Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Fév 01
La force cachée dans la faiblesse – Un secret divin à découvrir

L’Évangile, promesse de bonheur véritable — Quand Dieu ouvre un chemin de joie plus grand que nos attentes

La recherche du bonheur traverse toutes les vies, mais elle nous conduit souvent sur des chemins décevants. L’Évangile de ce jour ose pourtant une promesse audacieuse : un bonheur réel, profond, durable. Non pas un bonheur facile, mais une joie qui naît du cœur et s’enracine en Dieu.

Les lectures de ce jour nous placent devant une question essentielle : où cherchons-nous le bonheur, et sur quoi le fondons-nous ? La Parole de Dieu répond sans détour, mais à contre-courant de bien des évidences contemporaines.

Dans la première lecture, le prophète Sophonie annonce un avenir inattendu : Dieu ne s’appuie pas sur les puissants ni sur les forts, mais sur « un peuple humble et pauvre » qui cherche refuge dans le nom du Seigneur. Le bonheur promis ne repose pas sur la domination, la richesse ou la sécurité extérieure, mais sur une confiance humble, presque fragile, mais profondément vraie. Dieu prépare une joie pour ceux et celles qui acceptent de ne pas se suffire à eux-mêmes.

La lettre de saint Paul aux Corinthiens poursuit ce renversement. Paul rappelle que Dieu choisit ce qui est faible pour confondre ce qui se croit fort. Peu de sages, peu de puissants, peu de notables : et pourtant, c’est là que Dieu bâtit son œuvre. Le bonheur chrétien n’est pas un trophée réservé aux réussites humaines. Il est don gratuit, enraciné dans le Christ, « notre sagesse, notre justice, notre sanctification ». Autrement dit : le bonheur ne se conquiert pas, il se reçoit.

C’est dans l’Évangile des Béatitudes que cette promesse atteint sa clarté la plus lumineuse. Jésus gravit la montagne, s’assied, et ouvre la bouche : geste solennel, parole fondatrice. Ce qu’il annonce n’est pas une morale austère, ni une consolation naïve, mais une révélation du vrai bonheur. Heureux les pauvres de cœur. Heureux ceux qui pleurent. Heureux les doux, les affamés de justice, les miséricordieux, les artisans de paix.

À vue humaine, ces paroles semblent paradoxales, voire dérangeantes. Et pourtant, elles dévoilent une vérité profonde : le bonheur promis par Dieu ne dépend ni du plaisir immédiat, ni du succès visible, ni de l’absence de souffrance. Il naît d’un désir orienté, d’un cœur ouvert, d’une espérance qui refuse de se refermer sur elle-même.

Les Béatitudes ne glorifient pas la misère ni la douleur ; elles affirment que Dieu rejoint l’homme précisément là où il manque, là où il pleure, là où il espère encore malgré tout. Le bonheur évangélique est déjà en germe dans cette vie, mais il s’accomplira pleinement lorsque nous verrons Dieu face à face. Il est promesse, attente, fidélité — jamais illusion.

Dans la spiritualité de l’Enfant de Bethléem, cette promesse prend une couleur très douce. À Bethléem, Dieu ne vient pas combler une humanité satisfaite, mais rejoindre une humanité pauvre, déplacée, vulnérable. La joie naît dans une crèche, non dans un palais. Elle commence petite, discrète, presque invisible. Mais elle est vraie, parce qu’elle vient de Dieu.

Ainsi, l’Évangile nous apprend à ne pas confondre plaisir et bonheur. Le plaisir peut être passager et légitime, mais il ne suffit pas à porter une vie. Le bonheur, lui, se construit dans une relation, dans un choix du cœur, dans une orientation profonde vers Dieu. Il grandit dans l’amour, la justice, la paix, la miséricorde. Il habite celles et ceux qui osent croire que la joie promise par Dieu dépasse ce que le monde peut offrir.

Aujourd’hui, la Parole. de Dieu nous invite à déplacer notre regard : ne plus mesurer le bonheur à l’aune de la réussite, ne plus le confondre avec la satisfaction immédiate, mais l’accueillir comme une promesse fidèle de Dieu. Entrer dans les Béatitudes, c’est choisir une joie qui ne trompe pas, une joie qui grandit même au cœur des fragilités.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui annonces un bonheur
que le monde ne sait pas donner,
ouvre nos cœurs à ta promesse.

Dans l’humilité de Bethléem,
apprends-nous à désirer ce qui demeure,
à espérer au-delà de l’instant,
à aimer sans calcul.

Que les Béatitudes deviennent pour nous
un chemin de joie véritable,
et que notre vie annonce déjà
le bonheur du Royaume à venir.
Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

   En ce temps-là,
    voyant les foules,
Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
    Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
    « Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
    Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
    Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
    Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
    Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Références bibliques

  • So 2, 3 ; 3, 12-13
  • 1 Co 1, 26-31
  • Mt 5, 1-12a

 

Pour méditer

  • Où cherchons-nous spontanément le bonheur, et qu’est-ce qui nous déçoit le plus souvent dans cette recherche ?
  • Quelle Béatitude résonne aujourd’hui le plus avec notre vie, nos manques, nos désirs profonds ?
  • Acceptons-nous que le bonheur chrétien soit parfois discret, en germe, mais promis à une plénitude éternelle ?