CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Avr 07

Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite

Lectures du vendredi 8 avril 2022

«Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu.» (Jn 10, 33)

Avons-nous bien entendu ? Pas de doute, la première lecture se conclut bien par : «Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants.» (Jr 20, 13) Surprenante cette foi qui bouscule nos logiques et nos attentes ! Au cœur des difficultés, alors que tout semble se liguer contre nous, lorsque déjà les pierres se préparent pour nous lapider, oserions-nous chanter un alléluia au Dieu sauveur ?

La joyeuse tonalité, qui clôt la première lecture et la transfigure, se retrouve dans l’évangile selon St Jean. Alors qu’on cherche à lapider Jésus, la proclamation s’achève à nouveau par «beaucoup crurent en lui.» (Jn 10, 42) Dans ce passage, l’évangéliste nous entraîne à nouveau dans une controverse entre Jésus et ses opposants. Ceux-ci en veulent à sa vie parce qu’il se prétend Fils de Dieu, véritable blasphème à leurs yeux. La violence de cette réaction nous interroge à notre tour sur l’identité du Christ : pour nous, qui est Jésus ?

Pour beaucoup de gens, il s’agit d’une personne d’une grande humanité qui a répandu sa philosophie de l’amour du prochain. D’autres soutiendront qu’il était un prophète, comme ceux de l’Ancien Testament ou comme Jean Baptiste. Certains iront jusqu’à confesser qu’il est Fils de Dieu, mais même pour ces derniers, cette affirmation ne va pas de soi.

Sommes-nous capables de reconnaître et d’accepter que Dieu s’est réellement fait homme en Jésus ? Rationnellement, cela peut nous sembler difficile à concevoir voire déroutant. Comment admettre que Dieu, dans sa toute-puissance, ait pu consentir à partager notre fragilité humaine avec ses limites, ses souffrances, et qu’il ait aussi connu la mort ? Dans ce mystère insondable, la foi, don de Dieu, est notre seul guide.

Jr 20, 10-13 / Jn 10, 31-42