CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Juil 01

La miséricorde, non le sacrifice

Lectures du vendredi 2 juillet 2021

«Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple ; toi qui le sauves, visite-moi : que je voie le bonheur de tes élus.» (Ps 105 (106), 4-5)

L’Evangile nous rapporte aujourd’hui l’appel de Matthieu. Le choix de ce publicain, réputé fraudeur pour devenir l’un de ses plus proches collaborateurs, étonne. Au grand scandale des pharisiens, Jésus appelle ainsi un pêcheur à le suivre.

L’amour de Jésus pour les pécheurs a toujours été “sa marque de commerce”, si l’on peut dire. Il est bon de se le rappeler de temps en temps et surtout en cette période quelque peu troublée. Nous voudrions des prêtres parfaits, des évêques saints et des futurs prêtres purs comme des anges. L’appel de Matthieu nous rappelle que le Seigneur est moins sévère que nous.

Nous connaissons bien les récits où Jésus appelle des hommes à le suivre pour devenir ses disciples. Il s’adjoint d’abord quatre pécheurs au bord du lac de Tibériade (Mt 4, 18-22). Un peu plus tard, aux abords de Capharnaüm, il interpelle le publicain Matthieu, appelé aussi Lévi.

Or, chose étonnante, ces récits demeurent très discrets à propos des heureux élus. Pourquoi Jésus appelle-t-il un tel plutôt que tel autre ? Quelles qualités, quel profil, quelles compétences recherche-t-il chez eux ? Aucun motif précis ne ressort des textes. Nous devons nous contenter de quelques indices quant aux conditions de vie des premiers appelés. Ils nous permettent d’en déduire quel genre de groupe. Jésus a formé autour de lui.

Premièrement, il vise aussi bien des gens de condition modeste (les pêcheurs), que des individus plus à l’aise (le publicain). Ensuite, il se tourne vers des personnes qui ne proviennent pas des plus hautes sphères de la société. Bien plus, en appelant un publicain, il s’associe à quelqu’un de très mauvaise réputation. Les réactions des pharisiens ne se font d’ailleurs pas attendre !

En s’entourant de tels disciples. Jésus donne le ton au Royaume qu’il annonce et inaugure. Aujourd’hui, il revient à l’Eglise de refléter ce Royaume en se faisant espace d’accueil pour celles et ceux qu’on exclut pour diverses raisons. Elle gardera ainsi vivante cette parole du Seigneur: «Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.» (Mt 9, 12)

Gn 23, 1-4.19 ; 24, 1-8.62-67 / Mt 9, 9-13