CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Avr 18

De l’amour à la foi

Lectures du mardi 19 avril 2022

«Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?»
(Jn 20, 15)

L’évangile d’aujourd’hui poursuit celui du matin de Pâques, alors que Marie-Madeleine se rend au tombeau. Comprenons son désespoir : celui qui l’avait libérée de sept démons, celui qu’elle croyait fermement être le messie tant attendu par Israël et qu’elle avait accueilli comme tel en lui versant un flacon d’huile précieuse sur les pieds, ce Jésus a été crucifié comme un vulgaire esclave. Quelle fin tragique et abrupte !

Malgré sa tristesse, elle se rend encore au tombeau lorsqu’elle constate que celui-ci est vide. Privée de la dernière forme de présence de son proche ami, sa tristesse est telle, qu’elle ne reconnaît même pas Jésus quand il lui adresse la parole. Et St-Augustin de commenter : “Ses larmes montrent que son amour était plus grand que sa foi”. En effet, son grand attachement l’empêche encore de croire à la résurrection.

L’évangile raconte ensuite comment Marie se retourne en criant «Maître»
(Jn 20, 16)
immédiatement après que Jésus l’ait appelée par son prénom. Puisqu’elle lui faisait déjà face, ce retournement ne peut être qu’intérieur et c’est ainsi que son amour engendre une conversion de son cœur et une foi plus grande.

La suite de l’échange peut encore nous surprendre, quand Jésus lui dit «Ne me retiens pas» (Jn 20, 17). Cette invective qui peut nous sembler dure, signifie à Marie-Madeleine l’étape que sa foi doit franchir. C’est par la foi, que Marie Madeleine doit maintenant exprimer son amour pour Jésus : “Cesse de me tenir, mais crois plutôt”. Jésus conclut finalement l’échange, en confiant à cette femme hésitante et en pleurs, l’importante mission d’annoncer sa résurrection à ses frères. Les derniers versets de l’Évangile racontent comment Marie-Madeleine accomplit alors cette mission dans la joie. Et, comme Marie Madeleine, nous sommes aujourd’hui tous et toutes invités à devenir des témoins de notre foi, des messagers de la résurrection.

Ac 2, 36-41 / Jn 20, 11-18