Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 04
L’Épiphanie du Seigneur — la lumière offerte à toutes les nations

L’Épiphanie du Seigneur — la lumière offerte à toutes les nations

À l’Épiphanie, l’Enfant de Bethléem se laisse reconnaître par des hommes venus de loin. À travers les mages, l’Église contemple un mystère décisif : le salut n’est pas réservé à quelques-uns, il est offert à tous. La lumière du Christ se révèle au monde entier et met l’humanité en chemin.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe fait retentir un appel puissant : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière » (Is 60,1). Cette lumière n’est pas seulement destinée à Israël. Elle attire les nations, elle met les peuples en mouvement, elle provoque une marche vers Jérusalem. Les richesses évoquées — l’or et l’encens — ne sont pas d’abord des biens matériels : elles expriment la reconnaissance, l’adoration et la joie de ceux qui découvrent que Dieu se rend proche. Ainsi, Isaïe annonce déjà ce que l’Épiphanie accomplira : Dieu ne se replie pas sur un peuple élu fermé, mais il ouvre largement son salut à toutes les nations. La lumière de Dieu n’écrase pas, elle attire. Elle n’oblige pas, elle appelle.

Saint Paul, dans la lettre aux Éphésiens, met des mots clairs sur ce mystère longtemps caché : « Les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse » (Ep 3,6). L’Épiphanie est donc bien plus qu’un épisode pittoresque de l’enfance de Jésus. Elle est une révélation ecclésiale et missionnaire : personne n’est exclu du dessein de Dieu. L’Église n’est pas propriétaire de la lumière ; elle en est la servante. Elle est appelée à laisser rayonner le Christ jusqu’aux périphéries, jusqu’aux lointains, jusqu’à ceux qui cherchent sans encore connaître le Nom.

L’Évangile selon saint Matthieu nous introduit dans cette dynamique à travers la figure des mages. Ils ne sont ni des rois puissants, ni des croyants installés. Ils sont des chercheurs. Ils lisent les signes, ils se mettent en route, ils acceptent la fatigue du chemin et l’incertitude. L’étoile joue ici un rôle central. Elle oriente, elle guide, elle précède. Mais elle ne remplace jamais la rencontre. Une fois l’Enfant trouvé, l’étoile disparaît. Elle avait une mission : conduire jusqu’au Christ. Désormais, la Lumière véritable est là.

Face à l’Enfant, les mages s’agenouillent. Ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe. Dans ce geste, ils confessent sans discours :

  • l’or, pour le Roi ;
  • l’encens, pour Dieu ;
  • la myrrhe, pour l’homme mortel appelé à souffrir.

Dans ce petit enfant, ils reconnaissent à la fois le Roi, le Dieu et le Frère en humanité.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, l’Épiphanie révèle une logique profondément divine. Dieu ne se manifeste pas par la puissance éclatante, mais par la petitesse. Il se laisse trouver par ceux qui cherchent avec un cœur disponible. La foi des mages n’est pas une certitude immédiate, mais un chemin. Ils « repartent par un autre chemin ». Cette précision évangélique est essentielle. La rencontre avec le Christ ne laisse jamais la vie intacte. Elle déplace. Elle transforme. Elle ouvre un avenir nouveau.

De même, l’étoile de Bethléem continue de briller dans l’histoire de l’Église et de nos communautés. Elle n’est pas un souvenir du passé, mais une orientation vivante. Elle nous rappelle que la mission commence toujours par une mise en route, par un consentement à sortir de nos sécurités, par l’acceptation d’un chemin qui n’est pas tracé d’avance.

La joie des mages ne peut rester enfermée dans la maison de Bethléem. Le salut reçu appelle le partage. L’Épiphanie nous rappelle que la foi chrétienne est par nature missionnaire. Si le Christ s’est manifesté à tous, alors nous sommes envoyés vers tous. Partager la joie rencontrée ne signifie pas convaincre par la force, mais témoigner par la lumière d’une vie transformée. C’est laisser transparaître, humblement, la paix et la joie nées de la rencontre avec Dieu.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
Lumière née à Bethléem pour tous les peuples,
ouvre nos yeux à ta présence
et nos cœurs à l’appel de ta mission.
Apprends-nous à marcher à ta suite,
à nous laisser guider par ta lumière
et à repartir par des chemins nouveaux.
Que nos vies deviennent des étoiles discrètes
qui conduisent vers toi.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
    et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
    En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
    Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
    Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
    Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
    Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
    puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
    Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
    Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
    Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

    Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Références bibliques

  • Is 60, 1-6
  • Ep 3, 2-3a.5-6
  • Mt 2, 1-12

 


Pour méditer

  • Quels signes nous mettent aujourd’hui en chemin vers le Christ ?
  • Acceptons-nous de chercher Dieu au prix de l’effort et du déplacement intérieur ?
  • Qu’est-ce que la rencontre avec le Christ change concrètement dans nos chemins de vie ?