Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 24
Ne me cache pas ton visage au jour de détresse — Lever les yeux vers le Christ pour être guéri et renaître à la vie

Ne me cache pas ton visage au jour de détresse — Lever les yeux vers le Christ pour être guéri et renaître à la vie

À mesure que nous avançons vers Pâques, la Parole de Dieu nous conduit au cœur du mystère du salut. Elle nous révèle un Dieu qui ne détourne jamais son visage, même lorsque l’homme s’égare. Dans l’épreuve, dans la faute, dans la détresse, un chemin demeure toujours ouvert : celui de la confiance et du relèvement.

La première lecture nous ramène au temps de l’Exode (Nb 21, 4-9). Le peuple d’Israël, libéré de l’esclavage, marche dans le désert vers la Terre promise. Mais le chemin est long, rude, éprouvant. Face à la fatigue, à la soif et à la faim, le peuple se met à murmurer contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? »

Ce cri révèle le cœur humain dans sa fragilité : lorsque l’épreuve dure, la confiance vacille. Alors survient le drame : des serpents venimeux envahissent le camp, et beaucoup meurent. Le peuple reconnaît alors sa faute et implore la miséricorde. Dieu répond, non pas en supprimant immédiatement l’épreuve, mais en ouvrant un chemin de salut. Il demande à Moïse d’élever un serpent de bronze : « Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie » (Nb 21,9).

Le salut passe par un geste simple mais décisif : lever les yeux. Regarder vers ce signe donné par Dieu. Croire que la vie peut encore être donnée. Ce passage, les Pères de l’Église l’ont compris comme une annonce du Christ. Ce serpent élevé dans le désert préfigure Jésus élevé sur la croix. Là où le péché blesse, là où le mal atteint le cœur, Dieu offre un remède : son Fils donné pour la vie du monde.

Dans l’Évangile selon saint Jean (Jn 8,21-30), Jésus nous conduit plus loin encore dans cette révélation. Il parle avec gravité : « Si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » Ces paroles peuvent surprendre, mais elles expriment une vérité profonde : sans la foi, l’homme reste enfermé dans ce qui le limite et l’éloigne de Dieu. Jésus révèle son identité : il vient d’en haut, il est envoyé par le Père, il est la source de la vie.

Et il annonce déjà ce qui va se passer : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS. » La croix devient le lieu de la révélation. Ce qui semble être un échec devient en réalité le lieu du salut. C’est en regardant le Christ élevé que l’homme découvre qui est Dieu : un Dieu qui sauve, un Dieu qui ne cache pas son visage, un Dieu qui rejoint l’homme jusque dans sa détresse.

Dans l’esprit de Bethléem, cette Parole prend une profondeur particulière. Dieu ne se révèle pas dans la puissance écrasante, mais dans l’humilité d’une présence offerte. À Bethléem, il se fait enfant. Sur la croix, il se donne jusqu’au bout. Toujours, il se rend proche.

Et nous, dans nos vies, nous faisons l’expérience de ces « morsures » : le péché, les blessures, les découragements, les enfermements intérieurs. Parfois, nous cherchons à fuir, à oublier, à nous débrouiller seuls. Mais la Parole de Dieu nous indique un chemin simple et profond : lever les yeux vers le Christ. Accueillir sa présence. Croire qu’il peut nous guérir.

Aujourd’hui, ce regard vers le Christ se vit concrètement dans la rencontre personnelle avec lui, notamment dans les sacrements. Dans le sacrement de la réconciliation, ce n’est pas seulement un prêtre que nous rencontrons, mais le Christ lui-même qui pardonne, relève et redonne la vie.

Dieu ne cache pas son visage. C’est nous qui parfois détournons le regard. Le Carême nous invite à revenir à cette source, à oser regarder vers celui qui sauve.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui as été élevé sur la croix
pour nous sauver,

ne détourne pas ton visage
au jour de notre détresse.

Lorsque nous sommes blessés
par le péché ou le découragement,
donne-nous la grâce
de lever les yeux vers toi.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de croire
en ton amour et en ton pardon.

Que ta présence nous relève
et nous conduise vers la vie.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux Pharisiens :
« Je m’en vais ;
vous me chercherez,
et vous mourrez dans votre péché.
Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient :
« Veut-il donc se donner la mort,
puisqu’il dit :
“Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit :
« Vous, vous êtes d’en bas ;
moi, je suis d’en haut.
Vous, vous êtes de ce monde ;
moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit
que vous mourrez dans vos péchés.
En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS,
vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient :
« Toi, qui es-tu ? »
Jésus leur répondit :
« Je n’ai pas cessé de vous le dire.
À votre sujet, j’ai beaucoup à dire
et à juger.
D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité,
et ce que j’ai entendu de lui,
je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara :
« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme,
alors vous comprendrez que moi, JE SUIS,
et que je ne fais rien de moi-même ;
ce que je dis là,
je le dis comme le Père me l’a enseigné.
Celui qui m’a envoyé est avec moi ;
il ne m’a pas laissé seul,
parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus,
beaucoup crurent en lui.

Références bibliques

  • Nb 21, 4-9
  • Jn 8, 21-30

Pour méditer

  • Dans quelles situations faisons-nous l’expérience des « morsures » qui nous blessent intérieurement ?
  • Prenons-nous le temps de lever les yeux vers le Christ dans nos épreuves ?
  • Comment pouvons-nous accueillir concrètement aujourd’hui la grâce du pardon et de la guérison ?