Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 24
La porte du cœur — Quand la Parole trouve un chemin au milieu des tempêtes

La porte du cœur — Quand la Parole trouve un chemin au milieu des tempêtes

Il existe des jours où la vie semble ne nous offrir que des mauvaises nouvelles. La liturgie d’aujourd’hui en porte la couleur : un deuil douloureux dans la première lecture, l’incompréhension et le jugement dans l’Évangile. Pourtant, au cœur même de ces passages sombres, une lumière discrète se lève. Comme il est dit dans les Actes : « Ouvre notre cœur, pour qu’il recherche avec amour les paroles de ton Fils » (Ac 16,14). Le vrai lieu où Dieu parle, où la paix naît, où la vie recommence, c’est le cœur ouvert. La Parole de Dieu n’empêche pas les épreuves ; elle offre la force de les traverser.

Dans le deuxième livre de Samuel, David apprend la mort de Saül et de Jonathan. Saül, celui qui l’avait poursuivi ; Jonathan, l’ami fidèle, l’âme fraternelle. Deux morts, et une seule blessure, profonde. La réaction de David est bouleversante : il ne se ferme pas. Il ne se durcit pas. Il déchire ses vêtements, il pleure, il jeûne, mais il demeure tourné vers Dieu. Sa peine ne devient pas un mur ; elle devient un lieu où Dieu peut encore entrer. La Parole divine, entendue et méditée depuis longtemps, garde son cœur vivant au milieu du deuil. David nous enseigne qu’une douleur accueillie devant Dieu devient une ouverture, jamais un enfermement.

L’Évangile, lui, nous montre Jésus au milieu d’une agitation toute différente. La foule est si dense qu’il n’a même plus le temps de manger. Sa famille, inquiète ou embarrassée, veut l’arrêter. Elle dit : « Il a perdu la tête. » Là encore, incompréhension, jugement, malaise. Les proches eux-mêmes se ferment devant ce qu’ils ne comprennent pas. Pourtant, Jésus ne se laisse pas enfermer par leur regard. Sa liberté intérieure demeure intacte, nourrie de la communion avec le Père. Son cœur reste ouvert, libre de la peur d’être mal jugé, libre d’aimer même ceux qui ne le comprennent pas.

La Parole de Dieu nous révèle alors un chemin de vie : ce n’est pas l’absence d’épreuve qui garde le cœur ouvert, mais l’accueil de Dieu à travers l’épreuve. Un cœur n’est jamais en danger quand il est blessé ; il est en danger quand il se ferme.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette vérité trouve une profondeur particulière. À Bethléem aussi, rien n’était simple : pauvreté, précarité, exclusion. Pourtant, dans la crèche, une porte est restée ouverte — celle du cœur de Marie, celle de Joseph, celle de Dieu lui-même qui vient habiter nos nuits. La lumière s’est frayé un passage par la fente la plus étroite : l’humilité. Dieu ne force jamais une porte ; il entre par les failles. Les blessures deviennent passage, et non obstacle.

Aujourd’hui, cette Parole nous invite à regarder nos propres fermetures : ces moments où la douleur nous replie, où la fatigue nous épaissit, où les épreuves nous durcissent. Peut-être que nous aussi, sans le vouloir, nous avons fermé la porte à Dieu, parce que nous nous sentions trop abîmés pour l’accueillir. Et pourtant : c’est précisément là qu’il peut entrer.

Laissons la Parole de Dieu franchir les seuils de notre cœur. Offrons-lui nos chagrins, nos inquiétudes, notre solitude. Que nos épreuves deviennent des brèches par lesquelles Dieu peut se glisser pour nous porter, nous relever, nous réchauffer. Croyons que ces périodes difficiles préparent, mystérieusement, des saisons de fécondité.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui entres dans nos vies
même lorsque tout semble fermé,
ouvre la porte de notre cœur.
Viens dans nos blessures,
nos fatigues, nos incompréhensions.
Dans l’humilité de Bethléem,
fais de nos fragilités un lieu de rencontre avec toi.
Rends-nous confiants,
même lorsque les nouvelles sont sombres,
et fais naître en nous la paix qui vient de ta Parole.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
    Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

Références bibliques

  • 2 S 1, 1-4.11-12.19.23-27
  • Mc 3, 20-21

Pour méditer

  • Où mon cœur s’est-il fermé récemment ?
  • Quelle blessure pourrait devenir une ouverture à la présence de Dieu ?
  • Quelle parole du Christ veux-je laisser entrer aujourd’hui ?