Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Nov 24
La véritable offrande : Quand le don devient un cœur ouvert

La véritable offrande : Quand le don devient un cœur ouvert

Il existe des gestes qui brillent aux yeux du monde, et d’autres qui ne brillent qu’aux yeux de Dieu. Certains donnent beaucoup… et ne donnent presque rien. D’autres donnent presque rien… et donnent tout. La Parole d’aujourd’hui nous conduit au cœur d’un mystère simple et pourtant renversant : Dieu ne regarde pas la quantité de ce que nous offrons, mais la qualité de notre cœur. Et l’Évangile nous révèle qu’une offrande véritable n’est pas une question de mesure, mais de vérité intérieure.

Le Livre de Daniel (Dn 1,1-6.8-20) nous plonge dans l’expérience de jeunes exilés déportés à Babylone. Arrachés à leur terre, à leurs traditions, à leur Temple, ils se retrouvent plongés dans un univers étranger, puissant, séducteur. Le roi Nabuchodonosor veut faire d’eux une élite, formée à la sagesse babylonienne, nourrie à sa table, façonnée selon ses valeurs.

Daniel, pourtant, « eut à cœur de ne pas se souiller ». Il refuse de manger les mets royaux, non par mépris, mais par fidélité intérieure. Il protège un espace secret dans son cœur, un lieu où Dieu demeure souverain. Rien ne l’y obligeait ; personne ne l’aurait su ; mais Daniel sait à qui appartient sa vie. Sa “petite” résistance, humble et discrète, devient une offrande authentique. Elle est le signe que son cœur ne se laisse pas posséder.

Cette fidélité attire la bénédiction : Dieu lui donne sagesse, intelligence, lucidité, et une capacité de discernement supérieure à tous les sages de Babylone. La véritable offrande n’appauvrit jamais : elle ouvre, elle élargit, elle féconde.

Dans l’Évangile selon saint Luc (Lc 21,1-4), Jésus observe les gens qui déposent leur offrande dans le Trésor du Temple. Les riches donnent des sommes importantes — et chacun le voit. C’est un geste public, presque un spectacle religieux. Tout y est : l’abondance, la générosité apparente, la reconnaissance sociale.

Puis une veuve arrive. Elle dépose deux petites pièces de rien du tout. À peine une respiration d’argent. À peine audible. Un geste que personne ne remarque. Personne… sauf Jésus.

Et Jésus prononce cette parole qui inverse toutes nos façons de mesurer : « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. » Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas donné de son superflu. Elle a donné de son indigence. Elle n’a pas donné ce qu’elle avait. Elle a donné ce qu’elle était.

La véritable offrande n’est jamais une question de quantité. Elle est la vérité d’un cœur qui se donne. Elle est la liberté intérieure de celui qui ne garde rien pour lui. Jésus révèle ici un principe spirituel décisif : Dieu ne regarde pas ce que nous donnons, mais ce que nous gardons. Ce que nous gardons, c’est ce qui révèle où se trouve vraiment notre cœur.

Dans la spiritualité de Bethléem, ce passage prend une dimension toute particulière. Car à Bethléem, Dieu n’offre pas quelque chose : il s’offre lui-même. Il ne donne pas un signe, une idée ou un symbole. Il se donne en personne. Il se donne dans une fragilité désarmante. Il se donne sans rien garder : ni richesse, ni sécurité, ni privilège.

L’Enfant de la crèche est la première « pauvre offrande » de Dieu. Un Dieu qui se fait petit pour que personne ne se sente trop pauvre pour s’approcher de Lui. Un Dieu qui ne garde rien pour lui, pas même sa divinité, mais la dépose dans une mangeoire. La veuve offre deux pièces. Dieu, à Bethléem, offre son cœur. Et si Jésus admire cette femme, c’est parce qu’elle lui ressemble : pauvre, simple, libre, offerte.

Nous donnons souvent des choses : du temps, un service, un geste, un peu d’argent, un sourire… Tout cela est bon. Mais la Parole de Dieu nous invite à aller plus loin : donner ce que nous gardons encore jalousement :

  • un pardon que nous retenons
  • un temps que nous hésitons à offrir
  • une blessure que nous refusons d’ouvrir à Dieu
  • une sécurité à laquelle nous nous agrippons
  • une générosité que nous limitons par prudence

Une véritable offrande n’appauvrit jamais : elle libère. Elle nous élargit. Elle nous désencombre. Elle nous rend disponibles.

Aujourd’hui, l’Évangile nous invite à entrer dans cet “esprit du don” que sainte Thérèse résume si bien : « Aimer, c’est tout donner. » Non pas donner beaucoup, mais donner vrai.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Toi qui regardes le cœur avant les apparences,
apprends-nous la simplicité de la pauvre veuve.
Délivre-nous de la peur de manquer
et ouvre en nous un espace où ta lumière puisse entrer.

Enfant de Bethléem,
fais-nous goûter la joie d’un cœur qui se donne sans calcul.
Purifie nos intentions,
élargis notre générosité,
et fais de notre vie une offrande vraie,
pauvre peut-être, mais entièrement donnée.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme Jésus enseignait dans le Temple,
    levant les yeux, il vit les gens riches
qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
    Il vit aussi une veuve misérable
y mettre deux petites pièces de monnaie.
    Alors il déclara :
« En vérité, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.
    Car tous ceux-là, pour faire leur offrande,
ont pris sur leur superflu
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Pour lire les lectures du jour, consultez AELF – 24 novembre 2025.


Références bibliques

  • Dn 1, 1-6.8-20
  • Lc 21, 1-4