elle dit la vérité.

Ce réalisme biblique est une grâce. Il nous rappelle que même les figures choisies, ointes, bénies, ne sont pas exemptes de chutes graves. La sainteté biblique n’est jamais une perfection morale sans faille : elle est une histoire de relation avec Dieu, souvent traversée de ruptures, de repentirs et de relèvements. Le péché de David est réel — mais il n’a pas le dernier mot. Dieu ne retire pas sa promesse. Le projet de salut ne s’arrête pas. La miséricorde continue d’écrire l’histoire.

L’Évangile selon saint Marc (Mc 4, 26-34) vient alors éclairer ce mystère par deux paraboles du Royaume. Jésus compare d’abord le règne de Dieu à un homme qui jette la semence en terre : « nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment ». Il y a là une révélation décisive : la croissance du Royaume ne dépend pas uniquement de la performance humaine. Quelque chose de plus profond agit — une force de vie déposée par Dieu lui-même.

Puis Jésus parle de la graine de moutarde : « la plus petite de toutes les semences », et pourtant appelée à devenir un grand arbuste où les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid. À vue humaine, le commencement est insignifiant : une poignée de disciples, un enseignement contesté, une œuvre fragile. Et pourtant, Dieu fait croître ce qui semble trop petit. Le Royaume n’avance pas par éclat, mais par germination.

Ces paraboles répondent indirectement au scandale que peut provoquer la chute de David — et nos propres chutes. Oui, le péché existe. Oui, la faiblesse est réelle. Mais le Royaume de Dieu ne s’identifie pas à la perfection de ses serviteurs : il s’enracine dans la fidélité de Dieu. La semence continue de pousser, même dans une terre blessée, dès lors qu’elle n’est pas définitivement fermée.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette vérité devient profondément consolante. À Bethléem, Dieu commence dans la petitesse, la fragilité, la précarité. Il ne choisit pas un monde prêt, mais un monde blessé. Il ne cherche pas une humanité parfaite, mais une humanité ouverte. La crèche dit déjà que Dieu sait travailler avec notre pauvreté. Il ne l’approuve pas — mais il ne s’en détourne pas. Il y dépose sa vie.

Nous découvrons alors que la sainteté n’est pas d’abord l’absence de faiblesse, mais la persévérance de l’accueil. C’est laisser Dieu continuer de semer en nous, même après nos chutes. C’est consentir à être relevés. C’est croire que la grâce peut croître plus loin que nos fautes.

Aujourd’hui, nous sommes invités à quitter deux illusions : nous décourager de nos fragilités, et juger définitivement celles des autres. Le Royaume pousse souvent là où nous pensions qu’il n’y avait plus rien à attendre. Notre tâche n’est pas de produire la vie — mais d’offrir la terre. Demeurer disponibles. Revenir. Recevoir. Recommencer.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui fais grandir ton Royaume
dans la discrétion et la patience,
viens visiter nos fragilités.

Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous à ne pas désespérer de nous-mêmes,
ni des autres.

Sème encore ta Parole en nos cœurs,
relève-nous de nos chutes,
et fais mûrir en nous
les fruits de ta miséricorde.
Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus disait aux foules :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme
qui jette en terre la semence :
    nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
    D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
    Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »

    Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
    Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
    Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

    Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
    Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Références bibliques

  • 2 S 11, 1-4a.5-10a.13-17
  • Mc 4, 26-34

 


Pour méditer

  • Nous souvenons-nous que Dieu peut continuer son œuvre même après nos fautes ?
  • Acceptons-nous d’être une terre en travail plutôt qu’une terre parfaite ?
  • Laissons-nous la miséricorde de Dieu relever notre histoire concrète ?