CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Avr 14

Nous, nous proclamons un Messie crucifié

Lectures du vendredi 15 avril 2022

«En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. (…) Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.» (Is 53, 4-5)

Les lectures du vendredi Saint nous appellent tout particulièrement à méditer le mystère de la Croix, point d’orgue de la tragique Passion. Avant de devenir ce symbole réconfortant, qui surplombe nos sommets ou que certains de nous portons autour du cou, cet élément central de notre foi possédait un caractère éminemment choquant.

De même qu’aujourd’hui, les injustices que subissent certains de nos contemporains pourraient nous pousser à nous voiler la face, de même les premières générations chrétiennes durent apprendre à surmonter le caractère ignominieux de la Croix. Et cela leur prit du temps pour dépasser les paroles de la Torah “Maudit quiconque est pendu au bois”.

Saint Jean nous révèle le plein sens de la Croix, par son récit de la Passion, qui nous présente le Christ maître de la situation en dépit des circonstances contraires. En effet, la révélation de son identité profonde – «celui qui est» (cf. Ex 3, 14 et Jn 18, 5-6) – fait tomber à genou les gardes venus l’arrêter, il laisse Pilate impuissant et il voit sa royauté confirmée par un manteau pourpre et une couronne d’épines. Enfin, il décide du moment où, ayant tout accompli, il remet son esprit à son Père.

Ce portrait johannique de Jésus dépeint comme roi allant au devant de son destin, nous permet de voir au-delà de l’échec apparent de la Croix. Vainqueur du monde, le Christ en fait le principe du salut éternel et la preuve du grand amour que Dieu nous porte.

Ainsi, quand nous vénérons la croix, nous vénérons le signe de notre salut et la folie de l’amour divin à notre égard ! Dès lors, nous pouvons aussi déposer dans cette vénération, toutes nos croix et épreuves humaines ; et le Christ, solidaire de souffrances, saura donner un sens nouveau à ces échecs apparents, les transformant en signe d’espérance et de vie. Amen.

Is 52,13 – 53,12 / He 4,14-16 ; 5,7-9 / Jn 18,1 – 19,42