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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 27
Faire la volonté du Père — Quand l’amour ouvre une famille plus vaste que le sang

Faire la volonté du Père — Quand l’amour ouvre une famille plus vaste que le sang

Il existe des paroles de Jésus qui déplacent nos évidences et reconfigurent nos liens les plus profonds. Celle que l’Évangile nous offre aujourd’hui fait partie de ces phrases qui bousculent, éclairent et libèrent : la vraie famille de Jésus n’est pas d’abord une question de sang, mais une question de cœur. Faire la volonté du Père devient alors la porte d’entrée dans une famille nouvelle, née de la foi et de l’amour. Et si la volonté de Dieu n’était pas une charge à porter, mais un chemin d’appartenance ? Une manière de découvrir que nous sommes attendus, accueillis et déjà aimés dans une famille que Dieu lui-même rassemble.

La première lecture nous plonge dans un moment marquant de l’histoire d’Israël : l’entrée de l’Arche d’Alliance à Jérusalem (2 S 6). David danse, exulte, offre des sacrifices, distribue du pain et de la joie au peuple. À travers ces gestes, Israël célèbre la présence de Dieu au milieu de lui. L’Arche porte l’Alliance : une promesse, une proximité, un lien entre Dieu et son peuple.

Cette scène lumineuse nous rappelle aussi les limites de l’ancienne Alliance : la répétition des sacrifices, la distance entre Dieu et les hommes, des rites nécessaires mais incapables de transformer entièrement le cœur humain. Ce que l’Ancienne Alliance annonçait de loin, Jésus vient l’accomplir de l’intérieur. Il n’offre pas un sacrifice parmi d’autres : il s’offre lui-même. Il n’accomplit pas la volonté du Père par des gestes extérieurs : il la vit dans la totalité de son existence, jusqu’au don de sa vie.

L’Évangile de Marc nous place dans une maison remplie, animée, vibrante. Jésus enseigne, entouré de disciples assis en cercle. Surgit alors une voix : « Ta mère et tes frères sont là dehors, ils te cherchent. » Une scène banale, presque familiale… et pourtant, la réponse de Jésus ouvre un horizon inattendu : « Voici ma mère et mes frères : celui qui fait la volonté de Dieu. »

Ce n’est pas un rejet de sa famille de sang, mais une révélation : la vraie proximité avec Jésus ne dépend pas de nos origines, de notre histoire ou de nos liens humains, mais d’une relation vivante avec le Père. Faire la volonté de Dieu, c’est entrer dans cette intimité que Jésus partage avec nous. C’est découvrir que nous ne sommes plus seulement des disciples, mais des proches, des membres de la maison, des frères, des sœurs… et même, selon l’expression audacieuse de Jésus, une mère pour lui. Autrement dit : nous sommes les plus proches de Jésus lorsque nous laissons Dieu agir dans notre vie.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette parole résonne avec une douceur particulière. À Bethléem, la volonté du Père s’est révélée dans la fragilité d’un enfant, dans l’humilité d’une crèche, dans une pauvreté qui bouleverse tous les critères humains. Il ne s’agissait ni de puissance ni de prestige, mais d’obéissance confiée : une jeune femme dit « oui », un homme juste s’incline, des bergers se déplacent, des mages se mettent en route.

Faire la volonté du Père, au fond, c’est cela : laisser Dieu ouvrir un chemin là où nous n’en voyons plus, accueillir sa lumière même dans nos nuits, lui offrir notre disponibilité, même minuscule. Jésus l’a vécu de manière parfaite. À Bethléem, à Nazareth, sur les routes, au Golgotha, dans la Résurrection : chaque instant de sa vie a été un « voici, je viens pour faire ta volonté ».

Cet Évangile nous pose une question simple et essentielle : dans quel domaine de nos vies voulons-nous aujourd’hui faire la volonté du Père ? Peut-être dans une relation blessée. Peut-être dans un choix difficile. Peut-être dans une fatigue qui nous épuise. Peut-être dans une mission qui nous dépasse.

La volonté du Père n’est pas d’abord un ordre ou une contrainte : c’est un chemin de vie, une invitation à aimer, une manière d’entrer dans la famille de Jésus. En répondant à cet appel, nous découvrons que nous ne sommes jamais seuls : la crèche, la croix et la Résurrection nous rappellent que Jésus marche avec nous, et que son amour nous donne la force d’avancer.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui as fait de ta vie entière
un « oui » à la volonté du Père,
ouvre en nous un cœur simple et disponible.

Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous à accueillir cette volonté
non comme un poids,
mais comme un chemin de paix.

Fais de nous tes frères et tes sœurs,
non seulement par la foi que nous proclamons,
mais par l’amour que nous vivons.
Que ta lumière guide nos choix
et que ta grâce transforme nos vies.
Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
    arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
    Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
    Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
    Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
    Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Références bibliques

  • 2 S 6, 12b-15.17-19
  • Mc 3, 31-35

 

Pour méditer

  • Quels espaces de ma vie ont encore besoin d’être ouverts à la volonté du Père ?
  • Quels gestes concrets puis-je poser aujourd’hui pour répondre à cet appel ?
  • Comment la spiritualité de Bethléem m’aide-t-elle à vivre la volonté de Dieu dans la simplicité et la confiance ?