Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Mar 23
Lumière et ténèbres — Choisir la lumière du Christ au cœur de nos obscurités et avancer dans la foi

Lumière et ténèbres — Choisir la lumière du Christ au cœur de nos obscurités et avancer dans la foi

À l’approche de la Semaine Sainte, la Parole de Dieu nous place devant un choix décisif : marcher dans la lumière ou demeurer dans les ténèbres. Elle nous révèle un Dieu fidèle qui sauve et un Christ qui éclaire notre route. Mais encore faut-il accepter de le suivre, même lorsque le chemin devient incertain.

Aujourd’hui, la première lecture nous fait entrer dans un récit bouleversant : celui de Suzanne (Dn 13). Femme juste, fidèle à Dieu, elle est victime d’une accusation mensongère. Deux hommes, animés par le mal, la piègent et la condamnent. Tout semble alors basculer : l’injustice triomphe, la vérité est étouffée, et la mort paraît inévitable.

Et pourtant, au cœur de cette obscurité, Suzanne ne cède pas au désespoir. Elle élève son cri vers Dieu, dans un acte de foi totale : Dieu connaît la vérité, Dieu voit ce qui est caché. Elle ne s’appuie plus sur ses propres forces, mais sur la justice divine. Et Dieu répond. Il suscite Daniel, qui dévoile le mensonge et rétablit la lumière.

Ce passage nous révèle une vérité essentielle : même lorsque tout semble perdu, Dieu n’abandonne pas ceux qui se confient en lui. Sa lumière finit toujours par percer les ténèbres.

Cette même tension entre lumière et obscurité se retrouve dans l’Évangile selon saint Jean. Jésus déclare avec force : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8,12). Cette parole est immense. Jésus ne se contente pas d’éclairer le chemin : il est lui-même la lumière. Le suivre, c’est entrer dans une vie nouvelle, orientée par Dieu.

Mais immédiatement, cette lumière rencontre une résistance. Les pharisiens contestent, discutent, jugent. Ils veulent enfermer Jésus dans leurs catégories humaines. « Vous, vous jugez de façon purement humaine » leur dit-il. Ils croient voir, mais restent dans l’obscurité, parce qu’ils refusent d’accueillir la vérité.

Ce contraste nous rejoint profondément. Car nous faisons nous aussi l’expérience de ces ténèbres : incompréhensions, doutes, jugements, peurs, découragements. La lumière du Christ n’est pas toujours évidente à percevoir dans le tumulte de nos vies.

Dans l’esprit de Bethléem, cette Parole prend une profondeur particulière. La lumière de Dieu ne s’impose pas dans l’éclat ou la puissance. Elle se donne dans la discrétion, dans l’humilité, dans une présence qui demande à être accueillie intérieurement. À Bethléem, Dieu est venu dans la nuit, dans le silence, dans la pauvreté. Et c’est là que la lumière a commencé à briller. Suivre le Christ ne signifie pas que toute obscurité disparaît immédiatement. Cela signifie accepter de marcher avec une lumière parfois fragile, mais toujours fidèle. Cela signifie apprendre à regarder notre vie avec les yeux de la foi, même lorsque tout ne s’éclaire pas encore.

Comme Suzanne, nous sommes appelés à nous appuyer sur Dieu jusqu’au bout. Comme les auditeurs de Jésus, nous sommes invités à faire un pas de plus : ne pas rester enfermés dans nos certitudes, mais accueillir la lumière qui vient de Dieu.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous appelle à un choix intérieur. Choisir de faire confiance, même dans l’épreuve. Choisir de suivre le Christ, même lorsque le chemin n’est pas clair. Choisir la lumière, même au cœur des ténèbres.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui es la lumière du monde,

viens éclairer nos obscurités.

Lorsque nous doutons,
lorsque nous ne comprenons pas,
apprends-nous à te faire confiance.

Donne-nous un cœur simple
comme l’Enfant de Bethléem,
un cœur capable de croire
et de marcher à ta suite.

Que ta lumière guide nos pas
et nous conduise vers la vie.

Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Moi, je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors :
« Tu te rends témoignage à toi-même,
ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit :
« Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même,
et pourtant mon témoignage est vrai,
car je sais d’où je suis venu,
et où je vais ;
mais vous, vous ne savez ni d’où je viens,
ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine.
Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger,
mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul :
j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
Or, il est écrit dans votre Loi
que, s’il y a deux témoins,
c’est un vrai témoignage.
Moi, je suis à moi-même mon propre témoin,
et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient :
« Où est-il, ton père ? »
Jésus répondit :
« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ;
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »

Il prononça ces paroles
alors qu’il enseignait dans le Temple,
à la salle du Trésor.
Et personne ne l’arrêta,
parce que son heure n’était pas encore venue.

Références bibliques

  • Dn 13, 1-9.15-17.19-30.33-62
  • Jn 8, 12-20

Pour méditer

  • Dans quelles situations faisons-nous l’expérience des ténèbres dans nos vies ?
  • Acceptons-nous de faire confiance à Dieu même lorsque tout ne s’éclaire pas ?
  • Comment pouvons-nous concrètement choisir de marcher à la suite du Christ aujourd’hui ?