Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 11
Le Baptême du Seigneur — Baptême de solidarité

Le Baptême du Seigneur — Baptême de solidarité

Dans la lumière de cette fête du Baptême du Seigneur, la Parole de Dieu nous révèle un geste aussi humble que bouleversant : Jésus descend dans l’eau avec nous. Lui qui est sans péché choisit de se tenir à nos côtés dans ce lieu où l’humanité avoue sa fragilité. À travers ce mouvement, s’ouvre son ministère public, placé dès le premier instant sous le signe d’une solidarité qui sauve.

La première lecture (Is 42, 1-4.6-7) annonçait déjà cette manière très particulière de Dieu d’exercer sa force : non pas en écrasant, mais en portant. Le serviteur choisi par Dieu « ne brise pas le roseau froissé », « n’éteint pas la mèche qui faiblit ». Il libère, il ouvre les yeux, il relève. Ce portrait du serviteur est comme une silhouette en creux où Jésus viendra se tenir : un Messie dont la puissance est douceur, et dont l’autorité est humble bienveillance.

Dans la seconde lecture (Ac 10, 34-38), Pierre le confirme : Jésus « est passé en faisant le bien ». Son ministère n’est pas une démonstration de grandeur, mais une proximité active. Il guérit, il délivre, il visite les lieux humains où la vie est entravée. Et Pierre souligne un point essentiel : tout commence « après le baptême proclamé par Jean ». C’est dans l’eau du Jourdain que Jésus se révèle comme Celui sur qui repose l’Esprit, Celui que le Père désigne comme « mon Fils bien-aimé ».

L’Évangile (Mt 3, 13-17) nous montre alors ce geste décisif : Jésus vient, avec simplicité, se tenir parmi les pécheurs qui plongent dans l’eau pour recommencer leur vie. Jean s’en étonne : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi ! » Mais Jésus insiste : « Il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Cette justice n’est pas une règle à appliquer : c’est la manière juste d’être devant Dieu et devant l’humanité. Pour Jésus, cette manière juste passe par la descente, par le choix de prendre notre place, de se tenir là où nous sommes, avec ce que nous sommes.

Ce baptême est un geste de solidarité qui dit tout : Jésus ne commence pas son œuvre en se séparant de nous, mais en se mêlant à notre eau, à nos limites, à nos fardeaux. Il ne se tient pas sur la rive, il ne donne pas des conseils de loin : il entre dans la même eau trouble que nous. C’est ainsi que s’ouvre le ciel. C’est ainsi que l’Esprit descend. C’est ainsi que la voix du Père retentit. À travers ce choix d’humilité, Dieu révèle où se trouve sa joie : non pas dans la gloire extérieure, mais dans la proximité profonde avec l’humanité.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, ce passage s’éclaire avec douceur. Car à Bethléem aussi, Dieu a choisi le plus petit lieu, la plus petite place, la plus grande vulnérabilité. La crèche et le Jourdain disent la même chose : Dieu vient dans ce qui est pauvre pour en faire une source. Il s’abaisse pour élever. Il se solidarise pour sauver. Il se fait proche pour ouvrir un chemin.

Aujourd’hui, cette Parole nous invite à recevoir nous aussi ce baptême de solidarité. Entrer dans le mouvement de Jésus, c’est apprendre à porter avec, à regarder avec, à marcher avec. C’est laisser Dieu descendre dans nos eaux intérieures — parfois troublées, parfois sombres — afin qu’y retentisse la même parole : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Et c’est, à notre tour, devenir une présence qui n’écrase pas le roseau froissé, mais qui relève, apaise, accompagne.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui es descendu dans notre eau pour nous relever,
viens nous apprendre la solidarité qui guérit.
Plonge ton regard dans nos fragilités
et fais retentir en nous la voix du Père.
Donne-nous d’être, à ta suite,
des serviteurs doux, patients et vrais,
dans l’humilité de Bethléem.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

  Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
    Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
    Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.

    Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
    Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »

Références bibliques

  • Is 42, 1-4.6-7
  • Ac 10, 34-38
  • Mt 3, 13-17

 

Pour méditer

  • Quelle « eau » de ma vie Jésus veut-il aujourd’hui rejoindre ?
  • En quoi son geste de solidarité change-t-il ma manière d’accompagner les autres ?
  • Où suis-je appelé à devenir un serviteur doux, humble et vrai ?