En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous révèle progressivement le visage du Seigneur. Un visage de tendresse, de fidélité et de vie. Plus nous avançons vers Pâques, plus ce mystère s’éclaire en Jésus-Christ.
Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous introduit dans une révélation profondément consolante : Dieu est un Dieu proche, un Dieu de tendresse et de miséricorde. Par la voix du prophète Isaïe, le Seigneur s’adresse à son peuple éprouvé et lui rappelle son amour indéfectible. Il parle comme un libérateur qui n’oublie pas son alliance, comme un Dieu fidèle à ses promesses. Et pour exprimer cet amour, il utilise une image bouleversante : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49,15).
Dieu se révèle ici comme un père, mais aussi comme une mère. Son amour est tendre, fidèle, inlassable. Il conduit son peuple vers la vie, comme un berger conduit ses brebis vers des pâturages d’abondance. Cette image dit quelque chose de fondamental : Dieu ne veut pas la mort, mais la vie. Il ne veut pas l’abandon, mais la communion.
Cette révélation trouve sa pleine lumière dans l’Évangile selon saint Jean. Après avoir guéri le paralytique, Jésus est vivement critiqué parce qu’il a accompli ce geste un jour de sabbat. Mais au lieu de se justifier, il va encore plus loin. Il dévoile son identité profonde : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre » (Jn 5,17). Par ces paroles, Jésus affirme une relation unique avec Dieu. Il ne se présente pas simplement comme un prophète ou un envoyé : il se révèle comme le Fils, uni au Père dans une même œuvre de vie. Ce que fait le Père, le Fils le fait aussi.
Ainsi, la guérison du paralytique n’était pas seulement un miracle. Elle était un signe. Un signe que Dieu agit en Jésus pour relever, guérir, libérer et donner la vie. Un signe que la puissance de Dieu est à l’œuvre pour faire passer l’homme de la mort à la vie. Jésus le dit lui-même avec force : « Celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé obtient la vie éternelle ; il passe de la mort à la vie » (Jn 5,24).
Ces paroles sont parmi les plus fortes de l’Évangile. Elles nous révèlent que la vie éternelle n’est pas seulement une promesse future : elle commence déjà aujourd’hui, dans l’écoute et la foi.
Mais cette révélation dérange. En affirmant son unité avec le Père, Jésus provoque l’opposition. Ceux qui l’écoutent comprennent bien la portée de ses paroles : il se fait l’égal de Dieu. Et cela devient pour eux un motif de rejet. Dans l’esprit de Bethléem, cette tension prend une lumière particulière. Le Dieu qui se révèle en Jésus n’est pas un Dieu lointain ou inaccessible. Il est un Dieu qui se fait proche, qui entre dans notre histoire, qui parle, qui agit, qui aime. L’Enfant de Bethléem est déjà ce Fils qui révèle le Père. Dans l’humilité de sa venue, il manifeste la tendresse de Dieu. Mais cette tendresse n’est pas faiblesse : elle est puissance de vie.
Le Carême nous conduit précisément à cette rencontre. Il nous invite à accueillir cette révélation, à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, et à entrer dans une relation vivante avec lui. Alors se pose pour nous une question essentielle : qui est Jésus pour nous ?
À un moment donné de notre chemin, il ne suffit plus d’écouter ou d’observer. Il faut répondre. Il faut oser dire notre foi. N’ayons pas peur de témoigner. Le Dieu que nous annonçons n’est pas un Dieu de crainte, mais un Dieu de tendresse et de pitié. Un Dieu qui relève, qui pardonne, qui donne la vie.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui révèles le visage du Père,
un visage de tendresse et d’amour,ouvre notre cœur à ta présence.
Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de croire
et de reconnaître en toi le Fils de Dieu.Fortifie notre foi
pour que nous n’ayons pas peur de témoigner,
et que nous annoncions avec joie
que tu es le Seigneur de la vie.Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat,
Jésus déclara aux Juifs :
« Mon Père est toujours à l’œuvre,
et moi aussi, je suis à l’œuvre. »
C’est pourquoi, de plus en plus,
les Juifs cherchaient à le tuer,
car non seulement il ne respectait pas le sabbat,
mais encore il disait que Dieu était son propre Père,
et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait :
« Amen, amen, je vous le dis :
le Fils ne peut rien faire de lui-même,
il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ;
ce que fait celui-ci,
le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils
et lui montre tout ce qu’il fait.
Il lui montrera des œuvres plus grandes encore,
si bien que vous serez dans l’étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts
et les fait vivre,
ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut.
Car le Père ne juge personne :
il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père.
Celui qui ne rend pas honneur au Fils
ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis :
qui écoute ma parole
et croit en Celui qui m’a envoyé,
obtient la vie éternelle
et il échappe au jugement,
car déjà il passe de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis :
l’heure vient – et c’est maintenant –
où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
et ceux qui l’auront entendue vivront.
Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même,
ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ;
et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement,
parce qu’il est le Fils de l’homme.
Ne soyez pas étonnés ;
l’heure vient
où tous ceux qui sont dans les tombeaux
entendront sa voix ;
alors, ceux qui ont fait le bien sortiront
pour ressusciter et vivre,
ceux qui ont fait le mal,
pour ressusciter et être jugés.
Moi, je ne peux rien faire de moi-même ;
je rends mon jugement d’après ce que j’entends,
et mon jugement est juste,
parce que je ne cherche pas à faire ma volonté,
mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »
Références bibliques
- Is 49, 8-15
- Jn 5, 17-30
Pour méditer
- Reconnaissons-nous vraiment en Dieu un Père plein de tendresse et de fidélité ?
- Qui est Jésus pour nous aujourd’hui, dans notre vie concrète ?
- Osons-nous témoigner de notre foi, même lorsque cela nous expose ?






























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