CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 03

Seigneur apprends-nous le jeûne

Lectures du vendredi 4 mars 2022

«Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.» (Is 58, 8)

Fraîchement entrés dans le Carême, la liturgie d’aujourd’hui nous interpelle sur la question du jeûne. La pénitence qui plaît le plus au Seigneur n’est pas celle qui multiplie les jeûnes et les mortifications de tous genres. Sans nier cette pratique ou lui enlever toute valeur, Dieu nous demande aussi de nous dépenser pour mieux aimer notre prochain, pour supprimer la misère et soulager les opprimés.

Tout le monde s’entend pour dire qu’un jeûne, de temps à autre, est bon pour le corps et pour l’âme, car la privation fait naître un désir plus grand. Si l’on se prive par amour, alors le désir est plus intense par la suite. Si l’on parvient à contrôler son corps, il y a bien des chances que, dans l’avenir, il ne nous contrôle plus. Toutefois, plusieurs manière de jeûner déplaisent fortement à Dieu : tout d’abord celui réalisé au vu de tous pour susciter l’admiration ; ensuite, celui qui cause dureté et violence envers les autres dans le cœur de celui qui jeûne. Isaïe précise bien qu’un tel déséquilibre ne nous gagne même pas un droit d’écoute auprès de Dieu.

Pour Lui plaire, le jeûne doit être réalisé par amour : le jeûne physique certes, mais aussi et surtout le jeûne dans ses comportements de tous les jours. Cette attitude permet de «faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, (…) partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable» (Is 58, 6-7).

Voilà tout un programme, qui justement s’inscrit très bien dans la démarche de Carême. Comme le Christ n’est plus là physiquement, c’est effectivement le temps de jeûner, ainsi qu’il l’indique dans l’évangile d’aujourd’hui (cf. Mt 9, 15). Se priver du mal et de la méchanceté initie déjà un bon jeûne, car cette privation ouvre notre cœur à sa présence et nous prépare à accueillir l’Époux qui comble tous les désirs, en remplaçant la privation par la plénitude.

Is 58, 1-9a / Mt 9, 14-15