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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 08
Puits qui abreuve — La soif du cœur et la source d’eau vive

Puits qui abreuve — La soif du cœur et la source d’eau vive

En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous conduit au cœur d’une rencontre qui révèle notre soif la plus profonde. Au puits de Jacob, Jésus rencontre une femme venue chercher de l’eau. Mais derrière cette eau ordinaire se cache une autre soif : celle du cœur humain qui cherche la vie véritable.

Dans la première lecture, le livre de l’Exode raconte un épisode marquant de la marche d’Israël dans le désert (Ex 17,3-7). Le peuple, éprouvé par la soif, se révolte contre Moïse et murmure contre Dieu : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? » Dans le désert, l’homme découvre sa fragilité. La soif physique révèle une autre soif, plus profonde : celle de la confiance.

Dieu répond pourtant à cette plainte. Il ordonne à Moïse de frapper le rocher, et l’eau jaillit pour abreuver le peuple. Au cœur du désert, Dieu se révèle comme celui qui donne la vie. Là où l’homme ne voit que sécheresse, Dieu fait surgir une source.

La deuxième lecture, dans la lettre de saint Paul aux Romains (Rm 5,1-2.5-8), approfondit ce mystère. Par le Christ, nous avons accès à la grâce et à la paix avec Dieu. Et surtout, « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint ». La véritable source ne se trouve pas seulement à l’extérieur de nous : elle jaillit désormais au cœur même de l’homme.

Cette promesse prend toute sa lumière dans l’Évangile selon saint Jean (Jn 4,5-42), dans la rencontre entre Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob.

Fatigué par la route, Jésus s’assied près du puits, au milieu du jour. Une femme vient puiser de l’eau, et Jésus lui dit simplement : « Donne-moi à boire. » Par cette demande, il brise les barrières sociales et religieuses : un Juif parle à une Samaritaine, un homme à une femme étrangère.

Mais la conversation va plus loin. Jésus révèle le mystère de l’eau vive : « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,14). Le puits de Jacob est un lieu essentiel pour les habitants de cette région désertique. Leur vie dépend de cette eau. Mais Jésus conduit la Samaritaine à reconnaître une autre soif : la soif du cœur.

Comme cette femme, chacun de nous possède aussi son propre puits. Nous puisons dans nos relations, notre travail, nos projets, nos activités, nos habitudes — tout ce qui construit notre vie. Mais ces sources suffisent-elles vraiment à combler notre soif intérieure ?

La rencontre avec Jésus révèle que notre cœur cherche quelque chose de plus grand. Lorsque la Samaritaine comprend que Jésus connaît toute sa vie, son regard s’ouvre. Elle découvre non seulement un prophète, mais le Messie lui-même. Et aussitôt, elle devient témoin : laissant sa cruche derrière elle, elle court annoncer aux autres celui qu’elle vient de rencontrer.

Dans l’Esprit de Bethléem, cette scène prend une profondeur particulière. Le Christ qui demande à boire au bord du puits est le même qui s’est fait petit enfant dans la crèche. Dieu ne s’impose pas : il vient humblement à notre rencontre. Il se tient près du puits de notre vie et attend que nous lui ouvrions notre cœur.

Le Carême est précisément ce temps où nous pouvons redécouvrir notre véritable soif. Il nous invite à laisser Jésus transformer nos sources fragiles en une source nouvelle.

Lorsque nous accueillons le Christ, notre vie devient à son tour une source pour les autres. Comme la Samaritaine, nous pouvons témoigner que nous avons rencontré celui qui donne la vraie vie. Car celui qui boit à la source du Christ ne garde pas l’eau pour lui-même : elle devient en lui une source qui abreuve le monde.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui es la source d’eau vive,
viens rejoindre notre soif.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable d’accueillir ta grâce.

Que ton Esprit fasse jaillir en nous
la source de la vie nouvelle,
afin que nous devenions pour nos frères
des témoins de ton amour.

Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

  En ce temps-là,
    Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
    Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
    Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
    – En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
    La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
    Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
    Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
    Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
    Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
    La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
    Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
    La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
            des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
    La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !…
    Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
    Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
    Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
    Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
    La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
    Jésus lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
    À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
    « Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
    Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
    Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
    Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
    Jésus leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
    Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
    Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
    Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »
    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
    Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
    et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

Références bibliques

  • Ex 17, 3-7
  • Rm 5, 1-2.5-8
  • Jn 4, 5-42

Pour méditer

  • Reconnaissons-nous la soif profonde qui habite notre cœur et que rien de créé ne peut combler ?
  • Acceptons-nous de laisser le Christ venir à notre « puits » pour transformer notre vie ?
  • Devenons-nous, comme la Samaritaine, témoins de la source que nous avons découverte ?