Il existe des jours où la lumière semble se cacher et où nos pas avancent dans une semi-clarté. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que la lumière de Dieu n’apparaît pas d’un seul coup comme un éclair qui bouleverse tout, mais comme une lampe douce, patiente et fidèle. Jésus est cette lumière : discrète, humble, mais capable d’éclairer la route de celles et ceux qui se rendent disponibles.
La première lecture nous montre David plongé dans la stupeur reconnaissante devant la promesse de Dieu (2 S 7). Lui qui voulait bâtir une maison au Seigneur découvre que c’est Dieu, en réalité, qui veut lui bâtir une maison. La lumière ne commence jamais par notre initiative : elle vient d’abord de Dieu, qui précède, choisit et façonne l’histoire. Avant de devenir visible, elle demeure promesse, souffle, fidélité silencieuse.
C’est ce mouvement discret que Jésus révèle dans l’Évangile. Il parle d’une lampe que l’on ne cache pas sous un lit, mais que l’on place bien en vue pour qu’elle éclaire tout. Cette lampe, c’est Lui, même s’il ne le dit pas explicitement. Il est la lumière qui vient, et pourtant il se laisse découvrir lentement, comme si sa vérité ne pouvait être accueillie que progressivement. Rien n’est caché pour être caché : tout ce qui demeure dans l’ombre est destiné à être éclairé un jour par cette lumière qui libère. La mesure que nous utilisons — celle de notre désir, de notre écoute, de notre disponibilité — devient l’espace même où Dieu nous donne davantage. La lumière divine se donne d’autant plus que nous acceptons de l’accueillir.
Dans la spiritualité de Bethléem, cette manière d’être lumière prend toute sa douceur. Dieu ne surgit pas comme un soleil triomphant ; il naît dans l’humilité d’une étable, dans la fragilité d’un enfant. Bethléem nous apprend que la lumière la plus pure peut naître dans les lieux les plus pauvres et éclairer doucement les nuits humaines. C’est toujours ainsi que Dieu entre : sans forcer, sans brusquer, comme une clarté qui respecte nos rythmes et qui se déploie dans la patience.
C’est pourquoi cet Évangile nous invite, non pas à interroger brutalement la qualité de notre terre intérieure, mais à nous demander comment laisser la lumière entrer davantage. Peut-être avons-nous des zones d’ombre que nous préférons ignorer, des décisions que nous repoussons, des blessures que nous cachons, des inquiétudes que nous portons seuls. La lampe du Christ n’est pas là pour exposer ou humilier : elle vient révéler ce qui demande à être guéri, purifié, apaisé. La lumière de Dieu n’effraie pas ; elle redonne vie.
Accueillir cette lumière, c’est accepter d’avancer à petits pas, même sans tout comprendre. C’est marcher comme si nous voyions l’invisible, confiants dans cette présence qui éclaire juste assez pour aujourd’hui, mais qui promet l’aube pour demain. Laissons la lampe du Christ se poser sur nos choix, nos fatigues, nos relations, nos combats. Donnons-lui une place haute, une place centrale. Et ouvrons simplement notre cœur.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
Lumière humble et patiente,
viens éclairer nos zones d’ombre.Dans l’humilité de Bethléem,
dépose ta clarté sur nos vies,
rends nos cœurs disponibles,
adoucis nos duretés,
illumine nos pas hésitants.Que ta lumière
soit pour nous un chemin de paix,
une présence qui rassure,
une force qui nous guide.
Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
« Est-ce que la lampe est apportée
pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n’est caché,
sinon pour être manifesté ;
rien n’a été gardé secret,
sinon pour venir à la clarté.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez !
La mesure que vous utilisez
sera utilisée aussi pour vous,
et il vous sera donné encore plus.
Car celui qui a,
on lui donnera ;
celui qui n’a pas,
on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Références bibliques
- 2 S 7, 18-19.24-29
- Mc 4, 21-25
Pour méditer
- Quelle zone de ma vie reste encore à la marge de la lumière du Christ ?
- Ai-je confiance dans une lumière qui se révèle progressivement, sans tout éclairer d’un coup ?
- Comment puis-je laisser cette lampe éclairer, aujourd’hui, un choix ou une situation concrète ?






























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