Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 12
Changer le deuil en danse — Quand Dieu ouvre un chemin là où tout semblait fermé

Changer le deuil en danse — Quand Dieu ouvre un chemin là où tout semblait fermé

Il y a des moments où la vie semble se refermer, où rien ne s’annonce, où l’avenir paraît perdu. La Parole de Dieu d’aujourd’hui nous rejoint précisément là : dans ces lieux intérieurs où nous pensons n’avoir plus rien à attendre. Et c’est dans ces lieux-là que Dieu aime ouvrir un chemin. Anne, la femme éprouvée, et les premiers disciples appelés au bord du lac deviennent les témoins d’un même mystère : lorsque l’homme touche sa pauvreté, Dieu peut faire naître une joie nouvelle.

Dans la première lecture (1 S 1,1-8), Anne porte le poids douloureux de la stérilité. Dans la culture d’Israël, ne pas donner la vie n’est pas seulement une souffrance intime : c’est une humiliation sociale, une blessure identitaire. Elle se sent inutile, diminuée, presque effacée. L’Écriture souligne cette détresse sans la maquiller. Anne n’a rien à offrir, rien à espérer selon les critères humains. Mais justement : c’est là que Dieu travaille. Au lieu de s’enfermer dans l’amertume, Anne transforme sa douleur en prière. Ce geste humble ouvre un passage : lorsqu’elle dépose sa misère devant le Seigneur, sa vie commence déjà à changer. Non pas parce qu’elle obtient immédiatement ce qu’elle demande, mais parce qu’elle laisse Dieu entrer dans sa nuit. Son abandon devient le lieu d’un retournement, comme le chante le psaume : « Tu as changé mon deuil en danse » (Ps 29,12).

L’Évangile (Mc 1,14-20) raconte un autre retournement, tout aussi radical. Jésus marche au bord du lac de Galilée. Il voit Simon et André en train de jeter les filets, puis Jacques et Jean qui réparent les leurs. Rien ne laisse deviner qu’un monde va basculer. Et pourtant, une parole suffit : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Puis cet appel direct : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Ces hommes n’ont rien de héros spirituels. Ce sont des travailleurs simples, ancrés dans leurs habitudes et leurs sécurités. Mais comme Anne, ils acceptent de tout miser sur Dieu. « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » Ils abandonnent ce qui leur garantissait un avenir. Cette audace est le signe d’une pauvreté intérieure qui devient ouverture : ils n’ont plus d’autre appui que la parole de Jésus.

À travers ces deux récits, une même vérité apparaît : Dieu ne fait pas naître la vie en dehors de notre fragilité, mais précisément dans cette fragilité. Là où l’homme reconnaît la limite de ses forces, Dieu ouvre un chemin. Là où les filets semblent vides, une vocation surgit. Là où le cœur est blessé, une joie nouvelle éclôt. Ce mouvement est au cœur de la spiritualité de l’Enfant de Bethléem : Dieu vient dans ce qui est pauvre, dans ce qui ne brille pas, pour y déposer sa lumière. La crèche n’est pas un décor attendrissant : c’est l’annonce que Dieu commence toujours par ce que nous voudrions cacher.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à un même geste : laisser Dieu entrer dans les zones stériles de nos vies, dans nos lassitudes, nos doutes, nos échecs apparents. « Les temps sont accomplis » signifie que le moment où Dieu peut agir, c’est maintenant. Saurons-nous, comme Anne, déposer notre peine ? Saurons-nous, comme les disciples, quitter ce qui nous enferme ? Saurons-nous croire que Dieu peut encore transformer un deuil en danse ?

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui passes au bord de nos vies comme au bord du lac de Galilée,
viens parler à nos cœurs fatigués.
Entre dans nos lieux de stérilité
et ouvre-y une source de vie.
Apprends-nous la confiance d’Anne,
la disponibilité des premiers disciples
et l’espérance humble de Bethléem.
Que ta lumière transforme nos nuits en danse
et nos peurs en chemin d’Évangile.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée,
Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,
en train de jeter les filets dans la mer,
car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :
« Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets,
ils le suivirent.

Jésus avança un peu
et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans la barque
et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
ils partirent à sa suite.

Références bibliques

  • 1 S 1, 1-8
  • Mc 1, 14-20

 

Pour méditer

  • Où reconnaissons-nous aujourd’hui en nous quelque chose de la stérilité d’Anne ou des sécurités des pêcheurs de Galilée ?
  • Quels « filets » avons-nous peut-être à laisser pour répondre plus librement à l’appel du Christ ?
  • Comment la spiritualité de Bethléem peut-elle nous aider à croire que Dieu peut encore transformer un deuil en danse dans notre vie concrète ?