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Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 05
Heureux l’homme qui met sa foi dans le Seigneur — Le vrai trésor du cœur et la confiance qui conduit à la vie

Heureux l’homme qui met sa foi dans le Seigneur — Le vrai trésor du cœur et la confiance qui conduit à la vie

En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous invite à regarder au plus profond de notre cœur. Là se joue l’essentiel de notre vie spirituelle : où plaçons-nous notre confiance ? Aujourd’hui, l’Écriture nous révèle que le vrai bonheur naît lorsque notre cœur se tourne vers le Seigneur.

Les lectures de ce jeudi de la deuxième semaine de Carême nous rappellent une vérité simple mais décisive : le bonheur dépend de l’endroit où nous plaçons notre cœur.

Le prophète Jérémie nous offre une image très forte. Il oppose deux manières de vivre. D’un côté, l’homme qui met sa confiance dans les forces humaines, dans ce qui est fragile et passager. « Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un mortel (…) dont le cœur se détourne du Seigneur » (Jr 17,5). Celui-là ressemble à un buisson perdu dans un désert salé : il vit dans l’aridité et ne voit pas venir le bonheur.

Mais Jérémie décrit aussi l’homme qui s’appuie sur Dieu : « Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur » (Jr 17,7). Celui-ci est « comme un arbre planté près des eaux ». Ses racines plongent dans une source profonde ; même lorsque la sécheresse arrive, il ne craint pas, car la vie continue de circuler en lui. Ainsi, la question essentielle n’est pas ce que nous possédons, mais ce qui soutient notre espérance.

Cette parole trouve un écho saisissant dans l’Évangile selon saint Luc avec la parabole du riche et du pauvre Lazare (Lc 16,19-31). Jésus décrit un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui mène chaque jour une vie de festins et d’abondance. À sa porte pourtant gît un pauvre nommé Lazare, couvert d’ulcères, qui espère seulement quelques miettes tombant de la table du riche. Les deux hommes vivent presque côte à côte, mais un monde les sépare : le riche ne voit pas Lazare.

Puis vient le moment où la vérité des cœurs est révélée. Lazare meurt et il est porté auprès d’Abraham, dans la consolation de Dieu. Le riche meurt aussi, mais il se retrouve dans la souffrance et implore qu’on lui apporte un peu d’eau pour apaiser sa soif.

La parabole peut sembler sévère. Pourtant, Jésus ne condamne pas simplement la richesse. Le véritable drame est ailleurs : le riche a placé toute sa confiance dans ce qu’il possédait. Sa vie était remplie de biens, mais son cœur était vide de compassion. Lazare, lui, n’avait rien. Mais son nom signifie « Dieu aide ». Sa pauvreté devient un lieu de confiance. N’ayant aucune autre richesse, il s’appuie sur Dieu. Ainsi se révèle la grande question posée par l’Évangile : où se trouve le véritable trésor d’une vie humaine ?

Dans l’Esprit de Bethléem, cette parole prend une profondeur particulière. Le Fils de Dieu lui-même a choisi de naître dans la pauvreté d’une crèche. L’Enfant de Bethléem nous montre que la vraie richesse n’est pas dans l’abondance des biens, mais dans la confiance filiale envers le Père. Celui qui met sa foi dans le Seigneur devient comme cet arbre planté près de l’eau vive. Sa vie ne dépend plus seulement des circonstances extérieures, mais d’une source intérieure qui ne se tarit pas.

Le Carême nous est donné précisément pour réorienter notre cœur. Sans mépriser les beautés de la terre ni les relations qui nous sont chères, nous apprenons que rien de créé ne peut combler pleinement notre attente. Seul Dieu peut être la source véritable de notre bonheur.

La parabole du riche et de Lazare n’est pas racontée pour nous effrayer. Elle est une invitation à la lucidité et à la conversion. Elle nous rappelle que la vie ne se mesure pas à ce que nous accumulons, mais à la confiance que nous plaçons en Dieu et à l’amour que nous savons partager. Heureux l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. Car son cœur trouve sa source dans la vie même de Dieu.

Prière du jour

Seigneur notre Dieu,
toi qui es la source de toute vie,
apprends-nous à mettre en toi notre confiance.

Délivre-nous des illusions des richesses passagères
et des sécurités fragiles.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de voir ceux qui souffrent
et de s’appuyer sur toi.

Que notre vie devienne comme un arbre
planté près des eaux de ta grâce,
portant du fruit pour ton Royaume.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux,
il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
“Père Abraham,
prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua :
“Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit :
“Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.”
Abraham répondit :
“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.” »

Références bibliques

  • Jr 17, 5-10
  • Lc 16, 19-31