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CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 28
Comment notre cœur reçoit-il la Parole de Dieu ? — Quand Dieu cherche en nous une terre où sa lumière peut germer

Comment notre cœur reçoit-il la Parole de Dieu ? — Quand Dieu cherche en nous une terre où sa lumière peut germer

Il existe des moments où la Parole de Dieu nous touche profondément, et d’autres où elle glisse sur nous comme si elle n’avait rien à nous dire. Pourquoi une telle différence ? Parce que le cœur humain est un terrain vivant, parfois ouvert, parfois encombré. L’Évangile d’aujourd’hui nous invite à regarder avec vérité ce lieu intérieur où Dieu veut faire germer sa vie.

Lorsque nous entrons dans la première lecture (2 S 7, 4-17), nous découvrons David dans un moment d’élan spirituel. Il veut bâtir une maison pour Dieu : un lieu solide, digne, un geste qui manifeste son amour. Mais Dieu renverse la logique humaine : « Ce n’est pas toi qui me bâtiras une maison… c’est moi qui te bâtirai une maison. »
Ainsi, bien avant toute initiative humaine, Dieu rappelle que c’est Lui qui commence, qui choisit, qui précède. L’Alliance n’est pas d’abord une construction humaine : elle est un don, un geste de miséricorde qui façonne l’histoire.

C’est exactement ce que Jésus révèle dans l’Évangile (Mc 4, 1-20). Une foule immense se rassemble pour l’écouter. Jésus monte dans une barque et raconte cette parabole devenue fondamentale : celle du semeur.

Le semeur sort pour semer, et il sème partout : sur le chemin, dans les pierres, parmi les ronces, et dans la bonne terre. Aucune sélection, aucun calcul : Dieu offre la Parole à tous, inlassablement.

Jésus décrit ensuite les différents terrains, non pas pour classifier les personnes, mais pour nous aider à reconnaître les mouvements du cœur :

  • Le bord du chemin : le cœur distrait, dispersé, où la Parole ne pénètre pas et repart aussitôt.
  • Le sol pierreux : l’enthousiasme passager, la foi superficielle, incapable de résister à l’épreuve.
  • Les ronces : les soucis, les séductions, les convoitises qui étouffent la vie intérieure.
  • La bonne terre : le cœur humble, ouvert, patient, où la Parole peut grandir et porter du fruit.

Nous portons souvent ces quatre terrains en même temps. Et la parabole n’est pas un reproche, mais une immense espérance : Dieu continue de semer, encore et encore, même dans les endroits les plus arides de notre cœur.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette parabole trouve toute sa tendresse. À Bethléem, Dieu ne choisit pas un terrain parfait : Il vient dans une étable, un lieu pauvre, ouvert, humble. Il se donne avant même d’être accueilli. Il sème avant que la terre soit prête. Ainsi en est-il de nous : la Parole germe mieux dans la fragilité reconnue que dans la force affichée. Dieu entre par les brèches, jamais par l’assurance.

La question devient alors : non pas « Suis-je une bonne terre ? », mais « Comment puis-je laisser Dieu travailler en moi ce qui a besoin de l’être ? » Un peu plus de silence. Un pardon offert. Une inquiétude déposée. Une fidélité simple dans la prière.

La foi n’est pas une performance : c’est un accueil. Laissons aujourd’hui le semeur s’approcher encore. Laissons-le retourner la terre de notre cœur. Car là où nous croyions la terre épuisée, Lui voit déjà une moisson possible.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui sèmes la Parole
avec une patience infinie,
ouvre en nous un cœur humble et disponible.

Dans l’humilité de Bethléem,
viens adoucir nos terres dures,
dégager nos pierres,
arracher nos ronces.

Que ta Parole trouve un espace où grandir,
et qu’elle porte du fruit
pour le bien du monde.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée.
Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui,
si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit.
Il était sur la mer,
et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
    Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles,
et dans son enseignement il leur disait :
    « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
    Comme il semait,
du grain est tombé au bord du chemin ;
les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
    Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux,
où il n’avait pas beaucoup de terre ;
il a levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde ;
    et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé
et, faute de racines, il a séché.
    Du grain est tombé aussi dans les ronces,
les ronces ont poussé, l’ont étouffé,
et il n’a pas donné de fruit.
    Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ;
ils ont donné du fruit
en poussant et en se développant,
et ils ont produit
trente, soixante, cent, pour un. »
    Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »

    Quand il resta seul,
ceux qui étaient autour de lui avec les Douze
l’interrogeaient sur les paraboles.
    Il leur disait :
« C’est à vous qu’est donné
le mystère du royaume de Dieu ;
mais à ceux qui sont dehors,
tout se présente sous forme de paraboles.
    Et ainsi, comme dit le prophète :
Ils auront beau regarder de tous leurs yeux,
ils ne verront pas ;
ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles,
ils ne comprendront pas ;
sinon ils se convertiraient
et recevraient le pardon. »
    Il leur dit encore :
« Vous ne saisissez pas cette parabole ?
Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
    Le semeur sème la Parole.
    Il y a ceux qui sont au bord du chemin
où la Parole est semée :
quand ils l’entendent,
Satan vient aussitôt
et enlève la Parole semée en eux.
    Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence
dans les endroits pierreux :
ceux-là, quand ils entendent la Parole,
ils la reçoivent aussitôt avec joie ;
    mais ils n’ont pas en eux de racine,
ce sont les gens d’un moment ;
que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
ils trébuchent aussitôt.
    Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces :
ceux-ci entendent la Parole,
    mais les soucis du monde, la séduction de la richesse
et toutes les autres convoitises
les envahissent et étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.
    Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre :
ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent,
et ils portent du fruit :
trente, soixante, cent, pour un. »

Références bibliques

  • 2 S 7, 4-17
  • Mc 4, 1-20

Pour méditer

  • Quels terrains de mon cœur ont aujourd’hui besoin que le semeur s’en approche ?
  • Où la Parole est-elle étouffée en moi par la fatigue, les soucis ou les convoitises ?
  • Quel petit geste concret puis-je poser pour ouvrir davantage mon cœur à la Parole ?