À l’approche de la Passion, la Parole de Dieu nous conduit au cœur du combat de la foi. Entre rejet et confiance, violence et espérance, elle nous révèle un Dieu qui demeure notre refuge, même lorsque tout semble vaciller.
Aujourd’hui, nous sommes invités à reconnaître le Christ et à nous appuyer sur Lui comme sur un rocher solide au cœur de l’épreuve.
La première lecture, tirée du livre du prophète Jérémie (Jr 20, 10-13), nous plonge dans une situation de grande détresse. Le prophète est entouré d’hostilité : « Tous mes amis guettent mes faux pas » (Jr 20,10). Il est menacé, rejeté, livré à la malveillance des autres. Tout semble s’effondrer autour de lui. Et pourtant, au cœur même de cette épreuve, une parole inattendue surgit : « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants » (Jr 20,13).
Comment comprendre cette louange au milieu de la persécution ? Jérémie ne nie pas la souffrance. Mais il choisit de s’appuyer sur Dieu. Il reconnaît en Lui son défenseur, son libérateur. Sa foi ne repose pas sur les circonstances, mais sur la fidélité de Dieu. Il découvre que Dieu est un refuge, un rocher sur lequel il peut s’appuyer.
Cette même tension se retrouve dans l’Évangile selon saint Jean (Jn 10, 31-42). Jésus est confronté à une opposition violente. Ses paroles et ses œuvres suscitent l’incompréhension et le rejet. Les autorités veulent le lapider, car il affirme être le Fils de Dieu. Pour eux, c’est un blasphème.
Mais Jésus ne répond pas par la peur. Il invite à regarder ses œuvres : « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, croyez les œuvres » (Jn 10,37-38). Il révèle ainsi son identité non par la contrainte, mais par la vérité de ce qu’il accomplit. Il est celui en qui le Père demeure. Il est venu manifester l’amour de Dieu au cœur du monde.
Face à lui, les réactions sont contrastées. Certains refusent et ferment leur cœur. D’autres, plus simples, reconnaissent : « Tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai » (Jn 10,41). Et l’Évangile se conclut par une note d’espérance : « Beaucoup crurent en lui » (Jn 10,42).
Dans l’esprit de la spiritualité de Bethléem, cette Parole prend une profondeur particulière. Dieu ne s’impose pas par la force. Il se révèle dans l’humilité, dans la discrétion, dans la vérité de ses œuvres. Il se fait proche, vulnérable, parfois rejeté. Et pourtant, il demeure notre rocher, notre refuge.
Nous aussi, dans nos vies, nous traversons des moments d’épreuve, de doute, d’incompréhension. Parfois, la foi semble fragile, bousculée par les événements ou les questions. Et pourtant, la Parole nous invite à un choix : nous appuyer sur Dieu, même lorsque tout vacille. Reconnaître Jésus comme le Fils de Dieu, ce n’est pas seulement une affirmation intellectuelle. C’est un acte de foi. C’est accepter qu’il soit notre refuge, notre libérateur, celui qui nous conduit à la vie.
À l’approche de Pâques, la Parole de Dieu nous appelle à renouveler cette confiance. À choisir de croire, même dans l’épreuve. À nous appuyer sur Celui qui ne déçoit pas.
Prière du jour
Seigneur Jésus,
toi qui es notre refuge et notre rocher,dans les moments d’épreuve,
apprends-nous à nous appuyer sur toi.Lorsque la peur ou le doute nous envahissent,
donne-nous la grâce de croire
en ta présence fidèle.Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de reconnaître
ta lumière et ta vérité.Que nous sachions te faire confiance
et te choisir chaque jour.Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
Et là, beaucoup crurent en lui.
Références bibliques
- Jr 20, 10-13
- Jn 10, 31-42
Pour méditer
- Savons-nous louer Dieu même au cœur de l’épreuve, comme Jérémie ?
- Reconnaissons-nous vraiment Jésus comme le Fils de Dieu dans notre vie ?
- Sur quoi reposons-nous lorsque tout semble vaciller ?






























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