CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Juin 02

Le Saint Sacrement et la nouvelle alliance

Lectures du jeudi 3 juin 2021

«Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau.» (He 9, 15)

Pour les Hébreux, le sang s’identifie à la vie intime et profonde, l’âme mystérieuse qui anime le corps. Aussi Moïse, dans la lecture du livre de l’Exode, va-t-il prendre le sang des animaux. Avec la moitié, il asperge l’autel qui représente Dieu, avec l’autre moitié, il asperge le peuple. Et, par ce rite, il veut montrer que Dieu et Israël ont désormais la même communauté de vie et de destin. Dieu s’engage à protéger son peuple contre tout danger, à combattre en sa faveur contre ses ennemis, à lui donner une terre, la terre promise où il connaîtra le bonheur (cf. Ex 23, 20-33). Alors, le peuple, à son tour répond : «Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons.» (Ex 24, 7) C’est là la conclusion de la première alliance entre Dieu et Israël.

Plus tard, Jésus, nouveau Moïse, totalement homme et totalement Dieu, viendra conclure une nouvelle alliance, Dans le but de consommer l’alliance définitive entre Dieu et son peuple, il versera son propre sang sur la croix. Mais, c’est la veille de sa passion, le Jeudi saint, durant le repas pascal, qu’il révèlera le sens de ce geste en prononçant sur le vin ces mystérieuses paroles : «Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.» (Mc 14,24). Ainsi donc, à la différence de la première alliance, ce n’est plus seulement Israël, mais l’immense foule des hommes qui est concernée par cette alliance d’amour.
La messe est toujours une invitation à nous rappeler de renouveler notre alliance avec Dieu. A chaque eucharistie, le Christ redis à chacun de nous : “Voilà mon sang, le sang de l’alliance offert pour toi et pour tous.”

Et nous, par quel geste, par quelle parole, par quelle attitude renouvelons-nous notre engagement envers Dieu, le partenaire à jamais fidèle de notre alliance ! Trop souvent, peut-être par habitude ou par oubli, nous nous contentons de consommer, de puiser à la source de l’alliance de manière passive. Saisissons l’occasion de ce jour, pour nous rappeler qu’une véritable alliance nécessite deux partenaires partis prenantes, pleinement actifs et engagés.

L’Evangile de Marc nous rappelle que les disciples ont préparé la Pâques. Oui, l’Eucharistie se prépare, d’une manière concrète et matérielle. Et la fête de ce jour nous le rappelle bien. Partout dans nos villes et nos villages, nous dressons de beaux reposoirs, décorés de fleurs aux couleurs de l’arc en ciel, les mouvements de la procession sont souvent le résultat de longues répétitions. Il en va de même pour les chants et la musique qui souvent solennisent la procession. Oui, même si nous la vivons en ces temps, de manière plus simple et dépouillée, la procession de la Fête-Dieu est une manière de nous rappeler notre part d’engagement dans l’alliance conclue avec Dieu en Jésus-Christ.

Mais les préparatifs de la Pâques sont aussi spirituels. Quand nous venons à la messe, rappelons de le faire en ayant quelque chose à présenter au Seigneur : le pain et le vin représentent notre travail de la semaine, notre vie de famille ou communautaire, notre vie professionnelle, nos joies, nos échecs, nos luttes, nos prières, nos soucis de chaque jour vécus en union avec le Seigneur. Oui, l’alliance avec Dieu, rappelée lors de la célébration dominicale de l’eucharistie, doit se vivre et se préparer tout au long de la semaine. C’est aussi cet aspect que vient rappeler la procession de la Fête-Dieu. En portant l’ostensoir dans notre monde, dans le monde dans lequel nous vivons et travaillons, que ce soit dans les rues d’une ville ou dans le cloître d’un monastère, nous rappelons que l’alliance réciproque conclue avec Dieu se vit au quotidien. Notre relation à Dieu ne peut pas se cantonner à l’une ou l’autre plage réservée de notre agenda. Notre relation à Dieu, notre alliance avec lui, se construit au cœur de toutes nos activités, au cœur de ce monde béni et visité aujourd’hui de manière toute particulière par Dieu. Amen.

Ex 24, 3-8 / He 9, 11-15 / Mc 14, 12-16.22-26