Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 13
Prier avec confiance — Quand Dieu ouvre un chemin dans nos larmes

Prier avec confiance — Quand Dieu ouvre un chemin dans nos larmes

Il y a des prières qui naissent dans la joie, mais il y en a d’autres qui montent du plus profond de la nuit. La Parole de Dieu aujourd’hui nous conduit précisément là : dans ces lieux intérieurs où la prière devient un cri, un abandon, un geste de confiance jeté vers Dieu quand tout semble fermé. Anne, la femme éprouvée, et la scène de l’Évangile à Capharnaüm deviennent les témoins d’une même vérité : la prière humble ouvre des chemins que Dieu seul peut tracer.

La première lecture (1 S 1,9-20) nous donne à contempler une femme en larmes. Anne porte le poids d’une longue humiliation : sa stérilité, les moqueries, et surtout ce silence de Dieu qui semble prolonger sa peine. Pourtant, elle se lève. Elle entre dans le sanctuaire. Elle prie longtemps, intensément, au point qu’Éli croit qu’elle a trop bu. Mais non : Anne n’est pas ivre, elle est vraie. Vraie devant Dieu, vraie devant elle-même, vraie dans son désir. Elle confie tout, sans retenue. Elle n’impose rien à Dieu, mais elle ose espérer. Et voilà que la réponse lui vient par la bouche du prêtre : « Va en paix, et que le Dieu d’Israël t’accorde ce que tu lui as demandé. » (1 S 1,17). Anne repart changée. Avant même que son ventre devienne fécond, son cœur l’est déjà : elle croit que Dieu va l’exaucer. Et la promesse se réalise : elle donne naissance à Samuel, « Dieu exauce ».

La lecture nous interroge avec simplicité : prions-nous comme Anne ? Osons-nous déposer devant Dieu ce qui nous fait mal, ce qui nous pèse, ce qui nous déçoit ? Croyons-nous que Dieu peut encore intervenir dans ce qui nous paraît impossible ? La foi d’Anne n’efface pas la souffrance, mais elle la transforme en source.

L’Évangile (Mc 1,21-28) nous transporte ensuite à Capharnaüm. Jésus entre dans la synagogue et enseigne « en homme qui a autorité ». Une autorité qui ne vient pas de l’affirmation de soi, mais d’une intimité profonde avec le Père. Et cette autorité libère. Lorsqu’un homme tourmenté par un esprit impur se met à crier, Jésus ne recule pas. Il ne débat pas. Il parle. « Tais-toi ! Sors de cet homme. » Et la délivrance se fait. La prière d’Anne et la parole de Jésus se répondent : l’une monte vers Dieu avec confiance, l’autre descend vers l’homme avec puissance. Là où l’homme crie, Dieu intervient. Là où le cœur est opprimé, Dieu redonne souffle.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette rencontre prend une lumière particulière. À Bethléem, Dieu vient précisément là où la vie semble étroite : une étable, une nuit, une pauvreté extrême. Rien n’est trop petit pour que Dieu y entre. Rien n’est trop brisé pour qu’il y fasse jaillir une naissance. Anne prie dans son amertume, Jésus libère dans une synagogue oppressée : la logique est la même. Dieu se rapproche de la faiblesse, et c’est là qu’il agit.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous invite à oser une prière vraie. Pas une prière polie, pas une prière de façade : une prière qui vient des larmes, des fatigues, des choses que nous ne maîtrisons plus. La prière n’est pas d’abord un devoir : c’est un lieu de rencontre. Un lieu où nous déposons notre nuit et où Dieu dépose sa lumière.

Osons alors prier comme Anne : avec confiance. Osons croire avec émerveillement. Et laissons le Christ parler dans nos obscurités pour y faire retentir son autorité de paix.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui viens parler au cœur de nos silences,
rends-nous confiants comme Anne.
Reçois nos larmes,
nos attentes,
nos désirs encore enfouis.
Par ta parole, libère ce qui en nous est oppressé
et ouvre un chemin de paix.
Dans l’humilité de Bethléem,
fais de nos prières un lieu où tu peux agir.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue,
et là, il enseignait.
    On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
    Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
    « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
    Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
    L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
    Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
    Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.

 

Références bibliques

  • 1 S 1, 9-20
  • Mc 1, 21-28

 

Pour méditer

  • Quelles sont les zones de ma vie où la prière pourrait redevenir un vrai cri de confiance ?
  • Quelles attentes, déceptions ou peurs puis-je déposer devant Dieu comme Anne ?
  • Comment laisser l’autorité douce du Christ libérer ce qui m’empêche d’avancer ?