CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Juin 16
La miséricorde et la confiance auront toujours le dessus

La miséricorde et la confiance auront toujours le dessus

«Tu n’es pas un Dieu ami du mal, chez toi, le méchant n’est pas reçu» (Ps 5, 5-6)

Pour les lectures du jour, consultez AELF – 17 juin 2024.

La première lecture nous raconte la triste histoire de Naboth aux prises avec le roi Acab et la reine Jézabel qui veulent s’emparer de son bien. C’est l’histoire du “petit” aux prises avec le “puissant”.

Naboth, Juif pieux, aime la terre qui lui a été donnée en héritage et qui représente pour lui le travail, la fidélité, l’amour de ses ancêtres: ce bien est sacré. Acab, roi puissant, veut agrandir sa propriété aux dépens de Naboth et il est prêt à payer le prix pour en devenir propriétaire, mais Naboth refuse le marchandage.

Acab est furieux. Jézabel, une reine cruelle et sans scrupules, intervient, et après avoir obtenu de faux témoignages, fait mettre à mort Naboth. Le roi s’empare du bien mal acquis.

Au peuple qui est rassemblé sur la montagne, Jésus enseigne une justice nouvelle selon une perspective contraire à la simple raison: au lieu de riposter au méchant, au lieu de se barricader puis d’amorcer une offensive, laisser la porte ouverte et ne pas répliquer. Plus encore, céder à qui demande et lui en redonner plus que ce qu’il exige.

Jésus, est-il seulement conscient de la réalité humaine en nous proposant cette attitude quasi suicidaire? N’est-ce pas là un signe de faiblesse que de ne pas répliquer, du masochisme que de tendre l’autre joue?

Jésus renverse les perspectives en prétendant que c’est plutôt la loi du talion qui constitue notre “talon d’Achille”, notre faiblesse à répliquer instinctivement à qui nous fait du mal. En effet, cette attitude ne règle absolument rien et détourne l’être humain de sa dignité et de sa capacité d’aimer vraiment par l’établissement de relations ouvertes à la réconciliation.

Les récents conflits politiques et idéologiques nous montrent que la réplique est loin d’être garante du rétablissement de la paix. Au contraire, la riposte attise toujours plus de haine et de vengeance.

En fait, ne pas répliquer ne constitue pas toujours un signe d’inaction, ni la manifestation d’une certaine résignation. Il peut s’agir plutôt de la démonstration d’une extraordinaire force de caractère de laquelle surgit la miséricorde.

En mettant en pratique cette page d’Évangile, peut-être prendrons-nous conscience que notre véritable faiblesse, c’est de ne pas croire que la miséricorde et la confiance finiront toujours par avoir le dessus sur la haine et la peur.

1 R 21, 1-16 / Mt 5, 38-42