CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Déc 03

Premier dimanche de l’Avent : Veillez !

Lectures du dimanche 3 décembre 2023

« Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. » (1 Co 1, 9)

Introduction à l’Avent : un temps d’attente et de veille

En ce dimanche, l’Église entre dans le temps de l’Avent. Un temps pour attendre, un temps pour guetter, un temps pour devenir veilleur ! N’est-il pas curieux qu’au beau milieu d’une société qui s’organise à tout prix pour réduire ou supprimer les temps d’attente, le temps de l’Avent nous soit précisément donné comme un cadeau qui nous invite à prendre le temps et peut-être même à redécouvrir combien:

l’attente fait naître et grandir le désir.

L’Avent, temps de rencontre avec Dieu

Depuis déjà quelques semaines, Noël est en rayon dans les supermarchés et les catalogues, au point parfois de nous en faire oublier l’essentiel, le rendez-vous de Dieu avec l’humanité. L’avent, temps de l’attente,

temps du rendez-vous de Dieu avec l’humanité.

Un rendez-vous que nous ne pouvons attendre comme nous attendons un train sur le quai d’une gare. Mais, surtout un rendez-vous qui se prépare, jour après jour dans l’action et la contemplation, en ouvrier du Royaume. Oui, c’est à devenir des veilleurs que nous invite ce temps de l’Avent. Veillez, tel est le mot d’ordre qui revient tout au long de ce temps de l’Avent.

Les différentes formes de veille

Veiller, ce mot évoque chez chacune et chacun de nous divers souvenirs : il y a les veilles joyeuses, lors de fêtes en famille ou avec des amis… Il y a les veilles ou les attentes qui précèdent un grand évènement, des heures souvent tendues et incertaines. Enfin, il y a les veilles tristes, celles qui accompagnent les derniers instants de vie d’un être aimé… Oui, veillez, cette réalité fait bien partie de notre vie… Mais, essayons de comprendre à quel type de veille le Seigneur nous invite aujourd’hui.

L’absence et la présence de Jésus

Dans l’évangile, Jésus nous a parlé d’un homme « parti en voyage » et dont on ne sait pas quand il reviendra. Nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure. Ce « voyage » prolongé est une allusion évidente à son absence visible actuelle, dans le temps de l’Esprit et de l’Église.

En réalité, ce temps est celui de la confiance qu’il nous fait en « nous donnant tout pouvoir et en fixant à chacun son travail ».

En clair : Jésus est parti; les hommes ont à poursuivre son œuvre. Les jours, les années et les siècles sont désormais leur responsabilité. Mais, si le Seigneur semble absent de la maison Église, sa visite est d’une imminence permanente, par les mille et un rendez-vous que Dieu nous fixe, sous de multiples visages, au hasard des événements, à l’improviste, à toute heure… Sommes-nous des « portiers » éveillés ? Prêts à accueillir le Seigneur quand il se présente à nous !

Jésus, veilleur et éveilleur

Jésus lui-même était un veilleur et un éveilleur. Son regard de feu débusquait les faux semblants, l’hypocrisie, les scléroses du cœur. Par ses actes, ses attitudes et ses paroles,

Jésus voulait éveiller les êtres à leur vie profonde à la rencontre aimante des autres, à l’accueil intime de Dieu.

Aujourd’hui comme jadis, les fausses valeurs, les rêves, les égoïsmes empêchent souvent de s’éveiller à la vraie vie.

La veille active

Veiller, c’est d’abord prendre le temps de s’arrêter, d’écouter d’être présent aux autres, à soi et à Dieu. Durant ce temps de l’Avent, chers frères et sœurs, sachons prendre du temps, pour veiller dans la prière, pour nous ouvrir à Dieu… Une lecture spirituelle, une méditation continue avec d’autres du livre des Actes des Apôtres, tout cela peut nous mettre dans une attitude de veille et d’attente.

Reconnaître les signes d’espérance

Mais, veiller, c’est aussi être attentif aux signes d’espérance que donne notre Église bien sûr, mais aussi notre société avec toutes les questions qu’elle pose.

Certes, il y a beaucoup de ténèbres dans notre monde, déchiré par trop de guerres et d’injustice… Mais, heureusement, il y a encore beaucoup de petits foyers de lumières.

Sachons les reconnaître, quand par exemple des femmes, des hommes brisent parfois les conformismes et déchirent l’inconscience pour dénoncer l’injustice, se porter au secours de la détresse, inviter chacun à écouter en soi l’humanité véritable qui veut naître…

Conclusion : être des veilleurs et des éveilleurs

Et si le « maître de maison » qui peut « arriver à l’improviste » était déjà là, près de nous, sans que nous l’ayons reconnu ? Si ce voyageur discret, parti au loin, était déjà si proche ? Tous ces affamés d’affection, d’amitié, de reconnaissance sociale, si c’était peut-être Jésus-Christ présent aujourd’hui parmi nous ? Dans la mesure où nous serons conscients de cette présence, nous serions beaucoup plus facilement tous des veilleurs ouverts à tous les possibles et nous deviendrions des éveilleurs qui annoncent au monde Jésus-Christ : Dieu fait homme et présent en toute personne humaine de bonne volonté. Oui, chers frères et sœurs,

de nous tous, Jésus veut faire des Éveillés, des Veilleurs et des Éveilleurs.

Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7 / 1 Co 1, 3-9 / Mc 13, 33-37