CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Août 15

Suivre et s’abandonner

Lectures du lundi 16 août 2021

«Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi.» (Mt 19, 21)

Sans omettre les difficultés qui en découlent, les lectures de ce jour nous lancent un appel singulier : Aimer et suivre le Christ ! Le refrain «Ils (les fils d’Israël) abandonnèrent le Seigneur» (Jg 2, 12.13) ponctue la première lecture. Ainsi, le peuple hébreu abandonne le chemin suivi par ses ancêtres et les commandements du Seigneur. Suivant d’autres dieux, il s’endurcit dans ces nouvelles voies. Le Psaume 105 (106) exprime bien la dynamique de cet entêtement : exerçant d’abord son courroux, Dieu se laisse finalement émouvoir par la détresse de son peuple et les sauve.

L’évangile inverse la logique: pour avoir la vie éternelle, il faut suivre et abandonner. La rencontre de Jésus et du jeune homme riche nous permet de découvrir qu’il existe deux manières de vivre, deux degrés d’amour pour ceux qui veulent entrer dans la vie éternelle : observer les commandements de Dieu et renoncer à tout pour suivre Jésus.

Ainsi, Jésus rappelle tout d’abord au jeune homme les principaux commandements. Pour entrer dans la vie éternelle, il suffit donc d’accomplir la volonté de Dieu. Jésus le résumera dans une autre circonstance, par la proclamation de cette béatitude : «Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !» (Lc 11, 28)

Cependant, dans le Royaume de Dieu, il peut y avoir un plus haut degré d’amour, comme semble le deviner le jeune homme riche : «Que me manque-t-il encore ?» (Mt 19, 20) Posant sur ce jeune homme un regard d’amour (cf. Mc 10, 21), Jésus développe sa réponse avec une grande délicatesse. Respectant la liberté de son interlocuteur «Si tu veux…», il ne lui adresse pas moins un appel particulier «Suis-moi.» (Mt 19, 21) Hélas, ce jeune homme, pourtant si pur et fidèle aux commandements, n’a pas le courage de renoncer à ses grandes richesses et il «s’en alla tout triste» (Mt 19, 22).

Ce passage d’Évangile peut ainsi éclairer notre discernement. La fidélité aux commandements de Dieu garantissant la vie éternelle, il ne faut pas mépriser le désir d’exercer un métier et de fonder un foyer. Cependant, si un appel spécial à renoncer à tout pour se consacrer à Jésus et aux âmes se fait entendre, il ne faut pas craindre d’y répondre, car il mène aussi au bonheur et procure une joie que personne ne peut ravir !

Jg 2, 11-19 / Mt 19, 16-22