CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 07

Le Baptême du Seigneur: appelé par Son Nom!

Lectures du lundi 8 Janvier 2024

Pour les lectures du jour, consultez AELF – 8 janvier 2024.

«Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie» (Mc 1, 7-11)

L’histoire de Patrick

Laissez-moi d’abord vous raconter une histoire, l’histoire de Patrick.

Patrick est habitué de trouver la maison vide lorsqu’il rentre de l’école: ses parents travaillant encore. Mais, le jour où se passa cette histoire, tout fut différent. Ce jour-là, lorsqu’il ouvre la porte de la maison, sa maman l’accueille et vient à sa rencontre. Tout étonné, Patrick eut alors une réaction inattendue. Au lieu de se précipiter dans les bras de sa maman et de la saluer, il tourne les talons, dévale les escaliers qu’il venait de monter.

Surprise de sa réaction, sa maman sort alors à son tour de l’appartement et lui dit: « Patrick, tu ne te réjouis pas que je sois déjà à la maison. C’est pour toi que je suis rentrée plutôt que d’habitude aujourd’hui! Pourquoi t’enfuis-tu ainsi? »

Patrick s’arrête alors et lui répond tout excité:

« Maman, je descends juste dans la cour pour jouer avec les autres enfants. Mais, dans quelques minutes, ouvre la fenêtre, oui ouvre la fenêtre et, depuis notre appartement, appelle-moi, appelle-moi par mon nom, comme le font les autres mamans, dis ‘Patrick, je suis déjà là, rentre à la maison.' »

L’importance d’être appelé par son nom

Chers frères et sœurs, vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte cette histoire aujourd’hui! En effet, cette histoire, qui hélas, correspond trop souvent à la réalité, quel lien peut-elle bien avoir avec le le baptême du Seigneur!

Et bien, l’histoire de Patrick, nous révèle plus qu’une simple demande. Quand Patrick dit à sa maman de l’appeler par son nom, c’est en effet bien plus que le souhait d’un enfant qui n’est pas attendu à la maison qu’il exprime.

Derrière la demande de Patrick, se cache, en effet, une attente profonde, présente en chacune et chacun de nous: le souhait d’être reconnu tel que je suis, d’être attendu, accueilli par l’autre, d’être appelé par mon nom, en un mot d’être aimé!

Ce désir, cette attente naturelle, est déjà exprimée dans le récit du Baptême de Jésus vhez Marc. Le Ciel qui s’ouvre et la voix du Père qui nous fait comprendre que Jésus est une personne unique, qu’il est son fils bien-aimé: «C’est toi mon Fils bien aimé, en toi j’ai mis tout mon amour».

La solennité du Baptême du Christ

Oui, la solennité du Baptême du Christ, en nous révélant l’identité profonde du Christ, en nous dévoilant le lien étroit d’amour qui unit le Père au Fils, prolonge et met comme un point d’orgue au temps de Noël. Car, bien que trente ans se soient écoulés depuis les événements de Bethléem et que ce soit un adulte qui descende dans le Jourdain, la fête d’aujourd’hui fait bel et bien partie du cycle de Noël.

Par la fête du Baptême du Christ, l’Église veut compléter la révélation de l’identité de celui que les bergers et l’étoile désignaient comme le Messie.

Le Baptême de Jésus se situe bien dans le prolongement de l’Épiphanie: comme à la crèche avec les mages, quelque chose de décisif nous est manifesté de l’identité de Jésus: aujourd’hui, le Père le reconnaît comme son Fils. Quand le Père dit: « Celui-ci est mon Fils bien aimé », certes c’est à son Fils qu’Il s’adresse, mais le caractère public de ce dialogue d’amour trahit son intention: Il vient manifester aux yeux de tous celui qui est le Seigneur. C’est comme s’Il nous disait: « Voici votre Dieu ».

L’amour du Père pour l’humanité

Cette expérience unique, qui vient nous révéler que le Christ est le Fils bien aimé du Père sur lequel repose l’Esprit Saint, marque dans l’évangile, le début du ministère du Christ, un ministère durant lequel, il va vivre de l’amour de son Père, se montrant proche de tous, particulièrement des faibles et des blessés de la vie. Oui, par son ministère et plus encore, par le don de sa propre vie offerte en sacrifice pour le salut du monde, le Christ va manifester, va révéler l’amour du Père pour l’humanité entière.

Oui, chers frères et sœurs, en cette solennité du baptême du Seigneur, Dieu nous révèle aussi son amour, il nous dit combien nous comptons à ses yeux!

Car, le baptême du Christ, nous rappelle notre propre baptême. Quand nos parents nous amenèrent à l’Église pour nous faire baptiser, il n’y eut, certes pas de colombe descendant sur nous, ni de voix venant du ciel. Toutefois, l’Esprit de Dieu est bel et bien descendu sur nous et nous sommes aussi devenus des fils et des filles bien aimés du Père.

Notre identité en tant qu’enfants de Dieu

Notre baptême est venu réaliser et accomplir notre aspiration profonde de nous sentir aimés, accueillis et appelés chacune et chacun par notre nom.

Si au cours de l’année à venir, nous avons parfois l’impression d’être un peu comme Patrick, délaissés ou découragés, déconsidérés voire oubliés, rappelons-nous de cette petite phrase, oui réécoutons cette voix qui murmure à notre oreille : « c’est toi mon fils, ma fille bien aimé; en toi j’ai mis tout mon amour ».

Si nous nous rappelons que Dieu nous appelle par notre nom, qu’il nous aime et nous accueille tels que nous sommes, comment pourrions-nous alors encore nous sentir abandonnés ou délaissés?

Baptisés dans le Christ, nous ne sommes pas des numéros ou des inconnus pour Dieu; non, mais chacune et chacun de nous, est son enfant bien-aimé, son préféré.

Aussi, soyons aujourd’hui dans l’action de grâce pour le cadeau magnifique qui nous a été fait à notre baptême: c’était le plus beau cadeau que nos parents pouvaient d’ailleurs nous faire. Amen.

Références bibliques

  • Is 55, 1-11
  • 1 Jn 5, 1-9
  • Mc 1, 7-11

Le baptême du Christ au Jourdain