Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 14
Prier dans le silence de son cœur — Quand Dieu se fait proche dans la nuit

Prier dans le silence de son cœur — Quand Dieu se fait proche dans la nuit

Il existe des moments où la prière ne passe plus par les mots, mais par un silence intérieur qui attend, qui écoute, qui se rend disponible. La Parole de Dieu de ce jour nous conduit précisément là : dans cette rencontre humble où Dieu parle doucement, et où nous ne pouvons l’entendre qu’en descendant dans le silence de notre cœur. Samuel et Jésus nous apprennent ensemble que la prière est d’abord un lieu où Dieu se rapproche.

Les récits du Livre de Samuel que nous méditons cette semaine sont très beaux. Celui d’aujourd’hui, qui raconte la vocation du jeune Samuel (1 S 3,1-10.19-20), en est l’un des plus lumineux. Le vieil Éli dort dans sa chambre ; Samuel repose dans le Temple, « tandis que la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte ». Tout est calme. C’est dans cette atmosphère de nuit et de silence que la voix de Dieu retentit. Samuel croit d’abord qu’il s’agit d’Éli. Trois fois, il se lève, court vers lui, sans comprendre que c’est le Seigneur qui l’appelle. Finalement, Éli discerne le signe et lui dit : « Si l’on t’appelle, tu diras : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »

Alors Dieu vient, se tient près de Samuel, et lui parle. Dans cette scène, tout est enseignement pour notre prière. C’est Dieu qui prend l’initiative : c’est lui qui appelle. C’est lui qui se rapproche : il se tient près de Samuel. Et Samuel, sans peur, s’abandonne : « Parle, ton serviteur écoute » (1 S 3,10).

Nous découvrons ainsi que la prière n’est pas d’abord une performance spirituelle, mais une disponibilité. Elle ne se nourrit pas du bruit ni de l’agitation, mais du silence intérieur où l’on apprend à écouter. Notre prière ne s’adresse pas à un Dieu lointain et effrayant, mais à un Dieu familier, intime, qui vient se placer tout près de nous.

L’Évangile (Mc 1,29-39) nous montre Jésus dans le même mouvement d’intériorité. Après avoir guéri la belle-mère de Simon, après avoir soulagé les malades et délivré les possédés, Jésus se lève « bien avant l’aube », « sort dans un endroit désert, et là il priait ». Le Fils lui-même cherche un lieu de silence pour se tenir devant le Père. Alors même que « tout le monde le cherche », il choisit d’abord la prière. Et c’est de ce temps de silence que jaillit une orientation claire : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Samuel et Jésus nous montrent un même chemin : la prière vraie est un espace où Dieu parle, éclaire, oriente. Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cela prend une lumière particulière : à Bethléem aussi, Dieu vient dans le silence d’une nuit, dans la pauvreté d’une crèche, sans bruit, sans éclat. Les lieux où Dieu se révèle sont toujours simples, déposés, humbles. La crèche, la chambre du Temple, l’endroit désert de Galilée : trois lieux pauvres où Dieu parle au cœur.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous offre aussi une clé pour comprendre la pauvreté spirituelle de notre temps et le manque de vocations. Comment entendre le Seigneur qui appelle si nous parlons sans cesse, si nous sommes immergés dans le bruit du monde, sans jamais faire silence ? Le Seigneur continue de parler et d’appeler aujourd’hui, mais pour l’entendre, il faut accepter de s’arrêter, de se taire, de se tenir devant lui.

La prière n’est pas d’abord un devoir à accomplir, mais un rendez-vous à recevoir. Un lieu où nous déposons notre nuit, et où Dieu dépose sa lumière.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui te levais avant l’aube
pour prier dans le silence,
viens apaiser nos cœurs dispersés.
Apprends-nous, comme Samuel,
à dire simplement :
« Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »
Dans l’humilité de Bethléem,
fais de notre silence un lieu de ta présence,
et de notre prière une source de lumière
pour notre vie et pour le monde.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,
dans la maison de Simon et d’André.
    Or, la belle-mère de Simon était au lit,
elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
    Jésus s’approcha,
la saisit par la main
et la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

    Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
    La ville entière se pressait à la porte.
    Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

    Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
    Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
    Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
    Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

    Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.

Références bibliques

  • 1 S 3, 1-10.19-20
  • Mc 1, 29-39

 

Pour méditer

  • Quels sont les « bruits » extérieurs ou intérieurs qui m’empêchent d’entendre la voix du Seigneur ?
  • Où puis-nous trouver, dans nos journées, un « endroit désert » pour prier comme Jésus ?
  • Que se passerait-il si nous répétions plus souvent, dans le silence : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » ?