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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Nov 30
Peuple en Avent : Quand l’attente devient lumière pour le monde

Peuple en Avent : Quand l’attente devient lumière pour le monde

L’Avent commence comme un souffle discret, presque fragile, mais capable d’ouvrir en nous un immense espace de lumière. Nous allumons une bougie, nous déployons quelques décorations, les enfants ouvrent la première fenêtre de leur calendrier… Et pourtant, derrière ces gestes familiers, quelque chose de beaucoup plus profond se joue : l’Église nous rappelle que nous sommes un peuple en attente, un peuple qui marche vers une rencontre. L’Avent nous apprend que la foi n’est pas une habitude, mais un désir qui s’éveille. Il nous invite à préparer non seulement des maisons illuminées, mais un cœur habité.

La première lecture du prophète Isaïe nous entraîne dans une vision grandiose : des peuples entiers montent ensemble vers la montagne du Seigneur, attirés par la lumière qui jaillit de Jérusalem. Ils abandonnent les armes, la violence, la peur. Ils apprennent la paix comme on apprend un langage nouveau. Rien n’est encore accompli, mais tout est promis. Isaïe parle à un peuple découragé, exilé, inquiet. Et pourtant, il ne montre pas l’état du monde mais son avenir. Au cœur des ténèbres, il dévoile la lumière qui approche. C’est exactement ce que l’Avent veut déposer en nous : la certitude qu’il existe un avenir en Dieu, une route qui s’ouvre même lorsque tout semble bouché. L’attente devient mouvement.

Saint Paul, lui, écrit avec une urgence douce. « C’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil », dit-il. Non pas le sommeil de la nuit, mais celui des habitudes, des fermetures, des résignations intérieures. Paul ne gronde pas ; il secoue avec tendresse. Réveillez-vous, non pas pour faire plus, mais pour être plus vivants. Il nous invite à laisser derrière nous ce qui alourdit le cœur, ce qui brouille l’esprit, ce qui ferme la lumière. Revêtir le Christ, c’est habiter déjà la clarté du jour qui vient. L’Avent, avant d’être un temps liturgique, est une manière de respirer différemment : respirer avec espérance.

L’Évangile poursuit ce mouvement intérieur. Jésus ne cherche pas à effrayer par des images de fin des temps. Il veut plutôt éveiller un regard. « Veillez », dit-il. Non pour craindre un désastre, mais pour rester attentifs à Celui qui vient. Il décrit un monde absorbé par ses occupations, par l’ivresse, par les soucis, par tout ce qui remplit un cœur au point de l’étouffer. Jésus connaît la fragilité humaine : il sait combien les préoccupations peuvent peu à peu prendre toute la place, jusqu’à nous faire oublier l’essentiel. Il ne condamne pas. Il appelle. Il invite. Il ouvre une porte. Veiller ne signifie pas vivre dans une tension nerveuse ; cela signifie laisser un espace pour Dieu dans les heures les plus simples. La venue du Seigneur ne survient pas seulement à la fin des temps ; elle survient chaque fois que notre cœur s’ouvre.

Dans la spiritualité de Bethléem, cette parole devient lumineuse. Car Dieu vient à nous non pas avec éclat, mais avec discrétion. Il ne surgit pas dans le tonnerre. Il naît dans la paille. Il ne s’impose pas par un signe spectaculaire. Il murmure dans la douceur d’un enfant. Quand Jésus nous demande de veiller, il nous demande en réalité d’apprendre à reconnaître son visage dans ce qui ne fait pas de bruit. L’Avent n’est pas une attente fébrile. C’est un consentement. Consentir à devenir disponibles. Consentir à être un lieu où Dieu peut venir. Consentir à ce qu’une lumière très simple éclaire nos nuits.

Nous sommes ce peuple en Avent : un peuple qui marche vers une promesse, un peuple qui allume une bougie pour signifier qu’il croit à la lumière, un peuple qui se redresse même lorsque le monde semble s’assombrir. Dieu vient. Il vient aujourd’hui. Il vient dans nos fragilités, dans nos inquiétudes, dans nos quotidiens ordinaires. L’Avent nous rappelle que son retour n’est pas un événement lointain : il commence dans l’endroit du cœur que nous lui ouvrons.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Toi que nous attendons comme on attend le matin après une longue nuit,
viens éveiller en nous la lumière.

Délivre-nous des lourdeurs qui referment nos cœurs,
des inquiétudes qui étouffent nos élans,
des distractions qui nous éloignent de ta venue.

Enfant de Bethléem,
toi qui viens sans bruit et sans éclat,
apprends-nous la veille, la douceur, la disponibilité.

Allume en nous un désir vrai,
une espérance simple et tenace,
et fais de nous un peuple en Avent,
debout dans la nuit,
présent à ta lumière.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

  En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
    En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
    les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
    Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
    Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
    Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

Pour lire les lectures du jour, consultez AELF – 30 novembre 2025.


Références bibliques

  • Is 2, 1-5
  • Rm 13, 11-14a
  • Mt 24, 37-44