Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Jan 19
À vin nouveau, outres neuves — Quand Dieu nous invite à une fidélité vivante

À vin nouveau, outres neuves — Quand Dieu nous invite à une fidélité vivante

Il y a des moments où la Parole de Dieu nous déroute, où elle semble nous conduire sur des chemins contradictoires. Et pourtant, derrière ces contrastes, se dessine un même visage de Dieu : un Dieu qui appelle son peuple à une fidélité vivante, toujours renouvelée, toujours en mouvement. Les lectures de ce jour nous invitent précisément à entrer dans cette dynamique du cœur, là où le Seigneur nous rend capables d’accueillir son vin nouveau.

La première lecture raconte un épisode difficile de l’histoire d’Israël. Saül, choisi pour conduire le peuple, se voit reprocher son infidélité. Mais ce que Dieu lui reproche n’est pas seulement une désobéissance : c’est d’avoir glissé vers une fidélité d’apparence, une fidélité soumise aux attentes du peuple plutôt qu’à la voix de Dieu.

Saül ne cherche plus le cœur de Dieu ; il cherche à plaire. Et la parole du prophète tombe, claire et exigeante : « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice. » La véritable fidélité ne se réduit pas à des actes ; elle naît d’une relation vivante, personnelle, d’un cœur qui reste ouvert à la volonté de Dieu même lorsqu’elle surprend.

L’Évangile nous montre Jésus dans une autre controverse, mais autour du même enjeu. Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnent ; les disciples de Jésus, eux, ne jeûnent pas. La question semble simple : pourquoi cette différence ? Jésus répond en ouvrant un horizon inattendu : « Les invités de la noce peuvent-ils jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? » Autrement dit, il ne s’agit plus d’observer un rite pour lui-même, mais de vivre selon la présence de Dieu. Lorsque l’Époux est là, la joie devient plus importante que la règle. La vie prend le pas sur la forme. Jésus annonce ainsi une fidélité qui ne se fige pas, mais qui s’ajuste, qui s’ouvre, qui se renouvelle.

Puis viennent ces images, si belles dans leur simplicité : un morceau de tissu neuf qui déchire un vêtement usé, du vin nouveau qui fait éclater les outres anciennes. Ces images disent quelque chose de très profond : lorsque Dieu fait du neuf, il ne s’agit pas de réparer l’ancien, mais de lui ouvrir un espace nouveau. La vie de l’Esprit ne peut pas être contenue dans nos rigidités. Le vin nouveau du Royaume demande des outres neuves, un cœur capable d’être souple, d’être transformé, d’accueillir la nouveauté de Dieu sans la déformer.

Et c’est ici que la spiritualité de Bethléem vient éclairer notre prière. Car à Bethléem aussi, Dieu arrive de manière nouvelle : non dans le cadre attendu du pouvoir, mais dans la fragilité d’un enfant. Il ne se manifeste pas au temple mais dans une crèche. Rien n’était prêt, rien n’était conforme, et pourtant tout était neuf. Dieu n’entre pas dans nos schémas ; il les transforme. Il n’attend pas que nous soyons prêts ; il nous rend capables. Comme le vin nouveau, sa présence cherche en nous un cœur qui ne soit pas figé dans la peur ou la routine, mais ouvert, confiant, disponible.

Peut-être que cet évangile nous invite, chacun de nous, à regarder nos « vieilles outres », ces manières de croire ou de prier qui se sont rigidifiées avec le temps. Nos habitudes religieuses parfois trop mécaniques, nos certitudes qui étouffent l’écoute, nos résistances à changer, nos sécurités spirituelles dans lesquelles nous nous enfermons. Dieu ne méprise rien de tout cela, mais il ne veut pas non plus que nous restions prisonniers de ce qui ne porte plus la vie.

Accueillir le vin nouveau du Christ, c’est accepter que la fidélité ne soit pas une répétition, mais un chemin. C’est oser laisser Dieu déplacer nos attentes, renouveler notre manière de vivre, d’aimer, de prier, de servir. C’est laisser l’Époux devenir le centre, et non plus seulement la Loi ou la tradition. C’est croire que Dieu peut encore surprendre nos vies.

Alors, en ce jour, demandons-lui cette grâce toute simple : un cœur vivant, souple, disponible. Un cœur qui ne s’accroche pas au passé par peur du changement, mais qui s’enracine dans la présence du Christ. Un cœur prêt à devenir une outre neuve, afin que le vin nouveau du Royaume puisse y couler et y demeurer.

Prière du jour

Seigneur Jésus,
toi qui viens renouveler nos vies
comme un vin nouveau qui déborde,
fais de nos cœurs des outres neuves.
Libère-nous de nos rigidités,
de nos fidélités figées,
et apprends-nous la joie simple d’être avec toi.
Dans l’humilité de Bethléem,
viens faire toutes choses nouvelles
et rends-nous disponibles à ton Esprit.


Amen.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient,
on vint demander à Jésus :
« Pourquoi, alors que les disciples de Jean
et les disciples des Pharisiens jeûnent,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
    Jésus leur dit :
« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner,
pendant que l’Époux est avec eux ?
Tant qu’ils ont l’Époux avec eux,
ils ne peuvent pas jeûner.
    Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors, ce jour-là, ils jeûneront.

    Personne ne raccommode un vieux vêtement
avec une pièce d’étoffe neuve ;
autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu
et la déchirure s’agrandit.
    Ou encore, personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
car alors, le vin fera éclater les outres,
et l’on perd à la fois le vin et les outres.
À vin nouveau, outres neuves. »

 

Références bibliques

  • 1 S 15, 16-23
  • Mc 2, 18-22